Dans la constitution révisée le 15 novembre 2025, il a été institué une trêve politique, une notion qui fait couler beaucoup d’encres et de salives. Et pourtant cette option se justifie par la nécessité de favoriser l’action politique au service du développement du pays.
La notion de trêve politique est à tout point de vue, l’exclusivité de la nouvelle constitution béninoise en attente de promulgation. Raison politique elle suscite à tort ou à raison, une flopée de commentaires et d’appréhension au sein de l’opinion. Une posture certes compréhensible quoique certaines perceptions méritent clarification. En effet, la trêve politique est perçue à tort comme un mécanisme visant à verrouiller le jeu politique ou empêcher les acteurs de s’exprimer. Il n’en est rien puisqu’elle n’empêche pas les partis politiques d’exister. Ils ont toujours le droit d’animer la vie politique, de critiquer l’action de l’exécutif en toute objectivité, aucune œuvre humaine n’étant parfaite. La seule restriction qui qu’impose la notion de trêve politique est que les partis politiques, qu’ils partagent ou non la vision du gouvernement, ne soient plus dans la propagande permanente, mais plutôt dans une approche constructive. Autrement dit, le débat contradictoire a toujours droit de cité mais ne doit pas être une occasion de saboter ou de mettre à mal les efforts, entreprises ou réformes qui intègrent une dynamique d’intérêt général. Il va sans dire que le débat contradictoire prévaudra toujours, la critique constructive également et le moment venu, les offres politiques alternatives se feront comme dans toute démocratie moderne. En clair, la trêve politique ne compromet nullement l’animation de la vie politique mais elle est une innovation pour favoriser l’action politique au service du développement du Bénin. Elle dénote de la logique selon laquelle tout citoyen qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition, doit être guidé par le souci du bien-être du pays et de ses enfants plutôt qu’autre intention malveillante de nature à compromettre l’intérêt général. Les critiques en somme, devraient avoir pour objectif de contribuer à améliorer l’action de celui qui conduit la vie de la nation. Pour le reste, la nouvelle constitution établit un temps clairement dédié à la compétition électorale où il est loisible aux différentes sensibilités politique, de faire des propositions et de proposer des offres alternatives aux populations qui en toute objectivité, apprécieront.
Pourquoi formaliser ?
La nécessité de constitutionnaliser la trêve politique s’infère du constat de façon générale et quasi-mécanique, le candidat perdant d’une élection présidentielle et ses soutiens, s’inscrit dans une opposition frontale face au vainqueur, au point d’empêcher la conduite sereine par ce dernier, de son projet de société. Cette attitude regrettable a éprouvé presque tous les régimes qui se sont succédé à la tête du Bénin depuis le renouveau démocratique. Une pratique au travers de laquelle l’opposant croit justifier, aux yeux de l’opinion, qu’il ferait mieux. Mais à son tour, une fois élu, se retrouve confronté à la même réalité. Il était impérieux de mettre fin à ce travers qui loin de favoriser une bonne expression de la démocratie, constitue un frein au développement. En formalisant la trêve, le législateur entend mettre fin à cette pratique qui loin de toute spéculation, était une tare de notre démocratie. Pour le reste, les lois électorales établissent clairement les périodes dédiées à la compétition électorale. On ne saurait construire un pays développé dans la rouerie politicienne permanente.
Gabin Goubiyi




















