L’aéroport international de Niamey a été la cible d’une attaque dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier 2026. Se prononçant sur ces événements, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte au Niger, a accusé nommément les présidents français, béninois et ivoirien d’avoir été les « sponsors » des assaillants. Une affirmation grave qui traduit une fois encore la politique de manipulation que le leader de la junte nigérienne semble avoir érigée en mode de gouvernance.
Abdourahamane Tiani a une fois encore pété les plombs et raté une occasion de se taire. Le chef de la junte au Niger s’est en effet illustré à nouveau par son incapacité à affronter les réels problèmes qui minent son pays, prenant les autres comme responsables du malheur du pays. Face à la dégradation constante et l’enlisement de la situation de son pays sur plusieurs plans, Abdourahamane Tiani n’a trouvé autre formule que de s’en prendre à des pays qui ont mieux à faire que de perturber la quiétude d’un Etat dans lequel les dirigeants végètent dans la navigation à vue, incapables de trouver des solutions aux maux qui minent leur développement. C’est du moins le constat qui s’infère des nombreuses prises de position du leader de la junte nigérienne. Se prononçant sur l’attaque de la nuit du mercredi au jeudi, dans une vidéo diffusée dans la soirée de jeudi, mais vraisemblablement tournées plus tôt dans la journée, le général a dénoncé « une tentative d’infiltration de la part de mercenaires téléguidés ». Il a notamment « félicité » les forces de sécurité du pays et leurs « partenaires russes » qui « ont permis de mettre l’ennemi en déroute » avant de porter de violentes accusations contre les présidents français, béninois et ivoirien. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara. Nous les avons suffisamment entendus aboyer, qu’ils s’apprêtent à nous entendre rugir », a menacé le militaire, vêtu de son treillis habituel et coiffé d’un béret vert sur la tête. Des accusations graves sans preuve palpable même si le leader de la junte nigérienne déclare qu’ « un Français » a été identifié parmi les vingt assaillants qui ont été tués.
Le mal est ailleurs
Ces propos du leader de la junte au Niger ont fait l’objet d’une pluie de condamnations aussi bien de la part des pays indexés qu’au sein même de la communauté nigérienne, soucieux des bonnes relations entre le Niger et ses pays voisins en dépit de la politique autarcique et d’isolement instaurée par Tiani et ses hommes depuis le coup d’Etat de juillet 2023. En accusant les pays voisins, Tiani tente de faire croire que les attaques terroristes dont ses populations sont la cible et qui se sont exacerbés sous son magistère, viennent de ces pays. Or, les statistiques révèlent qu’au moins 1700 victimes sont dénombrées depuis l’avènement de la junte au pouvoir au Niger. Il est une vérité de Lapalisse que la zone la plus touchée par les attaques terroristes au Niger est la zone de Tillabéry avec 1200 morts depuis l’arrivée au pouvoir de Tiani. Cette zone est un carrefour de frontières entre les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes) à savoir le Niger, le Mali et le Burkina Faso. La récurrence des attaques dans cette zone révèle la porosité des frontières. En d’autres termes, Tiani ferait mieux de s’en prendre à ses deux pays amis de l’Aes que de s’employer à retrouver le mal là où il ne se trouve pas. Il n’est plus un secret que la frontière entre le Niger et le Bénin est fermée depuis l’avènement de la junte au pouvoir. La Côte d’Ivoire elle, serait au moins à 3000 kilomètres du Niger. Dès lors, une intervention armée de ces deux pays, accusés à tort serait matériellement peu plausible. Mieux, il se révèle que la base aérienne abritait un détachement des troupes coalisées de l’Aes renforcées dans la riposte à l’attaque par les soldats de Moscou qui ont été remerciés par le président Tiani. Et pourtant, ce même pays s’était offusqué du renfort et de l’expertise apportés par la France au Bénin lors de la mutinerie du 7 décembre 2025. Aussi, le pipeline qui devrait rapporter au minimum 500 millions de dollars par an au Niger est-il endommagé par des citoyens Nigériens. Autrement dit, le mal du Niger est ailleurs et Tiani devrait éviter de délaisser le serpent pour battre les feuillages. Il doit éviter de prendre les autres pour responsables des malheurs qui accablent son pays en raison de sa gestion approximative des affaires d’Etat.
Gabin Goubiyi



















