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Accueil Culture

Marc Kowalczyk au sujet de sa carrière musicale : « C’est le travail qui m’a permis d’être repéré »

La Rédaction par La Rédaction
24 février 2026
dans Culture
Durée de lecture : 7 mins de lecture
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Marc Kowalczyk au sujet de sa carrière musicale : « C’est le travail qui m’a permis d’être repéré »

Le pianiste français Marc Kowalczyk est très admiratif des atouts touristiques du Bénin et de la politique culturelle

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Né en 1973 en région française, Marc Kowalczyk est un compositeur, musicologue et pianiste français ayant à son actif plusieurs œuvres. Son parcours se distingue par un travail axé sur une esthétique rationnelle et une ouverture aux genres musicaux variés dont les classiques françaises. Pour sa première visite au Bénin et en Afrique il y a quelques jours, il s’est confié à votre journal, Le Matinal sur sa vie, son parcours, ses projets et ses impressions au sujet de la terre béninoise. Lisez !

Le Matinal : Vous êtes au Bénin pour la première fois, en Afrique aussi. Aussi, oui. Vous venez d’assister à un concert, un concert organisé par le centre « Le Solfège ». Alors, que pensez-vous tous de ce spectacle ?

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Marc Kowalczyk : Il y avait une très bonne ambiance. Tous les participants, que ce soit les enfants ou les professeurs, étaient très impliqués. Ils ont tout donné. Le public et le personnel du centre étaient bien réceptifs aussi aux improvisations, même si ce n’est pas forcément le style de musique que l’on entend ici, mais ce qui est marrant, la musique, finalement, rassemble tout le monde et on peut tous ressentir la musique très vite. C’est ce qui est intéressant dans la musique, et l’art.

Nous avons assisté à un brassage de la musique classique française et des instruments traditionnels béninois. Quand vous entendez les rythmes béninois, que vous inspirent-ils ?

J’ai l’impression que la musique repose sur la tradition au Bénin et les messages de foi sont aussi importants dans les musiques. C’est ce que je ressens, ce qui n’est pas forcément le cas des musiques en Europe ou en Occident où les anciens sont respectés, mais subissent une touche de modernité pour conduire sur d’autres pistes complètement nouvelles. Je pense, par exemple, aux trois petites miniatures jouées par le jeune pianiste où là, il y a un nouveau style d’écriture avant-gardiste. Les messages religieux sont quasiment inexistants dans la musique occidentale.

Parlez nous des coulisses de ce spectacle.

La première partie a été préparée en huit mois. Les professeurs ont les partitions et les font travailler avec les élèves et leurs instruments. Pour la deuxième partie, l’improvisation, je l’ai juste préparée en quelques heures, le temps de me rapprocher du piano que je ne connaissais pas. Ensuite, il y a eu Marcelin, qui a travaillé avec moi pour un instant.

Revenons à vous. En parlant de Marc, qu’est-ce qu’on peut garder de vous ? Comment vous avez commencé votre parcours ?

J’ai commencé assez jeune et j’ai eu la chance d’être remarqué très jeune. Je vous fais une confidence. Je n’ai pas de parents musiciens ni de famille musicienne, donc je n’ai été pistonné par personne. Je tiens à le dire, car je le revendique. C’est peut-être prétentieux de le dire, mais c’est le talent et le travail qui m’ont permis d’être repéré. J’ai écrit mon premier livre en tant que musicologue, lorsque j’avais 17 ans. Pour ma première commande d’Etat, j’avais 19 ans. Quant à ma première commande pour un festival, j’avais 17 ans. Cela a été très vite, parce que quand vous impactez, vous êtes très vite demandé partout même sur les plus grands festivals. A l’âge de 24 ans, j’ai eu une première grosse résidence. Elle était suivie de plein d’autres au cours desquelles des régions, des villes, des conservatoires m’invitaient pour développer ma musique. Jusqu’aujourd’hui, j’ai été jouer dans 24 pays à travers le monde Cette soirée est très importante pour moi, car c’est pour la première fois que je foule le sol africain, mais mes œuvres sont jouées en Afrique. J’ai choisi le Bénin pour commencer, car c’est un pays qui se développe à une grande vitesse. Je le vois à travers tout ce que j’ai pu visiter déjà. Tout va très vite, tout se construit très vite, et d’une manière très sérieuse.

Quel est le message que vous transmettez à travers vos productions ?

Ma musique essaie de donner du rêve ou de la poésie. Elle peut être de la poésie dansante ou calme. Les mélomanes ont parfois besoin des moments de réflexion, de calme, de communion ou de douceur. Je transmets aussi de la bienveillance à travers mes œuvres. Je pense que le monde en a vraiment beaucoup besoin. Au-delà même de la misère du monde, je trouve qu’on a beaucoup de conflits, actuellement, et je pense que la musique peut essayer de rapprocher. Il ne peut pas avoir de conflits, lorsqu’il y a de la musique. C’est donc en cela j’applaudis l’initiative des classes culturelles mise en œuvre par le gouvernement du Bénin. Malheureusement, en France, ils font l’inverse. Ils suppriment, pour des raisons économiques, les classes d’art, donc art plastique, musique, au profit des disciplines majeures dont le français ou les mathématiques. Toutefois, je pense que les classes culturelles doivent être maintenues, et au contraire, rajoutées, puisque c’est ce qui permet aux enfants d’être bienveillants. Si nous voulons un monde bienveillant par l’avenir, il faut commencer par ces enfants.

