Après plusieurs années d’absence sur la scène publique, l’ancien conseiller communal de Cotonou retrouve le chemin des médias. Invité de l’émission « Version originale », Gilbert Kakpo Kinkpé a fait sa lecture de l’actualité nationale. De son parcours politique à son engagement aux côtés de Patrice Talon et de Romuald Wadagni, en passant par les réformes institutionnelles, économiques et sociales, l’acteur politique de la mouvance présidentielle a défendu avec conviction les acquis de la gouvernance actuelle.
Après une longue période de discrétion, Gilbert Kakpo Kinkpé sort de son silence. L’ancien conseiller communal de Cotonou et membre de l’Union progressiste le Renouveau, a renoué avec le débat public. À travers un exercice de décryptage, il a abordé plusieurs sujets majeurs de la vie politique et institutionnelle du Bénin. A son dire, loin d’avoir tourné le dos à la politique, Gilbert Kakpo Kinkpé revendique toujours son appartenance à la mouvance présidentielle. Il est notamment revenu sur la création du Parti du rassemblement pour l’action et le développement (Prad), une formation politique qui a ensuite rejoint l’Union progressiste le Renouveau. À l’approche des élections générales de 2026, il a mis sur pied, en 2025, le mouvement « Gladiateurs ». Une organisation dont la contribution a conduit à l’élection de Romuald Wadagni. À travers cette initiative, l’ancien conseiller communal entendaitvapporter son soutien au candidat de la mouvance présidentielle. Revenant sur son absence de la vie politique, il a tenu à apporter des clarifications. L’invité a révélé avoir été victime d’un braquage. Une agression qui a eu de lourdes conséquences sur son état physique. « J’ai été opéré plusieurs fois. C’est donc ce qui justifie ma longue absence sur la scène politique depuis des années », a-t-il expliqué. Malgré les difficultés traversées, l’homme n’a pas renoncé à ses convictions ni à son engagement politique. Dans son intervention, Gilbert Kakpo Kinkpé n’a pas caché son admiration pour les transformations intervenues au Bénin depuis 2016. À ses yeux, les dix années de gouvernance de Patrice Talon ont profondément modifié les pratiques de gestion publique et engagé le pays sur une nouvelle trajectoire de développement. Il a particulièrement mis en avant les réformes structurelles, la modernisation des infrastructures et les efforts pour améliorer le cadre de vie. Pour lui, ces différentes actions traduisent une volonté de rompre avec les anciennes pratiques de gestion. « Sous Patrice Talon, la gouvernance a été claire et saine avec l’assainissement des finances publiques. Avec une certaine célérité, le retard accumulé depuis plus de 40 ans a été rattrapé en dix années », a-t-il affirmé. L’ancien conseiller communal a également salué les réalisations routières et l’asphaltage qui ont transformé le paysage urbain et à améliorer les conditions de vie. Il a estimé que ces investissements ont participé au rayonnement du Bénin à l’international.
Romuald Wadagni, un successeur dans la continuité
S’agissant de la gouvernance de Romuald Wadagni, l’invité considère le choix porté sur l’actuel chef de l’État comme une meilleure option pour préserver les acquis et poursuivre les transformations engagées. À ses yeux, le Bénin est désormais dans une dynamique de continuité qui apporte des réponses aux attentes des populations. Pour étayer son appréciation, Gilbert Kakpo Kinkpé s’est appuyé sur plusieurs mesures sociales prises depuis l’accession de Romuald Wadagni au pouvoir. Il a notamment cité la prise en charge des urgences médicales avant paiement, la mise à disposition de bus au profit des étudiants, le reversement des Ame, la création des pôles de développement territorial et la révision des conditions d’attribution des logements sociaux. « Ces habitations sont désormais à la portée de toutes les couches des populations et tout le monde peut s’en procurer avec des possibilités de paiement très flexibles », a-t-il souligné. Concernant l’amenuisement du panier de la ménagère, il a rappelé les réformes entreprises dans le secteur agricole et invité les populations à faire preuve de patience. Pour lui, les résultats de ces politiques ne peuvent être appréciés uniquement dans l’immédiat, mais doivent être évalués dans la durée. Il a également défendu la politique de subvention des produits pétroliers, estimant que le Bénin dispose de prix relativement bas comparativement à plusieurs pays de la sous-région.
Talon et Wadagni, deux responsabilités distinctes
Pour l’acteur politique, depuis la transmission du pouvoir en mai 2026, Romuald Wadagni exerce pleinement ses responsabilités constitutionnelles. « Wadagni est un sachant, il sait ce qu’il doit faire et quand le faire. Il est libre de prendre les décisions en toute responsabilité », a-t-il insisté. Une manière pour lui de défendre l’autonomie du nouveau président. Dans la même logique, il a apporté son soutien à la création du Sénat. Contrairement aux interprétations qui présentent cette institution comme un instrument de contrôle de l’action du président Wadagni par Patrice Talon, Gilbert Kakpo Kinkpé y voit plutôt un complément nécessaire à l’architecture institutionnelle du Bénin. Il considère le Sénat comme une institution appelée à jouer un rôle d’arbitrage entre les pouvoirs exécutif et législatif dans certaines procédures législatives. Au-delà de cette fonction, il lui reconnaît également une vocation de paix et de réconciliation entre les acteurs politiques. Convaincu que les sénateurs disposent d’une expérience institutionnelle suffisante, il espère qu’elles sauront travailler dans un esprit de compréhension et de responsabilité.
Le nouveau Code de la route, une avancée
Abordant le fonctionnement de l’Assemblée nationale sous la présidence de Joseph Djogbénou, l’invité a apprécié l’adoption de la nouvelle législation relative au Code de la route. Pour lui, cette réforme constitue une avancée importante dans la protection des usagers et le renforcement de la responsabilité des conducteurs. « L’obligation de permis de conduire aux conducteurs est une bonne mesure qui existait déjà dans certaines grandes Nations », a-t-il déclaré. Au terme de son intervention, Gilbert Kakpo Kinkpé a réaffirmé sa volonté de mettre son expérience et ses propositions au service de l’action publique. Dans cette perspective, il a annoncé sa disponibilité à transmettre au président Romuald Wadagni des fiches destinées à attirer son attention sur les secteurs dans lesquels des efforts supplémentaires pourraient être consentis pour améliorer les conditions de vie des populations.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)


















