Originaire du Mono, et spécialiste en production végétale et en développement d’innovations agricoles, le Dr Thierry Tovignan s’investit dans la transformation des matières organiques locales en compost. À travers cette initiative, il entend apporter des solutions aux agriculteurs, aux maraîchers et aux jardiniers, tout en encourageant le verdissement des espaces de vie. Sa démarche s’accompagne également d’une proposition aux structures de gestion des déchets : instaurer le tri sélectif dans les ménages à travers l’utilisation de poubelles distinctes.
La fertilité des sols constitue l’un des principaux fondements de la production agricole. Pourtant, au fil des années, les terres cultivables sont confrontées à diverses contraintes qui affectent leur capacité à soutenir durablement les cultures. La recherche de solutions permettant de restaurer et de préserver leur potentiel productif devient ainsi une préoccupation majeure pour les acteurs du monde agricole.
C’est dans cette perspective que s’inscrit l’initiative du Dr Thierry Tovignan. Depuis quelques années, il développe une activité de production de compost à partir de ressources organiques disponibles localement, notamment les déjections de volaille et de tout déchet biodégradable. Ces matières, souvent considérées comme des déchets, sont ainsi valorisées et transformées en un intrant destiné à améliorer la qualité des sols.
Cette démarche traduit une volonté de promouvoir une économie circulaire dans laquelle les matières organiques issues des activités locales retrouvent une utilité économique et agricole. Elle contribue également à encourager une meilleure gestion des ressources disponibles, tout en ouvrant des perspectives aux producteurs à la recherche d’amendements organiques.
Le compost, bien plus qu’un simple fertilisant
Au-delà de son caractère naturel, le compost présente plusieurs avantages pour la santé des sols. Issu de la décomposition contrôlée de matières organiques, il apporte au sol la matière organique indispensable à son bon fonctionnement. Son incorporation contribue à améliorer la structure du sol, à favoriser sa fertilité et à renforcer sa capacité à retenir l’eau.
Il participe également au développement de l’activité biologique du sol et favorise de meilleures conditions pour l’enracinement et la croissance des plantes. Contrairement à une approche exclusivement axée sur l’apport d’engrais minéraux, l’utilisation du compost s’inscrit dans une logique d’entretien durable du capital naturel que représente la terre.
Pour le Dr Thierry Tovignan, la question de la fertilité ne doit donc pas se limiter à la recherche d’engrais. Il insiste sur l’importance de la matière organique dans le développement des cultures et la préservation de la qualité des sols.
« Les plantes ont besoin de l’engrais certes, mais plus de la matière organique », souligne-t-il. Une manière de rappeler que la productivité agricole dépend aussi de la qualité du milieu dans lequel les plantes se développent.
Accompagner les agriculteurs, les maraîchers et les jardiniers
Au-delà de la production et de la commercialisation du compost, le projet du Dr Thierry Tovignan porte une ambition plus large : mettre à la disposition des acteurs du monde agricole des solutions accessibles pour améliorer leurs pratiques et contribuer à la préservation des sols.
Sa vision est notamment d’accompagner les actions du gouvernement du président Romuald Wadagni en proposant des réponses concrètes aux besoins des agriculteurs et des maraîchers. Il entend également étendre cette démarche aux jardiniers, aux pépiniéristes, aux paysagistes et aux ménages qui souhaitent entretenir leurs espaces verts.
Pour le promoteur, le compost ne doit pas être réservé aux seules exploitations agricoles. Son utilisation peut aussi contribuer à embellir les habitations, les jardins, les espaces publics et les différents cadres de vie. Dans cette perspective, il encourage son adoption pour favoriser le développement des plantes, l’entretien des espaces verts et le verdissement de nos villes et localités.
Cette approche associe ainsi la production agricole à une préoccupation citoyenne : faire de la valorisation des matières organiques un moyen de rendre notre environnement plus sain, plus agréable et davantage végétalisé.
Transformer les déchets organiques
en richesse agricole
L’un des aspects les plus intéressants de cette initiative réside dans sa capacité à donner une nouvelle valeur aux ressources organiques disponibles localement. Les déjections de volaille et d’autres matières organiques peuvent, lorsqu’elles sont convenablement valorisées, devenir des intrants utiles à la production végétale.
Cette transformation permet de réduire les pertes de matières organiques et de limiter leur accumulation sans valorisation. Elle participe ainsi à une meilleure gestion des déchets issus de certaines activités, tout en favorisant l’émergence de solutions agricoles produites à partir de ressources locales.
« Il s’agit de transformer des ressources organiques disponibles localement en intrants utiles à l’agriculture, tout en créant de la valeur et en réduisant les pertes de matières organiques », explique le promoteur.
