Dans un entretien exclusif accordé à « Le Matinal » à Porto-Novo, le samedi 21 février 2026, Philippe Dègbédji connu sous le nom de maître spirituel Dao (Dieu, Amour et Opportunité), a indiqué qu’aucune société ne peut se développer sans recourir à ses racines, sa spiritualité. Ce faisant, selon ses propos, seul le retour à nos réalités permettra de mettre le Bénin sur le chemin du développement durable. A cet effet, il remercie le président Patrice Talon, à travers l’organisation des Vodun Days qui amènent petit à petit les Béninois à comprendre cette leçon. Lire l’intégralité de cet entretien.
Le Matinal : Depuis quand vous êtes entré dans le monde spirituel ?
Philbert Missi Mahou Dègbédji alias Dao : Depuis 2006, l’Ong a été créée, après mon retour du Gabon. Je suis l’élève légitime de Patrick Nguémadong qui animait l’émission « Aventure mystérieuse » sur Africa Numéro 1. Quand je suis rentré, j’ai commencé par parler de la spiritualité. Éveilleur de conscience, orienteur, je suis auteur de cinq bouquins. Le premier livre, c’est « La liberté spirituelle », le deuxième, c’est « La révolution spirituelle sans leçons », le troisième est « La vie de couple », le quatrième livre, c’est pour le coaching de la jeunesse et la prise de conscience. Le cinquième livre, c’est « Le cours de la famille ». Je suis légalement marié à l’église catholique Romaine. Aujourd’hui, je ne vais dans aucune église, mais je regroupe des gens pour éveiller les consciences. J’organise des séminaires au Hall des arts à Cotonou où des milliers de personnes viennent suivre mes conseils.
Vous ne faites que cela ?
En dehors de cela, je fais la découverte de chacun, parce que beaucoup de personnes sont venues sur cette terre sans se rendre compte de pourquoi ils y sont. Ils sont plus préoccupés par la matière. Quand ils vivent, de leur naissance à leur mort, ils ne savent pas qui ils sont. Je suis celui qui a montré comment on enterre le placenta d’un enfant. À la naissance d’un enfant, je montre comment on peut enterrer le placenta qui est un élément important né avec un enfant d’une mère. Je donne des recettes à cet effet. Après ceci, quand l’enfant grandit, il évolue. Je pense que nous sommes des personnes qui orientons pour que l’enfant sache pourquoi il est venu au monde. Quelle est sa destinée ? Dans quoi il peut investir ? Dans quoi il peut entreprendre ? Qu’est-ce qu’il peut faire pour ne pas échouer dans sa vie ? Beaucoup de parents ne se rendent pas compte de pourquoi ils mettent un enfant au monde. On se prépare pour avoir un enfant. Un enfant, c’est un cadeau de mariage, d’union. Mais quand on le met au monde, il faut l’éveiller pour que la société de demain puisse être une société d’éveil. C’est l’initiation. Il faut s’initier, il faut se découvrir. Ça n’a rien à voir avec la religion. On est Béninois. On ne l’est pas par hasard. Si vous êtes au Bénin, il faut savoir que vous n’êtes pas le fruit du hasard. Je suis visionnaire. Je fais l’étude des lignes de mains, la numérologie, l’étude des dates de naissance. Ma vision est plus large.
Comment est-ce que c’est possible ?
L’esprit me parle. Dame nature me parle. L’univers communique avec moi. J’ai connu beaucoup de déboires et de péripéties qui avaient créé des troubles.
Pourquoi ?
Parce que l’homme qui fait la spiritualité a besoin de beaucoup de liquidités pour faire les trucs. Mais pour ne pas être dans le faux, tu restes simple. Tu n’as pas d’argent. Beaucoup de personnes te disent que tu fais la spiritualité sans être riche. La spiritualité n’e rend pas riche. Elle fait l’éveil. Ceux qui font de la richesse dans la spiritualité, font du faux. Ils mentent et détruisent. Ils font des détails. D’autres personnes s’empoisonnent. Donc, c’est un peu ce que je suis.
Qu’est-ce qui vous a concrètement amené sur ce terrain ?
