Depuis la survenue de la pandémie du Covid-19, le gouvernement a pris des mesures fortes pour lutter contre la cherté de la vie. Celles-ci se poursuivent encore en raison des conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui impacte le monde entier. Sans les actions du gouvernement, les prix seraient plus élevés.
A l’avènement du Covid19, le gouvernement du Bénin a pris des mesures importantes qui ont permis d’avoir des résultats immédiats et favorisé globalement la résilience de l’économie béninoise malgré l’environnement international très peu favorable, la réduction de la flambée des prix des produits de grande consommation et aussi leur disponibilité sur le marché béninois. Une batterie de mesures a été donc prise pour soutenir le pouvoir d’achat des populations. Au nombre de celles-ci, on peut citerla renonciation aux taxes sur le riz importé. Ainsi, le sac de 50 kg de riz ordinaire est passé de 20.500 Fcfa à 18.450 Fcfa à Cotonou ; l’exonération de la Tva sur les huiles végétales importées ou produites localement ; l’exonération de la Tva sur la farine de blé importée ou produite localement, dont les prix du sac de 50 kg passent respectivement de 25.000 Fcfa à 20.000 Fcfa et de 23.500 Fcfa à 19.915 Fcfa à Cotonou. Ce qui justifie le maintien du prix du pain ; l’abattement de 50% sur le prix des frets maritimes et de 2/3 pour les frets aériens pour le calcul des droits de douanes à liquider. Cette mesure vise à réduire les droits de douanes sur l’ensemble des produits importés et à baisser leurs prix de vente aux consommateurs ; la suspension de la mise en œuvre du réajustement des tarifs d’électricité jusqu’à fin 2022 ; l’interdiction des sorties par voie terrestre de produits agricoles et instauration d’une redevance supplémentaire sur les denrées quittant le territoire afin que les produits vivriers servent principalement à satisfaire la consommation nationale; le plafonnement des prix de sortie d’usine du ciment par région.
Mesures spécifiques au secteur agricole
L’objectif des mesures destinées à ce secteur est de couvrir à la fois les besoins en investissements et en fonds de roulement des entreprises évoluant dans le domaine agricole (production végétale, animale et halieutique). Ces mesures ont été mises en œuvre par le Fonds national de développement agricole (Fnda) pour un montant de 100 milliards de Fcfa. De même, d’autres mesures ont consisté en subvention des engrais et intrants. Malgré la conjoncture économique internationale (effets pervers de l’après Covid 19 et conflit russo-ukrainien) qui génère une hausse vertigineuse des prix des engrais sur le marché international, le gouvernement a tout fait pour en trouver aux agriculteurs béninois, tout en les subventionnant. Ainsi, pour les campagnes agricoles 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025, 110 milliards Fcfa de subventions ont été décaissés par le gouvernement pour rendre les prix des intrants agricoles abordables aux producteurs. Cela a permis qu’ils achètent le sac d’engrais à 14.000 Fcfa au lieu de 26.000 voire 32.000 Fcfa comme ce fut le cas dans certains pays de la sous-région. Sans cette mesure, le Bénin serait aussi exposé à des risques d’insécurité alimentaire et les produits coûteraient beaucoup trop chers. Pour la campagne 2024-2025, environ 25 milliards de Fcfaont été débloqués pour subventionner les engrais. Ce qui permet aux producteurs d’acheter le Npk toutes catégories à 340 Fcfa/kg, soit 17.000Fcfa le sac de 50 kg au lieu de 24.000 Fcfa; l’urée à 300 Fcfa par kg, soit 15.000 Fcfa le sac de 50 kg au lieu de 19.000 FCFA ; et les autres types d’engrais à 14.000 Fcfa le sac de 50 kg.Il convient de faire observer que toutes ces actions permettent à l’agriculture béninoise d’être robuste. En 2023, le Bénin a produit plus de 3.300.000 de tonnes de céréales, environ 8.000.000 de tonnes de racines et tubercules et 800.000 tonnes de légumineuses. De façon particulière, en 2023, 1,8 tonne de maïs a été produite. Cette production suffit pour couvrir les besoins nationaux actuels de consommation qui sont de l’ordre de 1 million de tonnes. Donc, le maïs ne devrait pas coûter cher si une bonne partie de la production n’était pas vendue à des demandeurs venant des pays voisins où la situation est plus critique.
Evolution de l’inflation au Bénin
Certes, la tendance à la cherté de la vie s’observe, mais l’inflation au Bénin est faible par rapport au reste de la sous-région et du continent. Ceci s’explique justement par la politique du gouvernement, l’amélioration des rendements agricoles grâce notamment aux subventions. Si rien n’avait été fait, l’inflation serait de même ampleur que dans les autres pays, et la situation serait pire.Le taux d’inflation au niveau de l’Afrique Sub-Saharienne était de 11,0% en 2021, 14,5% et 2022 et 16,2% en 2023 selon le Fmi. Au niveau de l’Uemoa, le taux d’inflation est de 3,5% en 2021, 7,0% en 2022 et 3,8% en 2023 selon la même institution. Le taux d’inflation au Bénin a été systématiquement plus faible que les niveaux africain et sous-régional (1,7%, 1,4% et 2,7% en 2021, 2022 et 2023).La même tendance s’observe en 2024, même si certains produits ont connu une augmentation avérée de prix (cas du maïs et de l’igname).
Abdourhamane Touré


















