« En matière de souveraineté, il faut pouvoir faire des comparaisons. Savoir à quel niveau on était en 2016 et à quel niveau, on est aujourd’hui. Quand on parle de souveraineté, on parle de souveraineté en matière de sécurité, en matière de défense, en matière sociale, en matière de production et de beaucoup de choses. Aujourd’hui, je pense concrètement que tous les États évoluent et nous aussi nous évoluons d’une certaine façon. Quand on parle de l’évolution, pour moi c’est toujours la même fête qui continue. On fait le défilé militaire riche en couleurs, on voit qu’il y a des équipements qui ont été achetés. En 1960, ce n’était pas la même chose, en 2020 ce n’était pas la même chose. Chaque année cela doit pouvoir évoluer un peu et je pense que c’est chose normale. En matière d’attentes, quand on parle d’indépendance, il s’agit de quel type d’indépendance. Parce que pour ne pas mentir, l’indépendance c’est une question de rapport de force. Aujourd’hui, est-ce que nous sommes indépendants financièrement, il faut poser la question. Est-ce que nous sommes indépendants sur le plan de la production? Est-ce que nous sommes indépendants sur le plan de la consommation ? C’est -à-dire est-ce que nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire ? Il faut se poser aussi la question. Sur le plan des formations, moi je me rappelle que c’est le président de la République qui a dit lui-même que le Bénin est un désert de compétences. Je crois qu’il est bien placé pour le dire parce que certainement il a vu un certain nombre de choses. Au niveau des infrastructures sanitaires, est-ce que nous sommes indépendants, est-ce que aujourd’hui, on peut dire on ne pourra plus faire les évacuations sanitaires ? Il y a tellement de questions qu’on doit se poser. Moi, mes attentes se retrouvent dans les questions. C’est-à-dire qu’il faut qu’on puisse dire qu’aujourd’hui le Bénin ne fait plus d’évacuation sanitaire, On soigne les gens sur place où les gens viennent se soigner chez nous. On peut dire que la masse des étudiants qui sortent chaque année des universités arrivent à trouver un job. C’est déjà quelque chose. Vous avez vu le taux d’admissibilité au baccalauréat cette année. Dans cinq (05), tous ceux-là iront sur le marché du travail. Est-ce qu’on a préparé le système pour pouvoir absorber ? Déjà les années antérieures, notamment en 2016 quand le président est venu, les gens sont allés à l’Université. Est-ce que tous ceux-là sont sur le marché de travail. Je pense qu’on ne peut pas en un ou deux mandats corriger ce qui n’a pas été fait durant toutes ces années-là. Il faudrait que chaque dirigeant qui vient, puisse se dire moi je dois pouvoir faire quelque chose pour qu’on évolue ».
Propos recueillis par Sergino Lokossou



