D’abord, c’est un don depuis ma naissance. Ma maman m’a raconté comment je suis né. Et depuis ma naissance, j’avais déjà commencé par faire des recherches sur les feuilles. Connaître les feuilles. Découvrir comment les pratiquer, agencer les pour obtenir ce qu’on veut. Donc, je peux vous dire que l’astral me parle beaucoup. J’ai fait des pratiques de feuilles de haut niveau. Je peux vous donner mille recettes assises sur beaucoup de plantes, beaucoup de connaissances. A plus forte raison, mon premier livre s’est basé sur les feuilles, la liberté spirituelle, parce que si l’on n’est pas né spirituel, on ne peut rien faire. On ne peut rien avoir. Donc, ce qui m’a amené là-bas, d’abord, c’est la curiosité : découvrir qui nous sommes, qui je suis. Deuxièmement, me préoccuper de la vie des hommes et m’occuper d’eux, et troisième point, comment me mettre au service des humains pour qu’ils puissent avoir une liberté dans leur vie. Voici un peu pourquoi je me suis retrouvé dans ce domaine. Depuis que j’y suis, je ne connais que cela.
Donc, vous ne vivez que de la spiritualité ?
J’ai fait d’autres recherches. Je suis imprimeur de formation. Après l’imprimerie, j’ai fait l’agriculture et l’élevage. J’ai créé le Pap (Programme d’actions personnelles) qui s’ajoute à ce que je fais. Parce que quand je suis allé au Bac A2, j’ai fait la littérature. Je me suis demandé ce qu’il faut ajouter à ce domaine pour que je puisse être autonome. C’est cela qui fait que j’ai fait l’imprimerie. Que beaucoup de personnes disent, mais il est imprimeur de formation. Après, j’ai fait aussi l’élevage et l’agriculture parce que j’ai vu mes parents faire.
Est-ce que vous pensez que le domaine spirituel peut apporter quelque chose à la société ?
La spiritualité est le socle de la société. Une société qui n’est pas spirituelle, se perd de chemin. Une société, un individu, chaque personne, pour que la société de demain soit une société normale, doit être initiée spirituellement. Parce que celui qui rejette la valeur de qui il est, rejette son identité. La spiritualité, c’est l’identité de chacun. Et c’est surtout le Bénin qui est le carrefour de haute spiritualité. Le Bénin est le symbole qui alimente tous les autres pays d’Afrique. Donc chaque béninois doit être fier d’être spirituel. Il connaît une vertu de feuille. Mais, on ne pratique pas la spiritualité parce qu’on a épousé plus l’idéologie des autres, qui fait qu’on est encore bloqué. On est encore à l’étape embryonnaire. Sinon, chaque béninois est spirituel. Chaque béninois a la crainte de Dieu, la crainte de Dame nature, a la crainte d’une créature. Il pratique la spiritualité occidentale, importée. C’est ce qui nous bloque, qui fait qu’on ne s’éveille pas.
Mais, avec le gouvernement actuel, à travers les Vodun Days, quelle que chose se fait non ?
Je remercie le président Patrice Talon qui a commencé par montrer la valeur de la spiritualité, d’abord à commencer par le président Nicéphore Soglo qui a fait beaucoup pour le Bénin, je veux dire le 10 janvier. Le 10 janvier, d’abord, c’est une fête nationale, fête de Vodun, fête de la spiritualité. Mais, ce n’est pas encore ça. Il faut que chaque Béninois puisse s’y intégrer pour que toutes les religions importées soient mises de côté, qu’on puisse se développer. Parce qu’il n’y a pas une région, il n’y a pas une nation, il n’y a pas un pays qui ne n’épouse pas sa spiritualité, ne se développe jamais. Donc, si vous voulez que la société de demain soit meilleure, il faut que chaque Béninois découvre qui il est et que notre authenticité soit légalisée. Et si l’authenticité est légalisée, le Bénin va s’éveiller, chaque Béninois sera heureux, et plus personne ne va se plaindre au Bénin.
Pour finir, quels conseils vous donnez à ceux qui ne croient pas à la spiritualité africaine ?