Vos chansons sont-elles tirées des origines africaines ?

C’est un honneur ce que vous me faites en me questionnant là-dessus. Après, honnêtement, je n’en ai pas forcément une conscience. Il est vrai que ma musique fait entrer en transe, mais cela peut se faire aussi bien dans une musique frénétique que dans une musique douce. C’est le propre et la puissance de la musique d’emporter. Je pense que les Africains et la musique sont indissociables. Je n’écris pas pour un peuple, une personne, une couleur ou un sexe. Je n’écris pas non plus pour une catégorie de personnes ou celles ayant un âge. Je compose pour tout le monde.

Vous avez à votre actif des années d’expérience dans la musique. Vous venez de découvrir le Bénin avec ses atouts. Avez-vous des projets à court, à moyen ou à long terme au Bénin, en Afrique et dans le monde ?

En France, tous les mois, il y a des projets et des concerts. En Afrique et particulièrement au Bénin, j’espère qu’il y aura des retombées. Certains professionnels ont pris mes contacts pour élaborer d’éventuels projets. Ils permettront au public de s’approprier la musique, de découvrir un nouvel univers, de partager et d’établir un brassage. Un concert, ça avance au Bénin, pourquoi pas ? J’aimerais bien, mais pas pour tout de suite, mais pourquoi pas à échéance d’un an parce que l’organisation prend aussi du temps. Au Bénin, oui parce que ma compagne est béninoise, mais je pense au Togo, au Nigéria par exemple, qui sont très proches. Si je reviens en Afrique, j’aimerai bien revenir au Bénin, ça c’est sûr, mais aussi faire une pointe dans un autre pays pour aussi voir ce qui peut se passer autrement. Je sais que par exemple, le Togo est friand du piano.

Comment se passe votre séjour au Bénin ?

J’ai eu la chance de visiter la plupart des sites touristiques. Il s’agit notamment de la ville de Ouidah où je me suis rendu au niveau de la porte du non-retour. Il faut que tout le monde aille voir ça pour retenir l’histoire. J’ai eu un pincement de cœur. A Cotonou, j’ai visité la place de l’Amazone avec une statue imposante et atypique. J’ai suivi un film américain, une grosse production sur l’Amazone, donc ça résume le peuple béninois et la volonté, et même des femmes aussi, l’importance des femmes, parce que souvent, on dit qu’elles sont en retrait, mais là, elles sont en avant-première. Le mur des graffitis est exceptionnel. Je pense d’ailleurs que ce mur représente à lui tout seul le Bénin. Vous savez pourquoi ? Il y a différents styles de peinture, différents sujets, des animaux, la nature, l’industrie, les arts, la danse, la spiritualité. Il y a des peintures un peu plus amatrices, d’autres comme des photographies, c’est impressionnant. Son histoire, sa modernité, il y a même des gens cosmonautes, son avenir, ses désirs, ses souhaits. Il y a des séquences sur le Vodou, sur la spiritualité, sur le christianisme, etc. Ce mur est un résumé. Je l’ai découvert dans la journée et la nuit. Les deux visites sont aussi surprenantes et on découvre plein de détails. Ce mur est vraiment exceptionnel. J’ai ensuite visité, Ganvié, la Venise de l’Afrique. J’en profite pour rendre hommage à mon guide Bienvenue. Là, j’ai découvert des maisons sur pilotis. Les populations trouvent que ça se développe bien dans le bon sens. Après, ils ont peur du surtourisme, mais ce qui est normal, ils veulent limiter ça, mais c’est un site exceptionnel. J’ai passé une très belle expérience à Cotonou avec des populations hospitalières, les rues qui grouillent de monde et des motos qui roulent partout avec des klaxons. En France, quand les gens klaxonnent, c’est parce qu’ils ne sont pas contents, mais au Bénin, le klaxon, c’est pour prévenir. Par contre, je vois aussi que ça avance très vite, il y a des travaux dans tous les coins de rue.

Quel message avez-vous à adresser aux jeunes musiciens ?

Je veux leur dire de continuer de travailler. Il le faut, parce que la musique, c’est du travail, qu’ils croient en eux et qu’on ne les juge pas, même s’il y a une fausse note ou autre. Ils font de la musique, donc c’est quelque chose de beau et ça ne peut être que beau. Après, ils vont mûrir et comprendre l’importance de tout le travail qu’ils font.

Propos recueillis et transcrits par Mohamed Yasser Amoussa

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