(Le vernissage ce samedi)
Après leur retour triomphal sur la terre de leurs ancêtres le mercredi 10 novembre 2021, les vingt-six (26) trésors royaux restitués par la France seront formellement accessibles au public dès ce samedi 19 février 2022. A l’occasion du petit déjeuner de presse organisé par le comité d’organisation, hier jeudi 17 février 2002, à Cotonou, Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la culture et des arts, est revenu sur le contexte politique et les enjeux de l’exposition art du Bénin.
L’exposition art du Bénin s’installe dès ce samedi 19 février 2022, à la présidence de la République. Elle met un coup de projecteur sur l’art classique du Bénin, les vingt-six (26) trésors royaux récemment restitués par le Musée du Quai Branly, et sur la scène artistique contemporaine du Bénin et de sa diaspora. L’exposition rend accessible de façon inédite, la création patrimoniale et contemporaine du Bénin à travers une approche diachronique, allant du 19ème siècle au 21ème siècle, entre chef-d’œuvre d’hier et d’aujourd’hui. Outre les vingt-six (26) œuvres, cette exposition inédite fera également la lumière sur l’art contemporain du Bénin. A entendre Yassine Lassissi, Directrice artistique et commerciale de la Galerie nationale, ce deuxième volet mettra en scène trente-quatre (34) artistes contemporains et plus d’une centaine d’œuvres, déployant toute la vitalité artistique de la scène béninoise à travers une diversité de mediums, d’esthétiques et de techniques, peinture, sculpture, installation, art vidéo, dessin, art numérique, performance etc. Le volet patrimonial, présentera en majesté les vingt-six (26) trésors royaux spoliés au cours de l’histoire qui sont revenus sur la terre de leurs ancêtres après 130 années d’exil.
Les formalités pour visiter l’exposition arts du Bénin
Pour les citoyens désireux de visiter l’exposition intitulée : « Art du Bénin et d’aujourd’hui de la restitution à la révélation : trésors royaux et arts contemporains du Bénin », quelques formalités sont de mises. Il s’agit en effet de l’inscription en ligne via le lien expoartbenin.bj. En dehors de cette formalité, le public peut également accéder à l’exposition sur présentation de la carte d’identité nationale.
Le génie artistique historique des figures des royautés révélé
Face à la presse nationale et internationale, le ministre du Tourisme, de la culture et des arts a fait savoir que la démarche de restitution des trésors royaux a pour vocation de révéler au peuple béninois, à l’Afrique et au monde le génie artistique ET historique des figures des royautés du Bénin. Elle vise également, ajoute-il, à entretenir la flamme de la diversité culturelle ainsi que la richesse créative contemporaine qui caractérisent le Bénin d’aujourd’hui. Pour ce qui concerne la question liée au marché de l’art au Bénin, Jean-Michel Abimbola a indiqué qu’elle est l’une des préoccupations majeures de l’espace culturel. « Il faut structurer autrement ce marché afin d’en faire le véritable socle d’une économie touristique. C’est bien cela la trame de la cohérence de notre politique muséale et artistique », a-t-il déclaré. En visitant les ateliers d’artiste, en découvrant les projets muséaux et patrimoniaux, avance-t-il, le public comprendra que le Bénin dispose non seulement d’un vivier de talents, mais aussi de leviers performants pour s’ériger en plateforme de référence dans la région dans le domaine de l’art et du patrimoine. « Vous comprendrez bien pourquoi le gouvernement consent un cumul d’investissements de plus de six-cent-soixante-dix (670) milliards de FCfa pour le secteur du tourisme, de la culture et des arts », a-t-il souligné. A cet important investissement dédié à des équipements respectant les standards internationaux, précise le ministre du Tourisme, de la culture et des arts, s’ajoutent des réformes relatives au renforcement du cadre juridique ainsi que de la capacité d’intervention des acteurs qui animent ce secteur. Faut-il le rappeler, cette exposition donne l’occasion de côtoyer un écosystème marqué par des structures dédiées et outillées, notamment : la Galerie nationale et le Musée d’art contemporain de Cotonou (Maac) en ce qui concerne la scène artistique contemporaine et l’Agence nationale de promotion des patrimoines et du développement du tourisme et la réunion des Musées publics.