Je dirais simplement, d’abord, le Bénin c’est un pays laïc. Et, la laïcité nous amène à faire beaucoup de choses. Il y a la dépravation des mœurs, il y a beaucoup de choses qu’ils font qui ne sont pas en harmonie avec la terre qui les a abritées. On ne peut pas prendre une personne chez soi qui devient propriétaire de tout ce que tu as, comme si tu deviens esclave dans ta propre maison. Un, il faut de la régularité dans la spiritualité au Bénin. Deux, il faut que l’État puisse imposer la spiritualité à chaque individu au Bénin et que toutes les religions importées puissent respecter le principe de base de ce qu’elles sont venues voir. Si l’Inde s’est fait développer, c’est parce que la spiritualité a été imposée. Si la Chine est venue au niveau où elle est aujourd’hui, c’est parce qu’il y a été respecté et imposé la spiritualité. Ils disent qu’ils sont hospitaliers, mais il y a des limites. Il faut un peu de limites parce qu’actuellement, il y a du cafouillage, de l’abus spirituel. Ils ont commencé aussi à contaminer l’endogénéité par les importations des Vodun d’ailleurs, qui prennent la place même chez les Vodun qui étaient déjà là. Il y avait cinq Vodun qui étaient ici : il y a le Sapata, le Gou, le Hoho, le Dan et le Dudua qui sont les Vodun Aïdjè de chez nous. On ne les voit même plus. On ne les reconnaît même plus. Ce sont carrément d’autres divinités qui prennent place : des Vodun dont on ne connaît même pas l’origine. En plus de cela, les évangélistes, partout dans les Vons disent que c’est Jésus qui va venir nous sauver. C’est eux qui s’enrichissent et les fidèles sont pauvres. Comment peut-on te vendre Dieu ? On peut te vendre Jésus. On peut te vendre quelqu’un que tu ne connais de nulle part, alors que tu rejettes ton frère, même père, même mère. Tu rejettes ton nom de famille. Tu ne connais même pas le drapeau que tu as, la couleur que nous avons.
Je demande à tous et à chacun une prise de conscience. Et, tout commence par les enfants. Les religions importées sont bien organisées. Elles ont des missionnaires. Ils sont venus en mission pour détruire, piller, prendre, vider tout ce que nous avons comme économie, comme valeurs culturelles et cultuelles. Actuellement, il faudrait que le président Patrice Tallon et tout le gouvernement puissent nous aider à développer ce qu’on appelle la spiritualité, puisqu’au moins ce qu’on a aujourd’hui à vendre à l’international, c’est la spiritualité authentique. C’est la valeur de ce que nous avons. Il faut qu’on montre l’authenticité de notre appartenance et que les Béninois puissent épouser leur idéologie. Si chacun se connaît, on ne va pas se faire du mal. Si chacun se connaît, on ne va pas se détruire. Si chacun se connaît, on ne va pas se critiquer. Que la spiritualité soit au premier plan et tout ira bien.
Par ailleurs, je remercie le gouvernement et je demande à la jeunesse de se mettre derrière le président Romuald Wadagni. C’est le chef de l’État qu’il faut pour la jeunesse. C’est le tour de la jeunesse, et que tout le monde s’aligne derrière lui, parce qu’on ne peut pas faire la spiritualité sans prendre une personne qui va nous défendre. Actuellement, le Président Patrice Talon a eu le comportement d’un vrai papa, un vrai père, qui a fini son parcours, et qui remet la main à son enfant. Mais, il sera là pour suivre. Le Sénat sera gardé par les expérimentés qui ont déjà gardé une fois la Nation. Ils vont donner la sagesse, l’enseignement, l’orientation à la jeunesse d’aujourd’hui. Faisons confiance à la jeunesse. Je dirai pour finir que chaque jeune puisse créer un Programme d’actions personnelles pour soutenir le Pag (Programme d’actions du gouvernement). Il faut éduquer la jeunesse à la base. Que la jeunesse soit éduquée, parce qu’elle ne sait pas dépenser. Les jeunes ne connaissent pas la valeur de l’argent. On ne peut pas être à côté de Nigéria et être pauvre.
Propos recueillis par Jules Yaovi Maoussi (Br Ouémé-Plateau)
















