Poursuivi pour des faits d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État, un lieutenant-colonel de l’armée béninoise a comparu le lundi 22 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) pour une première audience. L’officier est accusé par le parquet spécial dans le cadre de la tentative de coup d’État du dimanche 7 décembre 2025 menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri.
Selon les précisions de Libre Express, devant la Cour, le prévenu, âgé de 43 ans, a plaidé non coupable des faits d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État béninois mis à sa charge. Il s’est présenté comme un ancien commandant de l’opération Mirador. Au moment des faits, l’officier supérieur a affirmé qu’il était en service à la Grande chancellerie (Vice-présidence de la République du Bénin, ndlr). Sur les faits d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État béninois, l’officier supérieur a expliqué qu’il était de la même promotion que le lieutenant-colonel Pascal Tigri. L’accusé a dit à la Cour qu’il ne s’entendait pas avec le chef des mutins Pascal Tigri et que ce dernier l’a toujours accusé d’être un officier pro-Patrice Talon. Devant la Cour, il a confié qu’il a reçu un message du lieutenant-colonel Pascal Tigri. Dans ce message, l’officier aujourd’hui incarcéré apprend que le lieutenant-colonel Pascal Tigri lui demandait de venir en renfort aux militaires engagés dans la tentative de coup d’État et qu’il n’a pas réagi. Plus tard, le prévenu a affirmé qu’il avait envoyé ce message dans le groupe WhatsApp de leur promotion : « Félicitations mon président ». Le juge lui a rappelé qu’il venait de faire ainsi allégeance à Pascal Tigri. Le prévenu a expliqué à la Cour qu’il s’agit en réalité d’un message de diversion, parce qu’il ne s’entendait pas avec Tigri depuis les évènements de 2019 à Tchaourou. Après sa déposition, son avocat, Me Michel Ahoumènou, a fait comprendre à la Cour que c’est son client qui a signalé les faits à la commission d’enquête et que s’il était impliqué dans ces faits, il aurait eu le temps de fuir avant d’être interpellé fin mai 2026. Le juge a confirmé le mandat de dépôt émis contre l’officier supérieur et a renvoyé le procès au lundi 6 juillet 2026 pour continuation.
Patrice Zoundé (Coll)




















