L’Université agricole K-d.k de Parakou a abrité le mardi 13 janvier 2026, un mini workshop sur la mobilisation des données et la conservation à long terme de la biodiversité. Dans une interview, Dr Kassim Tchan Issifou revient sur les enjeux, les objectifs et les retombées attendues de cette rencontre scientifique dédiée à la valorisation des données et à la préservation durable de la biodiversité, notamment des champignons sauvages au Bénin.
Le Matinal : Quel est l’objectif principal de ce mini workshop consacré à la mobilisation des données et à la conservation de la biodiversité ?
Dr Kassim Tchan Issifou : L’objectif principal de ce mini workshop est de renforcer la mobilisation, la structuration et la valorisation des données scientifiques sur la biodiversité, afin de soutenir une conservation efficace et durable à long terme. Il s’agit plus précisément de créer un espace d’échange entre chercheurs, décideurs et acteurs de terrain pour améliorer l’accès aux données fiables, encourager leur intégration dans les politiques publiques et promouvoir leur utilisation dans la planification et la gestion des ressources biologiques au Bénin.
Pourquoi avoir choisi de mettre l’accent sur les champignons sauvages et les données scientifiques dans ce projet ?
Les champignons sauvages constituent un maillon essentiel mais encore largement sous-estimé de la biodiversité, malgré leur rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes, la fertilité des sols, le recyclage de la matière organique et la résilience écologique. Le choix de cet axe thématique répond à un important déficit de données scientifiques sur les champignons au Bénin, comparativement à la flore et à la faune. La mobilisation de données fiables permet ainsi de mieux documenter leur diversité, de révéler leur valeur écologique et socio-économique, et de les intégrer pleinement dans les stratégies nationales de conservation.
En quoi ce mini workshop contribue-t-il concrètement à la conservation à long terme de la biodiversité au Bénin ?
Ce mini workshop contribue de manière concrète à la conservation à long terme en favorisant la production, l’archivage et le partage durable des données de biodiversité. En améliorant les capacités des acteurs à collecter, analyser et conserver les données, il permet de réduire la perte d’informations scientifiques, d’orienter les actions de conservation sur des bases factuelles solides et de faciliter le suivi de l’évolution des écosystèmes. À terme, cette approche renforce la prise de décision fondée sur la science et soutient une gestion plus durable des ressources biologiques.
Quels sont les résultats majeurs du projet Jrs que vous souhaitez partager avec les participants et le public ?
Les résultats majeurs du projet Jrs portent notamment sur l’amélioration des connaissances sur la diversité des champignons sauvages, la constitution de bases de données scientifiques structurées et la mise en évidence de leur importance écologique dans différents écosystèmes. Le projet a également permis de sensibiliser les acteurs locaux et institutionnels à la nécessité de conserver ces ressources souvent négligées et de promouvoir la science comme levier central pour la conservation de la biodiversité.
Comment les conclusions de cette rencontre pourront-elles être utilisées par les décideurs, les chercheurs et les acteurs de terrain ?
Les conclusions issues de cette rencontre fourniront des orientations stratégiques et opérationnelles pour l’intégration des données de biodiversité dans les politiques publiques, les programmes de recherche et les actions de terrain. Les décideurs pourront s’appuyer sur ces résultats pour renforcer les cadres réglementaires, les chercheurs pour orienter de nouvelles priorités scientifiques, et les acteurs de terrain pour améliorer les pratiques de gestion et de conservation fondées sur des données probantes.
Quel message clé adressez-vous au grand public et aux autorités à l’issue de ce mini workshop ?
Le message clé est que la conservation durable de la biodiversité repose sur la connaissance scientifique et la préservation des données à long terme. Protéger la biodiversité, y compris des groupes souvent invisibles comme les champignons, c’est investir dans la résilience des écosystèmes, la sécurité alimentaire et le bien-être des générations futures. Il est donc essentiel que le grand public, les autorités et l’ensemble des acteurs s’engagent activement pour soutenir la recherche, la conservation des données et leur intégration dans les décisions de développement.
Propos recueillis par Romuald Affédjou
(Br Borgou-Alibori)


