34 artistes contemporains du Bénin en scène
Ils sont au total trente-quatre (34) artistes qui feront vivre l’art contemporain à travers l’exposition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui : de la Restitution à la révélation. » En effet, la création artistique contemporaine, au Bénin et dans sa diaspora, présente une diversité de formes et d’esthétiques. Les créateurs, aux parcours et aux profils multiples, autodidactes ou diplômés d’écoles d’art, expriment, à travers leurs œuvres, leur vision singulière du Bénin contemporain, nourrie de la sève de la tradition et d’une volonté d’en explorer les legs et héritages, dans un langage en constant renouvellement. L’exposition art du Bénin traduit l’engagement artistique et les questionnements ontologiques qui animent les artistes béninois et dont ils se font l’écho dans leurs créations, à travers divers médiums. Elle propose une immersion dans les univers foisonnants d’artistes confirmés et émergents de la scène contemporaine béninoise, et traduit à travers cette monstration la vitalité et l’intensité de la créativité des arts visuels du Bénin.
Une exposition didactique
Cette exposition se veut aussi didactique : ouvrir au public béninois un univers encore trop souvent considéré comme élitiste et/ou hermétique. Les idées fortes qui se dégagent touchent aux liens : ceux que l’on tisse avec les autres, à la transmission du savoir et des émotions, faisant des créateurs de puissants intercesseurs. La sélection d’artistes qui composent chacun des trois chapitres de l’exposition, Récurrence-Variations, Transition, Transgression-Hybridation, tient aussi bien des thématiques développées, des matériaux utilisés que des différents médiums mobilisés. Il s’agit d’une proposition, d’une invitation à un cabotage d’îlots en archipels, à l’exploration d’une cartographie artistique en mouvement permanent, sans chercher à la figer ou à la ‘’normer’’ et sans volonté d’exhaustivité. Le chapitre Récurrence-Variations sera animé par Cyprien Tokoudagba, Yves Apollinaire Pèdé, Kiffouli Dossou, Ludovic Fadaïro, Dominique Gnonnou « Kouas », Euloge Ahanhanzo-Glèlè et Épaphras Dégnon Toïhen. Le volet Transition sera assuré par Dominique Zinkpè, Ishola Akpo, Moufouli Bello, Laeïla Adjovi, Rémy Samuz, Julien Sinzogan, François Aziangué, Youss Atacora, Edwige Aplogan, Éliane Aïsso, Nathanaël Vodouhè, Tchif et Thierry Oussou. Concernant le chapitre Transgression-Hybridation, il sera conduit par Georges Adéagbo Sènami Donoumassou, Sébastien Boko, Gérard Quenum, Dimitri Fagbohoun, Emo de Medeiros, Romuald Hazoumè, King Houndékpinkou, Meschac Gaba, Ponce Zannou, Louis Oké Agbo, Éric Médéda, Nobel Koty et Charly d’Almeida. Entre autres œuvres contemporaines qui feront écho à l’exposition des 26 Trésors royaux, il y a « Kondo le requin », « La forêt », « Danse royale », « Les gardiens aux peignes », « Tôhossou », « Les vivants », « Le retour des esprits », « Trace d’une reine », « Amazone » et « Métaphore ». Les œuvres proviennent aussi de la collection des artistes que de la Galerie nationale et de la collection privée. L’exposition « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui : de la Restitution à la révélation » constitue un temps fort de ce premier trimestre de l’année 2022, qui se décline à travers plusieurs rendez-vous pluridisciplinaires « dans » et « hors les murs ». Conférences, projections, actions de médiation constituent ses différentes articulations. Elle s’étend du 20 février au 22 mai 2022.
Odi I. Aïtchédji


















