Contrairement à ce que le département d’Etat américain a écrit dans un communiqué de presse le 13 décembre 2021 sur le site internet de l’ambassade des Etats-Unis au Bénin, sur les procès et les condamnations de Joël Aïvo puis de Reckya Madougou, le Bénin reste et demeure une terre respectueuse des libertés d’expression et des droits de l’homme et des peuples.
Le Bénin n’a pas perdu sa place de leader régional de la gouvernance démocratique et de l’Etat de droit qu’il occupe comme a tenté de le faire croire le département d’Etat américain dans une déclaration de presse publiée le 13 décembre 2021 sur le site de l’ambassade des Etats-Unis. L’épilogue des procès « Aïvo » et « Madougou » avec leur condamnation respectivement à 10 ans de prison ferme et 45 millions d’amende puis 20 ans de réclusion criminelle et 50 millions de FCfa d’amende ne doivent nullement donner lieu à la prise de position affichée dans le communiqué de presse rendu public qui peint en noir les efforts inlassables fournis depuis quelques années en matière de droits de l’homme. Les succès obtenus pour rappel, ont été reconnus au plan international il y a deux mois. En effet, le 14 octobre dernier, à l’issue des élections qui se sont déroulées à New-York, le Bénin a été élu membre du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour la période 2022-2024. Le plébiscite n’a pas été un fait de hasard, car n’est élu à ce poste qui veut, mais qui a le mérite. Si l’ensemble de la communauté internationale a accordé sa confiance au Bénin, avec le meilleur score des votes : 189 suffrages sur 193 votants, avec une abstention, c’est sans doute au regard des avancées en matière de promotion des droits de humains. Se baser seulement sur les verdicts des procès Aïvo et Madougou pour affirmer que « l’érosion de l’espace pour la dissidence, l’augmentation globale des restrictions à l’autonomie participative et à la liberté d’expression, et le ciblage systématique des personnalités politiques de l’opposition se poursuivent », sans mentionner les raisons pour lesquelles ces personnalités ont été inculpés n’est pas juste. Que ce soit Joël Aïvo ou Réckya Madougou, des faits très graves leur sont reprochés. En témoignent les réquisitions du ministère public. C’est au regard de ces récriminations que les sentences ont été prononcées. S’agissant du constitutionnaliste Aïvo, est-ce parce que le Bénin est un Etat de droit qu’il faut tolérer le « complot contre la sûreté de l’Etat » retenu comme chef d’accusation contre la personne de l’ancien doyen de la Faculté de droit et de science politique (Fadesp) ? Non ! Pareil pour l’ancienne ministre de la Justice Reckya Madougou qui a été condamnée pour des faits « d’actes terroristes et de financement du terrorisme ». La promotion des droits de l’homme est une préoccupation majeure pour les dirigeants actuels du Bénin. Des engagements ont été même pris par le pays pour qu’au cours de son mandat au sein du Conseil des droits de l’homme de l’Onu, le Bénin puisse s’investir dans la poursuite de la promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption ainsi que dans la mobilisation, à travers différentes stratégies, des ressources devant permettre aux populations les plus vulnérables d’avoir accès entre autres, à un système alimentaire adéquat, une éducation de qualité, des soins de santé qui protègent les plus démunis, l’eau potable, l’énergie, la justice équitable…Dès lors, aucune action de nature à entamer sa réputation de leader régional de la gouvernance démocratique et de l’Etat de droit ne devra plus être tolérée pour perdre la confiance gagnée de la communauté internationale.
A. T
Le Matinal du 05 septembre 2022




















