Le vendredi 20 février 2026, Cotonou a vibré au rythme de l’émotion et du souvenir. Le lancement officiel de l’ouvrage « Kouaro Yves, une aurore précoce », écrit par son proche collaborateur Emeric Okoupéli, a réuni le gotha politique et administratif béninois pour célébrer la mémoire de l’ancien ministre de l’Enseignement secondaire.
Pourquoi consacrer un livre à un homme dont le départ précoce reste une plaie ouverte ? Pour l’auteur, Emeric Okoupéli, la réponse est un acte de résistance contre l’oubli : « Parce que certaines vies ne doivent pas s’éteindre dans le silence. Parce que certaines trajectoires ne doivent pas être abandonnées à la seule mémoire fragile des hommes ». Plus qu’un simple récit biographique, cet essai se veut un héritage transmis aux générations futures, un témoignage de reconnaissance envers celui qui a marqué le système éducatif béninois par sa vision et son humilité. La présentation technique de l’ouvrage a été assurée par Fernando Sowanou, journaliste et chroniqueur littéraire. Avec une analyse fine de la couverture où le noir du mystère côtoie l’or de la brillance, il a décrit un homme dont la nature pondérée cachait un destin foudroyant. « Le ministre Kouaro était un homme d’accès. Très peu de nos leaders aujourd’hui peuvent avoir la sincérité de croire qu’ils ressemblent à leurs semblables à cause de leur distance avec les humains », a souligné Sowanou.
Un devoir de mémoire face au silence
Le livre, structuré en sept parties, explore les racines modestes de l’homme (né Chabi, le prénom Kouaro étant un titre de chef), son ascension politique et, surtout, son éthique de travail. L’ouvrage lève également le voile sur les derniers instants de l’illustre disparu, offrant une fonction cathartique à ceux qui peinent encore à accepter ce départ. Le lancement a été marqué par une forte présence des présidents d’institutions, de députés et de membres du gouvernement. Les témoignages de ses promotionnaires, de sa famille et de ses collaborateurs ont dressé le portrait d’un « Homme d’État » capable de dialoguer avec les plus humbles tout en menant les réformes les plus ambitieuses. L’événement s’est conclu par des témoignages poignants sur la rigueur et la bonté du ministre, une vente à l’américaine dont les fonds soutiendront la pérennisation de son œuvre, et la signature du premier exemplaire par l’auteur, marquant la naissance officielle d’un nouvel écrivain dans le paysage littéraire béninois.En seulement quelques pages, Emeric Okoupéli réussit le pari de transformer la douleur en une source d’inspiration. « Kouaro Yves, une aurore précoce » n’est plus seulement le titre d’un livre, c’est désormais le nom d’un modèle de conduite pour la République.
Abdourhamane Touré




















