Une innovation majeure intervient dans le suivi et le contrôle des missions officielles au Bénin. Désormais, les agents en mission percevront leurs frais de mission par un moyen électronique. De même, un dispositif de géolocalisation est envisagé pour renforcer le contrôle et s’assurer de la présence effective des agents sur leur lieu de mission.
C’est un nouveau tour de vis que le gouvernement met au contrôle des missions au Bénin. Désormais, tout agent de l’administration publique ayant effectué une mission sur le terrain sera désintéressé via un paiement électronique. C’est du moins ce qui dénote de la circulaire n°0264c/Mef/Dc/Sgm/Dgtcp/Dnc/Tge/Cvr/Adn/Sp du 25 septembre 2026, dûment signée du ministre délégué chargé du Budget et de la fonction publique Rodrigue Chaou. Cette circulaire qui s’inscrit parfaitement dans la philosophie de la phase 2 du Système d’encadrement des missions officielles (Semo 2) sonne comme une avancée majeure dans la modernisation de la gestion financière de l’État. Déjà en 2020, le gouvernement avait clairement affiché son ambition d’apporter une meilleure gouvernance dans la gestion des missions officielles. La mise en place du Système d’encadrement des missions officielles (Semo 1) résulte d’un certain nombre de constats liés notamment aux pratiques peu orthodoxes et contraires aux textes réglementaires en vigueur dans la gestion des ordres de mission. C’est ce qui a conduit le ministre de l’Economie et des finances d’alors, Romuald Wadagni, à la mise en place du Semo qui vise à pour pallier aux errements dans les dépenses publiques. Ce dispositif a permis de détecter systématiquement les missions en chevauchement et celles fictives. Il en est de même des doublons d’ordres de mission. Autant de tares qui caractérisaient l’univers des missions au Bénin. Grâce au Semo 1, d’importantes économies estimées à des milliards de Fcfa ont été réalisées au profit des caisses publiques.
Transparence et traçabilité
Après quelques années d’expérimentation, les autorités béninoises ont procédé au lancement le mardi 23 décembre 2025, de la phase II du Système d’encadrement des missions officielles (Semo II), marquant une étape décisive dans la modernisation et la transparence de la gestion des missions de l’administration publique. Avec ce système, un nouveau cap a été franchi. Il prévoit notamment la dématérialisation complète des procédures, la signature électronique des ordres de mission, la traçabilité renforcée grâce à des journaux d’audit, et l’interconnexion avec les systèmes de gestion de la solde et des carrières. Cette nouvelle plateforme, accessible aussi bien sur ordinateur que sur téléphone mobile, améliore la réactivité et la facilité d’usage pour tous les acteurs. L’autre avancée notable qui vient se greffer à la panoplie de dispositifs mis en place, est l’effectivité du paiement électronique des frais de mission à l’intérieur du pays. Désormais, les agents pourront percevoir leurs frais, via des moyens de paiement électroniques, sans manipulation d’espèces ni déplacements inutiles. Le paiement peut même intervenir avant le départ en mission, renforçant ainsi l’efficacité opérationnelle de l’administration. Le gouvernement béninois réaffirme ainsi sa volonté de consolider la bonne gouvernance, de sécuriser les finances publiques et de doter l’administration d’outils modernes, transparents et adaptés aux exigences actuelles. Par ailleurs, la plateforme sécurise les finances publiques et prévoit l’introduction prochaine d’une preuve de mission basée sur la géolocalisation des agents en déplacement. Tout ceci vient conforter l’arsenal mis en place pour rationaliser et sécuriser les fonds publics.
G. G.




















