Le Sénat zimbabwéen a adopté, mercredi 24 juin, une réforme constitutionnelle controversée qui prolonge de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Le texte introduit également d’importants changements dans le mode de désignation du chef de l’État.
Le Sénat a approuvé à une large majorité le projet de révision constitutionnelle porté par le gouvernement. Selon Mabel Chinomona, présidente de la Chambre haute, 75 sénateurs ont voté en faveur du texte contre seulement quatre voix opposées, renseigne Radio France internationale.
Déjà validée par le gouvernement en février dernier, la réforme prévoit l’allongement du mandat du président de la République ainsi que celui des parlementaires, qui passeraient de cinq à sept ans, précise le média français. Elle introduit également un changement majeur dans le système politique du pays en substituant à l’élection présidentielle au suffrage universel direct une désignation du chef de l’État par le Parlement.
Si elle entre en vigueur, cette révision mettra fin à l’élection présidentielle directe instaurée en 1987, quelques années après l’accession du Zimbabwe à l’indépendance.
Arrivé au pouvoir en 2017 à la suite de la chute de Robert Mugabe, soutenue par l’Armée, Emmerson Mnangagwa a été élu en 2018 puis réélu en 2023. La Constitution en vigueur limite pourtant à deux le nombre de mandats présidentiels. L’adoption de cette réforme ouvre ainsi la voie à son maintien à la tête du pays jusqu’en 2030.




















