(Des défis persistent malgré tout)
A l’occasion du lancement de la campagne 2025 des « 16 jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre », le Bénin réaffirme sa détermination à éradiquer ce fléau persistant. Sous le thème porteur de sens : « Riposter et se reconstruire après les violences », l’Institut national de la femme (Inf) mène la charge, avec l’appui du gouvernement et ses Partenaires techniques et financiers (Ptf).
La lutte contre les Violences basées sur le genre (Vbg) au Bénin bénéficie depuis quelques années d’une volonté politique et d’un cadre juridique renforcés. Le gouvernement, sous l’impulsion du président Patrice Talon, a multiplié les mesures pour protéger les femmes et les filles. La création et le renforcement de l’Institut national de la femme (Inf) en 2021 témoignent de cette volonté politique, faisant de l’institution un pilier central de la coordination des initiatives nationales. L’arsenal juridique s’est également renforcé, permettant à l’Inf de se porter partie civile dans des affaires de violences, un signal fort envoyé aux auteurs d’abus de tous genres. En la matière, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a été saisie de plusieurs dossiers qu’elle a tranché avec différentes sanctions pour décourager les bourreaux de la gent féminine.
Mobilisation et partenariats : un front uni
La campagne, qui se déroule du 25 novembre au 10 décembre, prévoit un programme riche en activités, incluant des séances de sensibilisation et un concours de création de contenu vidéo, visant à impliquer l’ensemble de la société civile. La campagne bénéficie du soutien crucial des partenaires comme l’Usaid, l’Unfpa et la Banque mondiale, qui reconnaissent et saluent ainsi la vision du gouvernement et réaffirment leur détermination à accompagner le Bénin dans ce combat.
La société civile, à travers diverses Ong, joue également un rôle non négligeable dans la prévention en milieu communautaire et scolaire, ainsi que dans la prise en charge des victimes.
Des défis majeurs à surmonter
Malgré ces avancées significatives, des obstacles de taille persistent. Une étude récente d’Afrobaromètre de septembre 2024 indique que les perceptions sociales restent un frein majeur. Près de la moitié des citoyens pensent encore qu’une victime portant plainte risque l’humiliation publique par sa communauté, ce qui entrave la dénonciation des violences.
De plus, la prise en charge holistique (médicale, psychologique, juridique) des victimes, bien qu’améliorée, se heurte parfois à la complexité du domaine médico-légal et à des défis pratiques sur le terrain, comme le manque de ressources.
En exhortant à une mobilisation de toutes et de tous, la présidente de l’Inf, Huguette Bokpè Gnacadja, a souligné que ces 16 jours d’activisme sont l’occasion d’écrire un nouveau chapitre : «briser le silence et reconstruire la dignité». Le chemin est encore long, mais la dynamique de lutte au Bénin semble plus forte que jamais.
Serge Adanlao



















