Les travaux de la 12ème édition de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) au Bénin ont démarré le mercredi 4 novembre 2026 à Cotonou. Cette rencontre, qui se déroule jusqu’au 6 novembre, réunit les experts de l’institution régionale, les représentants des ministères sectoriels, des institutions publiques et les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre des réformes communautaires afin de passer au crible les engagements pris dans le cadre du processus d’intégration régionale.
À l’ouverture des travaux, le représentant résident de la Commission de l’Uemoa au Bénin, Yawovi Batchassi, a souligné l’importance de cet exercice qui se déroule chaque année dans les pays membres. Selon lui, cette rencontre offre l’occasion de procéder à un examen complet de l’application des textes communautaires au Bénin, d’apprécier les résultats obtenus et d’identifier les difficultés qui entravent leur mise en œuvre. Également, l’ « ouverture de la phase technique de la revue illustre la volonté constante des autorités et instances décisionnelles de l’Union de veiller au respect des orientations de la conférence des chefs d’Etat et gouvernement », a-t-il rappelé tout en exprimant, au nom de la commission de l’Uemoa, sa reconnaissance aux autorités béninoises pour la forte mobilisation des parties prenantes impliquées dans les travaux de la présente revue.
Représentant le ministre de l’Économie et des finances, chargé de la Coopération, le directeur du cabinet, Alastaire Sèna Alinsato, a réaffirmé l’engagement du gouvernement béninois à accompagner cette dynamique. Il a notamment présenté la revue comme un rendez-vous essentiel de la vision « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs », qui accorde une place prépondérante à la coopération et aux dynamiques régionales.
149 textes communautaires et trois projets à évaluer
Cette revue annuelle portera sur l’évaluation du niveau de transposition et d’application de plusieurs textes communautaires et l’évaluation de certains projets. Durant les trois jours de travaux, les deux parties feront le « point de la mise en œuvre de cent quarante-neuf (149) textes communautaires et du niveau d’avancement de trois (03) projets et programmes de l’Uemoa en cours d’exécution au Bénin, en lien avec les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’énergie et des infrastructures de transport », a martelé le directeur de cabinet. Pour Issa Sawadogo, responsable de l’équipe technique de la Commission de l’Uemoa, cette évaluation permet de mesurer les progrès réalisés par les États dans l’application des réformes. Il a souligné que depuis l’instauration de cette revue il y a plus d’une décennie, des avancées notables ont été enregistrées. « Lorsque vous regardez la situation avant ces éditions de revue technique, vous vous rendez compte qu’on a fait un pas dans la mise en œuvre de ces réformes. Avant, on adoptait les réformes et il n’y a pas de suivi. Mais depuis l’édition de cette revue, quand vous regardez au niveau du Bénin, l’année passée, nous étions à près de 73 % de mise en œuvre », a-t-il fait observer. D’après lui, l’évaluation s’articule autour de trois principaux axes. Le premier concerne la gouvernance économique et la convergence, notamment les finances publiques, la fiscalité et la surveillance multilatérale. Le deuxième porte sur le marché commun, avec des questions liées à la fiscalité et à l’union douanière. Le troisième regroupe les réformes sectorielles touchant, entre autres, l’agriculture, la santé et l’éducation.
Le Bénin vise un taux supérieur à 72 %
Au regard des performances enregistrées au cours de l’édition 2025, les autorités béninoises affichent leur confiance quant aux résultats de la revue 2026. Le directeur de l’Intégration économique régional (Dier) au ministère de l’Economie et des finances, Faustin Guidi, estime que le Bénin figure parmi les États membres les plus performants dans la mise en œuvre des réformes communautaires. Il indique que les premières estimations nationales situent le niveau d’exécution au-delà de 80 %. Toutefois, il précise que ce chiffre reste à confirmer par l’évaluation contradictoire qui sera faite avec les experts. « Nous ne pouvons pas avoir une idée fixe du taux réel de la mise en œuvre dans la mesure où c’est à l’issue des travaux que nous le saurons », a-t-il expliqué. L’objectif affiché est néanmoins de dépasser la moyenne de 72 % enregistrée lors de la revue précédente.
Par ailleurs, Alastaire Sèna Alinsato a précisé que les résultats attendus devront traduire les efforts réellement consentis par les différentes administrations. Il a ainsi invité les participants à faire preuve de rigueur et d’esprit constructif afin que l’évaluation reflète fidèlement le niveau d’application des engagements communautaires du Bénin.
Un mémorandum pour consigner les résultats de cette revue
À l’issue des trois jours de travaux, les conclusions de l’évaluation seront consignées dans un mémorandum consensuel qui sera signé par les deux parties. Ce document permettra de faire ressortir les performances enregistrées, les insuffisances relevées ainsi que les recommandations nécessaires à l’amélioration de la mise en œuvre des réformes. L’enjeu, d’après Yawovi Batchassi, ne se limite pas à mesurer le niveau d’exécution des textes communautaires. Il sera aussi question de réunir des éléments de preuve permettant de rendre compte, de manière objective et transparente, des progrès réalisés auprès des instances décisionnelles de l’Union. Il a, à cet effet, insisté sur le suivi rigoureux des recommandations issues des précédentes éditions. Cette démarche vise à faire en sorte que les décisions prises au niveau communautaire se traduisent effectivement en actions concrètes au bénéfice des populations. En plus de l’évaluation des performances du Bénin, cette 12e édition constitue ainsi une nouvelle occasion de renforcer la coordination entre les institutions nationales et la Commission de l’Uemoa, dans la perspective d’une intégration régionale plus effective et d’un espace communautaire plus solidaire et prospère.A.T




















