Placée sous le thème « La recherche agricole au cœur de la transformation structurelle du Bénin à l’horizon 2060 : innover pour un monde de splendeurs », la rentrée solennelle 2026 de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab) s’est tenue le 30 avril à Abome-Calavi. Au-delà du symbole, l’événement marque une étape stratégique : faire de la science agricole un levier décisif de souveraineté, de compétitivité et de sécurité alimentaire. Le thème a fait l’objet d’un exposé inaugural du Professeur Patrice Adégbola, Directeur général honoraire de l’Inrab, qui en a éclairé les enjeux scientifiques et prospectifs.
Dans son discours de bienvenue, le Directeur général de l’Inrab, Hervé Sossou, a donné le ton. Cette cérémonie, a-t-il insisté, « ne saurait être perçue comme une simple tradition académique », mais constitue « un acte politique fort » affirmant la volonté de faire de la science agricole « un instrument stratégique de souveraineté nationale, de transformation économique et de justice sociale ». Soulignant que « la recherche agricole constitue aujourd’hui un instrument central de gouvernance stratégique », il a rappelé qu’« aucune politique agricole crédible ne peut être conçue, mise en œuvre ou pérennisée sans une recherche agricole forte, clairement orientée et pleinement pilotée par l’État ». Face à la vulnérabilité climatique, à la pression phytosanitaire et aux difficultés d’accès aux marchés, « le statu quo scientifique n’est plus acceptable ». Pour rompre avec cette inertie, l’Inrab a engagé une réforme méthodologique majeure : abandon d’une approche fragmentée au profit de projets pluriannuels arrimés aux priorités nationales, assortis « d’indicateurs intermédiaires clairs, mesurables et vérifiables ». Une évolution qui inscrit la recherche dans « une culture de la performance, de l’évaluation et de la redevabilité scientifique », avec l’ambition d’accélérer le transfert des innovations vers les producteurs.
La recherche agricole doit être au service du développement
Dans le discours de lancement officiel, lu par Dossa Aguemon, Directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche (Maep), le gouvernement a réaffirmé l’urgence de l’alignement stratégique. « Nous ne sommes pas réunis ici pour un simple rituel administratif », a-t-il déclaré, évoquant « une étape charnière : celle de la consolidation de nos réformes et de l’alignement définitif de notre intelligence scientifique sur les ambitions du Bénin Alafia 2060 ». Après un « diagnostic lucide » des lourdeurs institutionnelles et du « décalage entre les laboratoires et les sillons de nos paysans », l’année 2026 est annoncée comme « l’année de l’impact et de la pertinence ». Les programmes devront être non seulement « scientifiquement brillants », mais aussi « économiquement pertinents ». Dans un contexte de pression démographique et d’imprévisibilité climatique, « la réponse ne se trouve plus dans la quantité d’espace, mais dans la qualité de l’innovation ». Des solutions « co-construites », « adaptées à chaque micro-climat » et « accessibles pour être adoptées massivement » sont attendues. Au terme de la cérémonie, la recherche agricole apparaît ainsi comme le socle scientifique de la transformation structurelle du secteur, appelée à garantir productivité, résilience et création de richesses. « Vive la recherche agricole au service du développement ! », a lancé l’autorité ministérielle, scellant une rentrée placée sous le signe de la responsabilité et de l’engagement national.
Gabin Goubiyi

















