La Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) du Bénin a publié son rapport annuel 2025. Le document met en avant le renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, la progression des déclarations d’opérations suspectes et les principaux défis à relever avant l’évaluation mutuelle prévue en 2028.
En 2025, la Centif a poursuivi le renforcement du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive (Lbc/Ft/Fp). Selon son rapport annuel, l’institution a enregistré 529 Déclarations d’opérations suspectes (Dos), confirmant la dynamique de progression observée depuis 2023. Malgré cette évolution, 25,3% des déclarations reçues sont jugées de mauvaise qualité. Le rapport fait également état de 511 589 déclarations d’opérations en espèces (Doe), provenant majoritairement du secteur bancaire, signe d’une intensification des obligations déclaratives. Les analyses réalisées par la Centif montrent que l’escroquerie et la cybercriminalité représentent 35,2% des infractions détectées, devant la fraude fiscale (23,3%). Le rapport relève aussi l’apparition de nouveaux schémas de blanchiment utilisant les Terminaux de paiement électronique (Tpe) et les instruments financiers numériques. Sur le plan opérationnel, la Centif a produit 154 notes de renseignement financier destinées principalement aux autorités d’enquête. Elle a également transmis sept rapports d’enquête à la Criet, renforçant ainsi l’exploitation judiciaire du renseignement financier.
Modernisation et coopération
Au cours de l’année, la Centif a renforcé ses capacités grâce au recrutement de nouveaux profils techniques, au développement d’interconnexions avec les bases de données de l’Anip, de l’Apiex et de la Direction générale des impôts (Dgi), ainsi qu’au déploiement d’une plateforme nationale dédiée aux sanctions financières ciblées. Son installation dans un nouveau siège répondant aux standards internationaux s’inscrit dans cette dynamique de modernisation. La coopération nationale et internationale s’est également consolidée. Le taux de réponse des correspondants nationaux a atteint 88,2%, tandis que le Bénin a poursuivi sa participation aux travaux du Giaba, du Groupe Egmont et du Gafi.
Des défis à relever
Dans son message, le président de la Centif, Abdou Rafiou Bello, rappelle que la lutte contre les flux financiers illicites demeure une priorité stratégique pour la stabilité économique et la sécurité nationale. Il souligne la finalisation du Plan stratégique 2025-2029, destiné à renforcer l’indépendance et l’efficacité opérationnelle de l’institution. Le rapport insiste toutefois sur les défis persistants, notamment l’amélioration de la qualité des déclarations, la prise en compte des risques liés aux nouvelles technologies et la transformation du renseignement financier en résultats judiciaires concrets, en vue de l’évaluation mutuelle du Bénin prévue en 2028.
Léonce Adjévi
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