(Le dispositif de la douane contourné par les contrebandiers)
A la frontière de Sèmè-Kraké dans la commune de Sèmè-Podji, certaines voies d’accès au Bénin sont bloquées à l’aide des grottes. L’objectif est de lutter contre la fraude, selon certaines autorités. Sur le terrain, des contrebandiers, dans leur stratagème, ont trouvé d’autres solutions pour contourner ce dispositif de la douane béninoise.
Des principales voies d’accès au Bénin bloquées par des grottes. C’est ce que l’on observe désormais à la frontière Sèmè-Kraké, précisément dans la zone de Pahou depuis quelques semaines. A partir de la clôture du parc de gros porteurs de Kraké, sur plus de 100 mètres, des grottes de montagne sont entreposées, les unes sur les autres pour bloquer le passage aux usagers de la route. Il est même écrit sur des plaques : « Passage interdit ». Ce qui oblige commerçants et autres passagers à prendre par la voie autorisée pour sortir ou entrer dans le Bénin à partir du « No man’s land’’ (zone comprise entre le Bénin et le Nigéria). Selon certaines autorités douanières, ce dispositif a pour but de réduire les voies d’entrée ou de sortie frauduleuse des marchandises au Bénin. « Il y avait trop de voies d’accès au Bénin. Ce qui facilitait la fraude. Désormais, la douane pourra maîtriser le flux à la frontière de Sèmè-Kraké… », à en croire certaines autorités douanières qui ont requis l’anonymat.
Après l’installation de cet arsenal douanier contre la fraude, on constate que la circulation des personnes et des biens dans la zone de Pahou a baissé d’un cran. « Nous ne vendons plus depuis qu’ils ont entreposé ces grottes, le long de la frontière. Vous voyez que tout est désert…. », se désole une vendeuse de mets aux passagers qui entraient ou sortaient du Bénin. Même les agents civils travaillant avec la douane communément appelés « Klébé » sont désavoués.
Pourquoi cet état de choses après le blocage des voies d’accès par des grottes ? En dehors de certains qui passent sur ces grosses pierres à pieds avec leurs bagages sur la tête, il a été noté que les contrebandiers ont trouvé d’autres chemins pour échapper au dispositif de la douane. Selon nos investigations, ils ont abandonné la frontière de Sèmè-Kraké pour introduire frauduleusement leurs marchandises sur le territoire béninois en passant par la brousse en complicité avec les populations riveraines. En nombre insuffisant, les douaniers sont impuissants devant le phénomène. Comme quoi, la lutte contre la fraude douanière reste et demeure un défi à relever à la frontière de Sèmè-Kraké.
J. Y. M.
(Br Ouémé-Plateau)


















