Le Port de Cotonou face aux défis de la concurrence régionale et des mutations du commerce mondial. C’est autour de cette préoccupation que s’est tenue, le vendredi 30 octobre 2026 à Cotonou, la deuxième édition du Cadreco Business Meeting. Organisée avec le Port autonome de Cotonou (Pac), la rencontre a rassemblé des professionnels du secteur portuaire, de la logistique, du transport et de l’industrie autour du thème « Port de Cotonou : logistique, résilience et compétitivité à l’ère des turbulences mondiales ».
A l’ouverture de la rencontre, Claudia Kénou, chargée de communication et de projets à Cadreco, a présenté l’esprit de ces rencontres organisées sous forme d’afterwork. Elles offrent un cadre de discussion sur les grandes questions économiques du Bénin. Lors de la première édition, les participants s’étaient penchés sur la faible présence des entreprises béninoises sur le marché financier régional. Cette fois, le choix s’est porté sur le Port de Cotonou, son évolution et les moyens de renforcer sa place dans les échanges sous-régionaux. Kevin Potier, directeur commercial et marketing du Port autonome de Cotonou, a dressé le bilan de l’activité portuaire. En 2025, 870 navires ont accosté au port, soit une hausse de 15%. Le trafic de conteneurs a atteint près de 580 000 Evp, en progression de 60%. Les mouvements de véhicules roulants ont également connu une augmentation de 60%, pour avoisiner les 80 000 unités. Au total, le port a traité 14,71 millions de tonnes de marchandises, contre un volume inférieur en 2024, soit une hausse de 50%. Les perspectives pour 2026 annoncent une croissance supplémentaire de 10 à 12%, avec un trafic qui pourrait atteindre 16 millions de tonnes. Pour absorber cette hausse, le Pac poursuit plusieurs projets destinés à faire passer sa capacité de traitement de 12 à 25 millions de tonnes. Les investissements engagés dépassent 345 milliards de francs Cfa et l’exécution des travaux est estimée à 70%. Leur achèvement est attendu entre 2027 et 2028. Le Terminal 5 a déjà permis de gagner 21 hectares supplémentaires. Le lancement du projet de port de pêche doit, quant à lui, être formalisé le 15 novembre.
Digitalisation et corridors, des défis à relever
La compétitivité du port a également été abordée à travers les expériences des opérateurs. Modéré par Hermann Yaotcha, le panel a réuni Christelle Adefemi Agossou, représentante de Puma Energy Bénin, Wassi Abdou Chakirou, directeur général de Cat Logistique Bénin, Sosthène Hounsou, directeur général du Dépôt pétrolier du Bénin (Dpb), Georges Abi Attalah, directeur général adjoint de Fabrimetal Bénin et Kevin Potier, directeur commercial et marketing du Pac. Leurs interventions ont porté sur les réalités de leurs secteurs respectifs, notamment le stockage, le transit, la distribution des produits pétroliers et la production industrielle. La concurrence des ports de Lomé et de Lagos a aussi été évoquée. Face à ces plateformes, le Port de Cotonou doit notamment miser sur la qualité de ses services et la réduction des délais de traitement. Le déploiement du système d’information portuaire intégré (Sip), annoncé pour début 2027, s’inscrit dans cette perspective. Autre sujet soulevé, la circulation des marchandises vers les pays de l’hinterland. La sécurisation du corridor Cotonou-Malanville et une éventuelle reprise du trafic vers Niamey, en cas de réouverture de la frontière, ont été discutées. Le corridor Abidjan-Lagos figure également parmi les axes importants pour les échanges dans la sous-région. Les débats ont ainsi mis en lumière les efforts qui restent à fournir pour consolider la position du Port de Cotonou dans un environnement régional concurrentiel.
Léonce Adjévi



