À travers cette vision, le Dr Thierry Tovignan entend démontrer que les réponses aux difficultés agricoles ne proviennent pas nécessairement de solutions importées. Elles peuvent également être conçues et développées à partir des potentialités du territoire, grâce à l’innovation, à la recherche et à la valorisation des ressources locales.
Deux poubelles dans chaque ménage : une proposition pour renforcer le tri des déchets
Pour que la valorisation des matières organiques produise pleinement ses effets, le Dr Thierry Tovignan estime que les efforts doivent commencer au niveau des ménages. C’est pourquoi il propose aux structures chargées de la collecte et de la gestion des déchets de promouvoir un dispositif simple : l’utilisation de deux poubelles distinctes dans chaque maison.
La première serait réservée aux sachets plastiques et aux autres déchets non biodégradables. La seconde accueillerait les déchets biodégradables, notamment les épluchures de légumes, les restes de fruits et les autres matières organiques susceptibles d’être valorisées.
Selon cette proposition, le tri à la source faciliterait le travail des structures de collecte et permettrait de mieux orienter chaque catégorie de déchets vers une filière de traitement appropriée. Les matières organiques pourraient ainsi être récupérées et transformées en compost, tandis que les sachets plastiques feraient l’objet d’une collecte et d’un traitement spécifiques.
Au-delà de l’aspect pratique, cette proposition vise à encourager une nouvelle culture citoyenne en matière de protection de l’environnement. Elle invite chaque ménage à participer à la réduction de la pollution en adoptant, dès la maison, des gestes simples et responsables.
Le promoteur souhaite ainsi voir les structures compétentes étudier et promouvoir cette initiative auprès des populations, afin que le tri des déchets devienne progressivement une habitude dans les foyers. Pour lui, ce qui est aujourd’hui considéré comme un déchet peut devenir une ressource utile, à condition de savoir le trier, le récupérer et le valoriser.
Un produit accessible à plusieurs catégories d’utilisateurs
Pour faciliter l’accès à cette solution, le compost est commercialisé en sacs de 20 kilogrammes au prix de 4 400 FCFA. Il est également proposé en vrac, selon les besoins des utilisateurs.
La clientèle ciblée est diversifiée. Elle comprend notamment les agriculteurs, les maraîchers, les pépiniéristes, les producteurs de plants, les paysagistes, les amateurs de jardins potagers ainsi que les ménages désireux d’entretenir leurs espaces verts et leurs plantes domestiques.
Cette diversité d’utilisateurs montre que le compost ne s’adresse pas uniquement aux exploitations agricoles de grande envergure. Il peut aussi répondre aux besoins des petits producteurs et des particuliers qui souhaitent améliorer la qualité de leurs sols et favoriser le développement de leurs cultures.
Le compost est disponible dans les plusieurs localités a savoir Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, et dans les localités environnantes . Cette disponibilité géographique vise à rapprocher le produit de ses potentiels utilisateurs et à faciliter son adoption.
Une ambition tournée vers l’agriculture et l’environnement de demain
Au-delà de la commercialisation du compost, l’initiative portée par le Dr Thierry Tovignan s’inscrit dans une vision plus large de l’avenir agricole et environnemental du Bénin. Dans un contexte où la préservation des ressources naturelles devient une nécessité, la promotion des intrants organiques apparaît comme une piste complémentaire pour renforcer la durabilité des systèmes de production.
L’ambition est de contribuer à une agriculture capable de produire tout en préservant les ressources indispensables aux générations futures. Elle repose également sur une conviction : les déchets organiques peuvent devenir une richesse lorsqu’ils sont correctement triés, collectés et transformés.
« Développer des innovations agricoles qui permettent de produire davantage, tout en préservant les ressources nécessaires à la production de demain », telle est la vision défendue par le promoteur.
À travers cette démarche, le Dr Thierry Tovignan met en avant une approche qui associe innovation locale, accompagnement des producteurs, valorisation des matières organiques et amélioration durable de la fertilité des sols. Son projet invite aussi les ménages à adopter de nouveaux réflexes en matière de gestion des déchets, en commençant par le tri à la source.
Du Mono à une ambition nationale, le Dr Thierry Tovignan fait ainsi le pari de la matière organique pour contribuer à redonner vie aux sols, soutenir les acteurs agricoles et participer à la construction d’un environnement plus vert. Une initiative qui place l’innovation locale au service de l’agriculture, de la citoyenneté environnementale et du développement durable.
Jean Eudes Chicha
(Br: Mono-couffo)

















