Les députés ont adopté, le 22 mai 2026, au Palais des gouverneurs à Porto-Novo, la loi n°2026-07 relative à la répression du faux-monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires en République du Bénin. De façon concrète, cette nouvelle loi sanctionne le refus des pièces usées et billets froissés émis par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Le nouveau texte interdit par exemple aux commerçants, aux transporteurs et autres de refuser les pièces lisses et billets froissés sous peine d’une amende de 100 000 à 500 000 FCfa. Une équipe de la rédaction de ‘’Le Matinal’’, a recueilli les avis de quelques citoyens sur cette nouvelle loi qui défraie la chronique.
Christelle Kodjo, commerçante de fruits à Pk10 : « Je pense que cette loi va régler beaucoup de choses »

« J’ai appris qu’il y a une loi sur ceux qui refusent les billets déchirés. Je pense que cette loi est une bonne chose, car moi, lorsque je prends les billets abîmés et pièces usées et que je rends la monnaie ou je pars acheter, les gens refusent ce billet déchiré ou pièces usées. Parfois, ça me frustre et je suis obligée de mettre cet argent-là quelque part et ça me crée des pertes énormes. Je pense aussi que cette loi va régler beaucoup de choses et faire cesser tous ces comportements bizarres de certaines vendeuses et de certains acheteurs ».
Anielle Ganzo, une agente de cabine mobile money à Dégakon : « Je suis obligée de revoir mon comportement »

« Avant, je refusais des billets froissés et aussi les pièces lisses. Maintenant, je suis obligée de les prendre à cause de cette nouvelle loi. Et il n’y aura plus de bagarre avec les clients concernant les monnaies ».
Robert Akoakou, conducteur de véhicule à Porto Novo : « Avec les clients, ça va être plus simple avec cette nouvelle loi »

« Avec les clients, ça va être plus simple avec cette nouvelle loi. Aucun client ne peut me manquer de respect pour un billet usé, et aucune station-service ne peut plus me refuser un paiement avec un billet abîmé ».
Baassit Zinsou, étudiant dans les métiers de l’audiovisuels et multi médias : « C’est une très bonne loi»

« J’estime que la loi qui oblige à accepter les pièces lisses et billets abîmés est une très bonne loi. Parce qu’en tant qu’étudiants, nous sommes souvent confrontés à ce problème. Tu veux payer un conducteur de taxi, faire des photocopies ou acheter quelque chose avec un billet un peu usé, on refuse de le prendre alors qu’il s’agit d’une monnaie parfaitement valable. Avec cette nouvelle mesure et les sanctions prévues, les gens apprendront davantage à respecter la monnaie en circulation ».
Rayath Akpata, étudiante : « Je trouve que c’est une loi très pertinente et opportune »

« Par rapport à la loi qui interdit dorénavant le refus des billets déchirés, des pièces trop lisses, je trouve que c’est une loi très pertinente et opportune, qui est réellement basée sur nos réalités sociales. C’est un réel problème qui a été réglé par l’adoption de cette loi-là, parce que c’était carrément un calvaire. Tu prends ton argent, tu achètes, mais les vendeuses ou les revendeuses refusent carrément en disant non, ce billet-là est déchiré. Il y a tellement de cas comme ça, qui au jour le jour rendent la vie difficile aux citoyens, et même parfois aux commerçants. Ça créait vraiment beaucoup de conversations, beaucoup de disputes, alors que ça ne devrait pas être un sujet normalement qui crée autant de problèmes dans notre société. Donc, oui, cette loi-là est une très bonne loi qui va régler un réel problème ».
Thalia Bennett Obourou Owoko , étudiante : « Le gouvernement devrait plus sensibiliser la population ….»

« Je pense que la loi qui interdit le refus des billets déchirés ou pièces trop lisses est une loi nécessaire pour la population. Aujourd’hui, on est confronté à un problème majeur, le refus des billets. Tu vas au marché, tu payes quelque chose, on te rend un billet déchiré ou des pièces trop lisses. Si tu refuses, la dame peut en faire un problème. Si, par exemple, tu n’acceptes la pièce lisse ou un billet abîmé et que tu remettes à un zémidjan, après il va te dire qu’il ne prend pas ce billet-là. Ça nous met un peu en difficulté. Donc, le gouvernement devrait plus sensibiliser la population à savoir comment garder leur argent, à comment entretenir l’argent de telle sorte que même s’il est déchiré, par exemple par erreur, il reste néanmoins très propre ».
Bilal Abiola Hotegni, étudiant : « Les pièces très usées devraient être régulièrement retirées de la circulation»

« Depuis le vendredi 22 mai 2026, les députés béninois ont adopté une loi qui sanctionne le refus d’argent, des pièces usées ou billets déchirés par les commerçants, pouvant aller à une amende de 100 à 500 000 francs Cfa. D’un côté, je comprends leur position. Par exemple, si un commerçant accepte une pièce usée, il risque qu’un autre commerçant ou un fournisseur la refuse ensuite. Du coup, il cherche à éviter une perte ou des difficultés. D’un autre côté, cela crée un cercle vicieux. Chacun refuse la pièce parce qu’il pense que le suivant la refusera. Au final, ce sont souvent les clients qui se retrouvent avec de l’argent qu’ils ont du mal à utiliser. Les pièces très usées devraient être régulièrement retirées de la circulation et être échangées auprès des banques. Tant qu’une pièce reste identifiable et authentique, elle devrait pouvoir circuler normalement ».
Robert Kplaka, e-commerçant et étudiant : « Je pense que les sanctions sont très sévères»

« Je pense que c’est bien qu’il y ait une loi qui punisse le refus des billets froissés ou abîmés. On ne peut pas volontairement user les pièces ou les billets. Les billets, à force d’être trimbalés de main à main, par exemple, d’être posés, d’être pliés, peuvent se déchirer d’eux-mêmes. On ne peut pas le faire de façon volontaire. Et parfois, ça peut être le dernier billet qu’on a, ou ce n’est pas parce que c’est déchiré que ce n’est plus normalement utilisable. On devrait pouvoir l’utiliser quand on parle de l’argent. Ça a toujours sa valeur. Et c’est pareil pour les pièces. Je pense que c’est bien qu’il y ait une loi qui punisse le refus. Déjà, parce que si tout le monde doit accepter des pièces ou des billets, si c’est usé, ça ne doit plus poser de problème à quelqu’un. Si on donne ça à un vendeur et que la pièce est lisse, il doit pouvoir donner ça à un acheteur, l’acheteur le prend et la monnaie devrait continuer à circuler, que ce soit pour aller payer des factures, à la Soneb ou autre. Si la pièce, malgré son état, n’est pas refusée, ça n’impacte en rien l’échange. Je pense que les sanctions sont très sévères pour un simple refus de pièces lisses ou de billets froissés ».
Réalisation
Sorbou Soulé (Stag)
Syntiche Akoakou (Stag)
Azaria Apovo (Stag)
Lucresse Kodjo (Stag)


















