À l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée le 8 septembre 2026, l’Association mondiale pour le développement (Amd) a retenu le Bénin, particulièrement le marché de Godomey dans la Commune d’Abomey-Calavi pour initier une classe publique d’alphabétisation. À travers cette initiative, l’organisation au plan mondial veut faire de l’alphabétisation un véritable outil d’autonomie et de développement économique.
Les bonnes dames du marché de Godomey, Commune d’Abomey-Calavi, ont bénéficié le mardi 08 septembre 2026, dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de l’alphabétisation, d’une classe publique d’alphabétisation. Initiative de l’Association mondiale pour le développement (Amd) au plan mondial, ce choix traduit la volonté de l’institution de doter les commerçantes du marché des outils nécessaires pour mieux gérer et développer leurs activités. Procédant à l’ouverture de la classe publique, Tabé Hadja Iléyatou, représentante de l’Amd-Bénin, a rappelé que cet espace constitue bien plus qu’un simple lieu de commerce. C’est également un lieu de travail, de solidarité, d’échanges d’informations et de création de richesses. En effet, chaque jour, de nombreuses femmes y exercent des activités économiques. Elles négocient les prix, calculent les quantités, organisent leurs approvisionnements et gèrent leurs revenus. Pourtant, certaines restent confrontées aux difficultés liées à la lecture et à l’écriture. L’initiative vise donc à rapprocher l’apprentissage des lieux où les femmes exercent leurs activités génératrices de revenu. Tabé Hadja Iléyatou a insisté sur un message essentiel. « Ne pas savoir lire et écrire ne signifie pas manquer d’intelligence ou de compétence », a-t-elle souligné. Elle a évoqué les nombreuses situations auxquelles les personnes non alphabétisées peuvent être confrontées à savoir : dépendre d’un tiers pour lire un message sur un téléphone, ne pas pouvoir noter une vente ou une dette, ou encore avoir besoin d’aide pour effectuer certaines démarches. La classe publique d’alphabétisation apparaît ainsi comme un moyen de renforcer l’autonomie au quotidien et de sécuriser les activités économiques.
Les femmes au centre des enjeux
Selon les données de l’Unesco citées par la représentante de l’Amd-Bénin, 739 millions de jeunes et d’adultes dans le monde ne disposent toujours pas des compétences fondamentales en lecture et en écriture. Près des deux tiers de ces personnes sont des femmes. Face à cette situation, l’Amd appelle à renforcer les programmes d’alphabétisation destinés aux adultes, en particulier ceux qui tiennent compte des réalités professionnelles et familiales des femmes. L’organisation plaide également pour le développement de supports pédagogiques adaptés aux langues nationales, considérées comme une porte d’entrée importante vers l’apprentissage. Au-delà de la célébration du 8 septembre, l’organisation souhaite que la sensibilisation débouche sur des actions durables. Elle appelle les gouvernements, collectivités, institutions, entreprises, organisations de femmes, médias et partenaires au développement à prendre des engagements concrets. Parmi les priorités figurent l’ouverture de classes publiques d’alphabétisation proches des lieux de vie et de travail, des horaires adaptés aux contraintes des femmes, le soutien aux alphabétiseurs et la production de matériels pédagogiques dans les langues nationales. Pour Landryne Mpondo, chargée du programme de l’Amd, l’engagement de l’organisation mondiale envers l’alphabétisation à l’occasion de cette 60ème journée est une réalité pour tout tous. « Ensemble, faisons de chaque mot appris, une porte ouverte vers de nouvelles possibilités et chaque personne alphabétisée est un acteur du changement », a déclaré Landryne Mpondo. Satisfaite de l’initiative, Estelle Minvo, revendeuse de bijoux au marché de Godomey, a salué la mise en place de la classe publique d’alphabétisation. Elle a exprimé sa gratitude à l’endroit de l’Amd et souhaité la pérennisation de cette initiative, afin de permettre aux usagers du marché de bénéficier d’une formation régulière et adaptée.
Odi I. Aïtchédji

















