Le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, a procédé, le jeudi 19 février 2026, à l’inauguration officielle de l’abattoir moderne de Kandi, implanté à Kandi For Peulh, à une dizaine de kilomètres du centre-ville sur l’axe Kandi-Ségbana. La cérémonie s’est déroulée en présence du maire Alazi Osséni Saka Zinatou et du préfet du département de l’Alibori, Ky-Samah Bello, ainsi que des représentants des éleveurs et partenaires techniques.
Dénommée Houézrèwouèkè, la ferme intégrée de production et de commercialisation de viande d’âne affiche des ambitions industrielles. Avec une capacité annuelle estimée à 400 000 têtes, soit entre 500 et 1 000 têtes par jour, elle se positionne comme l’une des plus importantes unités du genre dans la sous-région. L’infrastructure marque un tournant pour la filière élevage dans le département de l’Alibori. Porté par le promoteur Narcisse Demagnon et soutenu par le gouvernement, ce complexe intégré de production et de transformation de viande d’âne ambitionne de structurer durablement la filière, de créer des emplois et de positionner la région sur le marché international. Dans son allocution, le ministre Gaston Cossi Dossouhoui a rappelé que « l’objectif du projet est la production et la transformation à grande échelle de la viande respectant les normes internationales de qualité et suivant un système de clusters ». Il a insisté sur le rôle structurant du centre, appelé à devenir « un agrégateur dans le département de l’Alibori, par l’accompagnement des producteurs et des coopératives dans leurs activités de production animale ». Le ministre a par ailleurs invité les cadres de la Ddaep Alibori et de l’Atda pôle 2 à « prêter mains fortes au promoteur et à son équipe, avec l’appui des autorités locales, pour l’atteinte des objectifs du projet et ce, pour le bonheur des populations de Kandi et du département de l’Alibori ». Très ému, le promoteur Narcisse Demagnon a salué « la mise en route de notre joyau commun qui s’inscrit dans la vision du Gouvernement béninois », exprimant sa reconnaissance envers les partenaires, notamment chinois, et les autorités locales. Au-delà de la production, il a précisé que le centre accompagnera les lycées techniques agricoles, les universités et les établissements spécialisés dans la formation aux technologies de transformation de la viande, sans oublier les bouchers locaux. Pour le président de l’Association nationale des organisations professionnelles d’éleveurs de ruminants du Bénin (Anoper), Aboubacar Alfa Tidjani, « ce qui se fait ici, c’est pour nous. Ce sont les éleveurs qui ont gagné ». Il a souligné que disposer d’un cadre moderne d’abattage constitue une condition essentielle pour rentabiliser la production animale et professionnaliser la filière. Le maire de Kandi a, quant à elle, remercié le promoteur « pour avoir choisi notre commune pour abriter cette infrastructure de développement intégré », estimant qu’elle contribuera à réduire le chômage et à améliorer les revenus des acteurs de la filière. Le préfet Ky-Samah Bello a rappelé que le département, situé dans l’Atda 2 dont la filière prioritaire est l’élevage, bénéficie ainsi d’un investissement cohérent avec sa vocation économique.
Un complexe intégré aux normes internationales
La ferme Houézrèwouèkè s’articule autour de trois grandes unités complémentaires. La zone de production animale, étendue sur environ 8 hectares, comprend des aires de pâturage enrichies en plantes fourragères telles que le Panicum, le pois d’angole et le Mucuna, ainsi que des espèces ligneuses comme le Kaya, le Leucena et le Gliricidia. Un magasin de 500 tonnes permet le stockage sécurisé des aliments, notamment les sons de maïs, de soja et de riz, afin d’assurer le suivi nutritionnel des animaux avant abattage. L’abattoir proprement dit est composé d’un hall d’attente de 1 000 m², d’une aire d’abattage et de chambres froides. Le processus respecte strictement les normes d’hygiène, avec contrôle ante mortem, salle de désinfection et principe de « marche en avant ». Après abattage, les carcasses sont découpées, emballées, étiquetées puis conservées dans cinq petites chambres froides avant leur transfert dans deux grandes chambres de stockage. Les produits sont ensuite acheminés vers le port de Cotonou en vue de l’exportation. Enfin, une unité de production de biogaz, installée sur 5 000 m², transforme les déchets issus de l’abattage en énergie et en engrais verts grâce à un biodigesteur alimenté par un système de canalisation directe. Cette approche écologique renforce la dimension durable du projet. Moderne, sécurisée et dotée d’équipements de pointe, l’infrastructure Houézrèwouèkè représente un levier stratégique pour la valorisation de la viande d’âne et le développement intégré de la filière élevage dans l’Alibori. Si des efforts restent à consentir pour une meilleure maîtrise de l’alimentation et de la santé animale, les atouts sont nombreux pour faire de Kandi un pôle majeur de transformation et d’exportation de produits carnés au Bénin.
Abdourhamane Touré
















