Depuis quelques jours, l’horizon s’est éclairci autour des exécutifs communaux devant conduire les destinées des 77 communes du Bénin pour les sept prochaines années. Dans l’euphorie de leur désignation, certains nouveaux maires multiplient les déclarations et les promesses, toute chose qui pourrait leur être préjudiciable à l’heure du bilan.
Le Bénin a amorcé depuis quelques jours un nouveau chapitre sur le chantier de la décentralisation. Si certains maires ont réussi à sauver leur fauteuil, d’autres ont tout simplement subi soit le verdict des urnes ou la défiance de leur formation politique. Pour les maires qui ont réussi à remplier, l’occasion est donnée de poursuivre la dynamique entreprise ou de parfaire ce qui l’a moins été au cours de la précédente mandature. Dans l’un ou l’autre des cas, ces anciens nouveaux patrons des exécutifs communaux ont l’avantage d’avoir été à l’œuvre et éprouvé la fameuse réforme structurelle de la décentralisation qui a pris ses marques depuis le 1er avril 2022. Conscients que l’occasion leur est donnée de se rattraper et de faire mieux, ces maires sont moins bavards et font preuve d’une certaine modestie dans leur propos. Ce qui n’est pas le cas des élus nouvellement promus à la tête des mairies qui, visiblement emballés par l’euphorie de leur consécration, font montre d’une agitation à la fois suspecte et inquiétante. S’il est vrai que les chantiers sont nombreux et que les défis à relever en matière de développement local sont colossaux, il n’en demeure pas moins que c’est dans la concentration et un sens aigu de responsabilité qu’on pourra y trouver des solutions idoines et concrètes. Or, c’est à tout le contraire que l’on assiste avec certains nouveaux maires qui multiplient déjà les impaires déjà au lendemain de leur désignation. Entre déclinaison de leur feuille de route et les premiers pas posés, c’est tout un cafouillage. Déjà des critiques fusent de toutes parts quant à l’incapacité de ces édiles qui promettent monts et merveilles et érigent dans le cœur de leurs administrés, une montagne d’espoirs. Cette posture affichée déjà en début de mandat n’est pas du tout rassurante, et les maires qui s’illustrent dans ces agissements doivent reprendre du poil de la bête pour non seulement mettre en confiance leurs administrés mais aussi prouver aux responsables politiques qui leur ont concédé leur confiance et à leur potentiel adversaire, qu’ils ont les atouts pour bien faire le job. Autrement, il est à craindre que la désillusion et le désenchantement soient prononcés en fin de mandat.
Rapport avec les secrétaires exécutifs
L’autre piège qui guette les nouveaux maires installés est celui lié aux rapports qu’ils devront entretenir avec les Secrétaires exécutifs des mairies qui sont depuis l’avènement de la réforme du secteur de la décentralisation, les patrons de l’administration communale. Sans une collaboration intelligente et étroite avec ces cadres techniques des mairies, il serait bien aventureux d’espérer un réel décollage des choses au niveau local, ceci, en dépit des efforts que déploie l’Etat central pour faire bouger. Au regard des cas regrettables de crises latentes entre maires et Se, toute chose qui a mis à mal de développement de nombre de communes, les nouveaux maires se doivent dès le début de leur mandat septennal, d’instaurer un climat de confiance et de bon voisinage avec les cadres techniques des mairies. De cet arrimage, va inéluctablement jaillir une lueur d’espoir qui non seulement va consolider la réforme de la décentralisation mais aussi sortir les communes des sentiers battus.
Gabin Goubiyi


















