Longtemps attendu sur le sujet, le directeur général du Port autonome de Cotonou, Bart Van Eenoo a expliqué à l’opinion publique, les retombées de la crise entre le Bénin et le Niger sur la structure portuaire. C’était dans une émission sur la radio Bip.
La crise entre le Bénin et le Niger n’est pas restée sans conséquences sur le fonctionnement du Port autonome de Cotonou. C’est en substance ce qu’il faut retenir des propos du directeur général de la structure portuaire Bart Van Eenoo qui a laissé entendre que la fermeture a eu deux impacts sur le Port dont celui du volume et l’autre financier. Revenant sur le premier impact, le volume de transit a diminué entre 20 et 30%. En effet depuis 2018, il y a environ 1.000 navires qui accostent par an au Port de Cotonou, notamment les vraquiers. En 2023, le nombre a baissé à 900 avec en majorité des navires de conteneurs. « A cette date, 70 à 80 navires toutes catégories confondues sont accueillis par mois au Port de Cotonou. Le taux a légèrement baissé par rapport au taux observé avant la fermeture des frontières qui était de 95 à 100 navires mensuellement »,a-t-il martelé. Ouvrant une brèche sur les conséquences financières, elles sont moins élevées, selon l’invité de Rachida Houssou, car les redevances étaient basses pour les marchandises en transit et des tarifs étaient réservés aux partenaires de l’Hinterland. « De façon plus précise, le Port a enregistré une baisse du chiffre d’affaires de 10 à 15% en attendant les rapports en cours pour faire le bilan», a souligné le patron de l’administration portuaire. Revenant sur les raisons qui expliquent cette chute, Bart Van Eenooa a indiqué que 70% du volume de transit du Port était pour l’intérieur et 30% vers les pays de l’Hinterland. De ce volume réservé pour les autres pays, le Niger seul prenait 90% et 83% des importations du Niger passent par le Port de Cotonou. A titre illustratif, il a affirmé qu’à la fermeture des frontières, 12.000 conteneurs à destination du Niger étaient là, mais ne pouvaient pas sortir du Port.Avec les accompagnements des différents acteurs et la possibilité donnée aux importateurs nigériens de changer la destination de leurs marchandises, il reste actuellement au Port de Cotonou 2.000 conteneurs à destination du Niger. Toutefois, le Directeur a, pour finir, rassuré que le Port continue de fonctionner normalement.
Les frontières de Ségbana ouvertes
Pour atténuer les effets liés à la crise entre le Bénin et le Niger, les autorités béninoises ont décidé de l’ouverture de la frontière de Ségbana à destination du Nigéria. Pour le Directeur général, même si l’ouverture vers Ségbana permet de redynamiser les relations avec le Nigéria, il n’y a pas encore grand impact sur le volume de transit du Port actuellement. « Le port a trouvé de nouveaux clients, même s’il faut reconnaître qu’il y a un grand travail à faire pour permettre le passage d’un gros volume de marchandises », a clarifié le numéro 1 du Port de Cotonou tout en insistant que l’important est déjà le démarrage du projet pour commencer les échanges et les procédures douanières. Selon Bart Van Eenoo, l’avantage de cette nouvelle ouverture est que d’autres villes en dehors de Lagos seront desservies dont Kaduna, Kano et Abuja.Dans quatre mois, les retombées seront davantage perçues.
Impacts sur la gestion déléguée
Selon les responsables du Port autonome de Cotonou, les objectifs visés par l’État en déléguant la gestion ne sont pas compromis même avec la fermeture des frontières, car le port sera ouvert vers d’autres frontières. « En 2027, toutes les infrastructures seront construites et tout le processus digitalisé pour permettre au port d’être très compétitif. Les objectifs sont clairs et seront atteints», a martelé le Directeur général. D’ailleurs, une étude de la Banque mondiale montre que le Bénin, entre 2020 et 2023,a gravi les échelons dans le positionnement des pays dont les ports sont opérationnels selon l’indicateur relatif à l’efficacité de l’ensemble des acteurs de la chaine logistique dont la performance du Port, des douanes, la digitalisation et la transparence.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)



















