Les députés de la 9ème législature ont adopté dans la nuit de vendredi 14 au samedi 15 novembre 2025 une nouvelle loi portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Le porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre Houngbédji est intervenu récemment sur une émission de la chaîne ‘’TéléSud’’ pour répondre aux préoccupations sur la révision constitutionnelle.
En répondant à la question de la journaliste, Wilfried Léandre Houngbédji a déclaré que cette révision constitutionnelle est basée sur des réformes structurelles et objectives, qui sont motivées par la volonté d’asseoir des institutions fortes et de bâtir un pays développé. « Le Bénin se distingue sur le continent comme un pays dans lequel on peut faire des réformes constitutionnelles, même en fin de mandat, sans évoquer l’idée d’un troisième mandat pour le président en exercice ou dire que nous sommes dans une nouvelle République et que, de ce fait, les compteurs sont remis à zéro. Nous faisons des réformes structurelles, objectives, qui ne sont mues que par la volonté d’asseoir des institutions fortes et de bâtir un pays développé. Nous essayons de poser les jalons, en fait, d’un Bénin fort, d’un Bénin résilient, aujourd’hui et demain », a laissé entendre le porte-parole du gouvernement. Il a précisé que cette réforme, qui a vu la durée du mandat du président être portée de 5 à 7 ans, ne s’applique pas au mandat du président Talon. « Cette réforme-là, la dernière qui fait l’actualité, qui a vu, par exemple, la durée des mandats être portée à sept ans, le mandat électif, plutôt que cinq jusqu’ici, répond à la logique que nous considérons et cette prolongation ne s’applique pas au mandat du président Talon qui, de toutes les façons, prend fin au 4ème dimanche du mois de mai 2026. L’effectivité de cette réforme va commencer avec son successeur, première chose pour vous rassurer ». Pour ce qui est du prolongement du mandat présidentiel de 5 à 7 ans, le secrétaire général adjoint du gouvernement a indiqué que cette réforme permet d’asseoir la stabilité et de favoriser une action étatique rigoureuse au service du mieux-être de la population.
Le Sénat ne prend pas l’initiative de la loi
Dans son intervention, le porte-parole du gouvernement a également abordé le sujet de la création du Sénat dans la nouvelle Constitution. A l’en croire, le Sénat a la particularité certes d’être une deuxième composante de l’Assemblée nationale, mais n’a pas l’initiative législative. Pour lui, le Sénat ne prend pas l’initiative de la loi. Cette initiative appartient toujours au président de la République et à l’Assemblée nationale. « Mais le Sénat peut, dans des domaines vitaux pour l’État, dans des domaines existentiels qui concernent l’organisation de l’État, demander une deuxième lecture des lois votées par l’Assemblée nationale ou intervenir comme arbitre entre le chef de l’État et l’Assemblée nationale lorsqu’il y a divergence de vues ou d’appréciation sur un test de loi », a-t-il clarifié. Il a souligné que « nous avons foi qu’une fois que ce Sénat sera en place, il montrera son importance sur l’échiquier politique et institutionnel, surtout béninois, et que même ceux qui ont la crainte aujourd’hui finiront par se rendre à l’évidence que s’était un outil essentiel auquel on aurait dû penser plus tôt ». Outre ces sujets, le secrétaire général adjoint du gouvernement a rassuré les uns et les autres par rapport à l’inclusivité des élections générales de 2026.
Patrice Zoundé (Coll)




















