Les fidèles musulmans ont commémoré, le mercredi 10 avril 2024, l’Aïd El-Fitr, une célébration qui marque la rupture des trente jours de jeûne. A Abomey, la capitale historique du Bénin, Yacoubou Malèhossou, président de la Fondation Malèhossou et prédicateur en Islam, a saisi l’occasion pour rappeler à la classe politique le rôle qui est le sien dans la préservation de la paix au Bénin.
Lentement mais sûrement, le Bénin aborde l’un des tournants décisifs de son histoire politique. Il s’agit de 2026 prévue pour les élections générales. Cette année paraît une période sensible pour Yacoubou Malèhossou où la paix chèrement acquise pourrait être compromise. Mais pour éviter le pire, le prédicateur s’est inscrit dans une démarche de prévention et de sensibilisation des acteurs politiques. En se référant à des versets coraniques, il a appelé la classe politique, toute tendance confondue, au respect des autorités et des textes de la République tout en abordant les questions électorales avec circonspection afin d’éviter les escalades verbales pour préserver la paix. «Si nous avons l’habitude de se plier aux instructions du chef de l’Etat, Patrice Talon et des autorités étatiques en général, c’est parce que Dieu nous l’a recommandé à travers le sourate 4, verset 59 qui dit : « Oh les croyants obéissez au prophète, aux parents et à ceux d’entre vous à qui j’ai donné le pouvoir », a rappelé le président de la fondation Malèhossou, à l’occasion de la prière du Ramadan.Quant aux fidèles musulmans, chrétiens, évangéliques et autres, il leur a demandé d’intensifier la prière afin que l’année 2026 soit apaisante pour la Nation. L’imam Nondichao, de la mosquée centrale d’Abomey est, au cours de son sermon, revenu sur le sens à donner au mois de Ramadan. A en croire ses propos, le jeûne du mois de Ramadan symbolise le quatrième pilier de l’islam. « C’est un acte de foi, de résignation, de patience, de renoncement, de générosité, de partage, de fraternité, de droiture et aussi de détermination du croyant. Le mois du Ramadan est aussi le mois de miséricorde, de pardon et de l’affranchissement du feu de l’enfer. Ce jour est un jour d’allégresse, d’immense grâce et de bénédictions » a-t-il expliqué. Pour lui, les bonnes habitudes observées durant ce mois béni du Ramadan ne devraient pas s’estompées après la rupture du jeûne. «Un bon musulman doit observer la droiture toute sa vie. Moi c’est mon message », a insisté l’oint de Dieu en exhortant les fidèles à célébrer la fête selon les préceptes de l’islam. Porteur du message du conseil communal d’Abomey, Gabriel Mèdéhou, le premier adjoint au maire, a témoigné sa sympathie à la communauté musulmane. Il a justifié sa présence par le fait que le royaume de Danxomè avait un lien étroit avec l’islam depuis 1713 sous le règne du roi Kpengla qui avait orienté son fils Nondichao vers la conversion en islam. « Le sermon de l’imam n’est qu’un rappel de ce que nous connaissons afin que nous ne tombions plus dans les griffes des péché», a retenu Abdou Razack Simavèkpodé, fidèle musulman, à sa sortie de la prière. Edgard Sounkpon, futur chef de collectivité Agonglo-Ahokpè a également marqué sa présence aux côtés des musulmans pour montrer que l’islam et la tradition sont tous ensemble pour le combat du développement.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)




















