L’Institut national de la femme (Inf) a officiellement lancé, le mardi 25 novembre 2025, la campagne des 16 jours d’activisme contre les Violences basée sur le genre (Vbg). C’était à la faveur d’une cérémonie à Cotonou qui a connu la présence de Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la microfinance, de sa collègue du Numérique et de la digitalisation, Aurelie Adam Soulé Zoumarou et de plusieurs autorités.
Du 25 novembre au 10 décembre 2025, le monde entier se mobilise pour les 16 jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre. Au Bénin, l’Inf a lancé le mardi 25 novembre 2025 lors d’une cérémonie les activités entrant dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre. Le combat, cette année, est basé sur le Numérique, avec le thème : « Tous unis pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles ». Ouvrant le bal des allocutions, Flore Djinou, Secrétaire exécutive de l’Institut national de la femme, a lâché que le thème de cette année est le miroir de la société actuelle. Elle a souligné que « la violence a changé de terrain. Elle n’attend plus la nuit. Elle ne se cache plus dans les ruelles. Elle s’invite dans nos téléphones. Elle s’invite dans nos salles. Elle s’invite dans nos amphithéâtres. Elle s’invite dans les commentaires. Elle s’invite dans les groupes WhatsApp ». La Secrétaire exécutive de l’Inf a également révélé que durant cette campagne l’institution s’est engagée dans une mobilisation sociale et institutionnelle d’envergure nationale du 24 novembre au 31 décembre 2025. « L’Institut national de la femme va oranger le Bénin d’un drapeau géant Orange. Une campagne digitale d’ampleur nationale mobilisera Facebook, Tiktok, Instagram pour sensibiliser, informer et protéger. 12 radios communautaires sélectionnées sur toute l’étendue du territoire diffuseront en langue nationale des émissions interactives pour toucher toutes les couches sociales…Nous mobiliserons les Zémidjans et les tricycles qui porteront notre message à travers les 12 départements, dans les villes et zones périurbaines. Personne ne sera laissé à l’écart », a fait savoir Flore Djinou. A sa suite, la ministre Aurelie Adam Soulé Zoumarou a déclaré que toutes les autorités sont mobilisées pour refuser l’idée que le cyberespace puisse devenir la zone grise de l’impunité, pour affirmer ensemble que la dignité d’une femme doit être respectée par chacun, partout, y compris derrière un écran. « Mon département ministériel, et à travers toutes les structures qui travaillent également sur ces questions, mène des actions de sensibilisation, d’alerte et collabore afin de rester pleinement mobilisés pour garantir la sécurité de toutes, et tous d’ailleurs, dans le cyberespace. Car le cyberespace n’est pas une zone de non-droit », a soutenu la ministre du Numérique et de la digitalisation.
Adapter les outils numériques à la réalité des femmes
Donnant le top de l’édition 2025 de la campagne des 16 jours d’activisme contre les Vbg, Huguette Bokpè Gnacadja, présidente de l’Inf a mis l’accent sur les conséquences de ce fléau qui frappe les femmes entrepreneurs, les jeunes commerçantes, les femmes prestataires de divers services qui proposent leurs produits en ligne. « Les Vbg facilitées par le numérique cause les dommages suivants aux femmes. D’abord la réduction de leur visibilité et un frein à la croissance de leur business. A force de subir du harcèlement en ligne et de faire face à des comportements inappropriés de la part des clients masculins, certaines femmes limitent volontairement leur présence en ligne et cette autocensure se traduit par des pertes d’opportunités de vente et de clientèle. Les plus courageuses prennent des mesures de précaution, telles que filtrer les clients, demander à quelqu’un d’autre d’intervenir lors des rencontres, limiter les interactions, ce qui implique du temps, de l’énergie, voire des ressources matérielles, et partant, la réduction de leur efficacité et de leur rentabilité », a-t-elle exposé. Pour lutter efficacement contre les Vbg en ligne, Huguette Bokpè Gnacadja a confié qu’il faut adapter les outils numériques à la réalité des femmes qui utilisent déjà WhatsApp, Facebook et Tiktok.
Patrice Zoundé (Coll)




















