Dans le but d’offrir les meilleures conditions de vie et de travail aux soldats déployés sur le théâtre de l’opération Mirador, les autorités béninoises ont lancé la construction des Bases opérationnelles avancées et des postes avancés fortifiés. Ces infrastructures qui sont érigées en matériaux définitifs comportent des commodités et sont presque achevées au grand bonheur des Forces de défense et de sécurité. Néanmoins, le gouvernement est toujours attendu sur d’autres chantiers.
Permettre aux hommes des médias de toucher du doigt les réalités et les efforts fournis par les soldats et les autorités dans le cadre de l’opération de lutte contre le terrorisme, Mirador. C’est l’objectif de l’immersion qui a été organisée par l’État-major général des Forces armées béninoises. Il était 14 heures ce vendredi 25 août 2023 quand le cortège est arrivé au niveau de la Base opérationnelle avancée de Batia en construction et située à l’intérieur du parc de la Pendjari. Selon les explications de Raoufou Assouma, Commandant du Groupement tactique d’inter armes Gtia Fuseau Ouest, la construction des bases opérationnelles avancées et des postes avancés fortifiés entre en ligne de compte de la volonté du gouvernement de mettre les soldats dans les conditions optimales afin qu’ils soient toujours opérationnels. C’est le cas de la Base de Batia lancée en octobre 2022 suite aux tentatives d’attaques terroristes survenues dans le parc Pendjari. Cette base dont la construction est entièrement financée par le gouvernement, permettra aux Forces de défense et de sécurité détachées dans la zone d’opérer dans les meilleures conditions de vie. « La nécessité d’avoir du personnel déployé pour le maillage du territoire s’avère indispensable. Les Forces de défense et de sécurité travaillent dans les conditions un peu difficiles. Ils ne peuvent pas manœuvrer durant six mois dans ces conditions. A certains moments, il faut qu’ils se retirent du front et venir se reconditionner dans les endroits qui offrent de meilleures commodités », a expliqué le numéro du Gtia Fuseau Ouest. Ces bases constituent en quelque sorte des mini-camps pour une compagnie renforcée de 200 hommes comprennent un poste de police, un parking, une place d’armes, un magasin d’armements et de munitions, un champ photovoltaïque, des chambres, des toilettes. En dehors de Batia, une autre base opérationnelle se trouve à Porga avec le même niveau d’avancement. Par ailleurs des Postes avancés fortifiés ont été aussi mis en place et rattachés aux bases opérationnelles. Au dire du responsable en charge de l’exécution des travaux, les infrastructures seront livrées dans deux mois. Après Batia, direction dans la région des Loges, l’un des hôtels localisé à une quarantaine de kilomètres de l’entrée principale du parc Pendjari sous l’escorte d’un avant-blindé. Là, les ouvriers étaient à la tâche en attendant la réouverture du parc. Les principaux travaux sont axés autour de la réfection et de la finalisation des tentes d’une part et d’autre part, de la construction des logements des guides, de la buanderie, de la chambre froide, des piscines, d’un restaurant et d’un bar. Selon les explications du Commandant Sous Gtia Pendjari, la zone était en proie aux attaques, mais depuis la présence d’un détachement de l’armée, la sécurité est revenue. Toutefois, des hommes sont toujours en place pour la quiétude dans la zone. Avec le temps une étude de la menace en fonction du niveau de la situation sera faite pour savoir s’il faut ou non pérenniser la présence militaire sur les lieux et si possible rouvrir l’hôtel pour accueillir de nouveau les touristes.
Arly, un théâtre d’affrontements entre armée et terroristes
Tout comme Bastia, Arly, un village situé à quelques mètres de la frontière Bénin-Burkina Faso est aussi sous la menace terroriste. Dans le but de permettre aux Forces de défense et de sécurité détachées sur le terrain de travailler dans de meilleures conditions, un Poste avancé fortifié a été érigé sur place. Des tranchées ont été aussi creusées en vue de permettre au chef détachement de circuler pour donner des instructions en cas d’attaque et aux sentinelles qui sont en place de ne pas être touchées lors des échanges de tirs. Les opérations de renfort, d’évacuations et de ravitaillements en vivres se font avec l’aide des vecteurs aériens acquis par le gouvernement béninois. Il faut noter que les positions de l’armée dans le village de Arly ont fait objet d’une attaque en 2021 par des individus armés non identifiés. Le bilan fait état d’aucune perte en vies humaines enregistrée du côté de l’armée béninoise, mais des morts et des blessés dénombrés dans le rang des assaillants. Les impacts des balles de calibre 12,5 étaient toujours visibles. Des murs et des ports percés à plusieurs endroits, des fenêtres en verre cassées. Le dégât matériel était important et toujours visible sur place. Malgré toutes ces mesures, la surveillance des frontières reste un défi en raison de leur porosité. Pour y remédier, les autorités béninoises ont équipé les unités sur le terrain des hélicoptères afin de localiser l’ennemi plus efficacement et d’assurer une rapide jonction entre les diverses positions. Par ailleurs, des équipements de déminage ont été acquis pour assurer la dépollution des lieux et artères où les terroristes posent des engins explosifs improvisés.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)
















