L’euphorie n’a pas baissé dans le rang des Aspirants au métier d’enseignant (Ame), au lendemain de l’annonce de la kyrielle de mesures prises par le gouvernement pour favoriser le bien-être des acteurs du secteur. Une victoire pour certains qui ne doit pas cependant faire oublier que des défis restent à atteindre.
C’est une pluie de lauriers qui sont décernés au gouvernement et à son chef, le président Patrice Talon après les décisions prises en Conseil des ministres lundi 18 mars 2024, visant à octroyer de nouveaux avantages au profit des Aspirants au métier d’enseignant (Ame). Pour les bénéficiaires, les cris de détresse n’auront pas été vains. C’est un pas significatif dans la reconnaissance des sacrifices loyaux consentis par les 30.000 Ame au service de l’éducation. Beaucoup saluent la flopée de mesures qui sont de nature à réduire le fossé entre Agents permanents de l’Etat (Ape) opérant dans le secteur éducatif et les Ame qui malgré leur vulnérabilité et leur précarité, donnent chaque jour que Dieu fait, le meilleur d’eux-mêmes pour redorer le blason de l’école béninoise. A travers les nouveaux avantages accordés aux Ame, le gouvernement vient donner la preuve qu’il n’est pas sourd aux cris de détresse des Ame et des organisations syndicales qui ne ratent aucune occasion de tirer la sonnette d’alarme sur la situation de ces acteurs clés du système éducatif. Le mérite revient donc au gouvernement pour son ouverture et son souci de justice sociale mais aussi et surtout aux bénéficiaires ainsi qu’aux organisations syndicales qui n’ont pas baissé la garde. Celles-ci appellent d’ailleurs à la mobilisation en vue de sauvegarder les acquis et de se concentrer sur les revendications encore en attente. Au-delà des acteurs de l’école, la population se réjouit de la prise de ces mesures qui vont inéluctablement améliorer de façon substantielle, les conditions de vie des Ame. Un enseignant affamé aura du mal à se dévouer au travail. Un enseignant qui opère dans des conditions précaires ne donnera jamais de bons résultats. Du coup, le rendement sera approximatif et c’est l’école qui prendra ainsi un coup. En décidant de d’insuffler une once d’humanisme aux Ame, le gouvernement, a pris la question par le bon bout. D’aucuns estiment qu’il faudra travailler davantage à sécuriser la fonction en optant pour le reversement des Ame dans la fonction publique. Un chantier qui ne saurait tarder si l’on s’en tient aux engagements antérieurs du gouvernement qui a envisagé annoncé le reversement en Acdpe, des Ame qui en rempliraient les conditions.
Gabin Goubiyi
Kassa Mampo, Sg Cstb : « Le gouvernement aurait pu reverser les Ame »

« Je suis surpris que le gouvernement fasse de petits pas par rapport aux revendications. D’abord, je dois féliciter la Fédération des syndicats de l’éducation nationale (Fesen/Cstb), les enseignants, les travailleurs et tous ceux qui ont soutenu la Fesen dans sa lutte pour la satisfaction des revendications des travailleurs dont la première revendication aujourd’hui dans le secteur éducatif est le recrutement massif des enseignants dans les trois ordres d’enseignement en commençant par la maternelle, le primaire jusqu’au supérieur. Mais ici, la question des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) se pose. Tout le monde sait ce que représente cette catégorie d’enseignants. La première revendication, c’est de les reverser comme Agents contractuels de l’Etat. C’est bien de les payer 12 mois sur 12, c’est bien de leur trouver une indemnité, c’est bien de leur fournir l’assurance et tout le reste, mais pourquoi ne pas les reverser purement et simplement ? Félicitation aussi pour le retour des radiés, féliciation de les ramener parce que toutes les satisfactions, c’est eux qui les avaient revendiquées et cela leur avait valu la radiation. C’est tout à fait normal qu’ils soient réintégrés. Mais il a fallu que les gens luttent ! Peut-être même que parmi eux, d’autres sont morts ! Il y a eu beaucoup de préjudices avant que le gouvernement ne les réintègre.
Ces mesures vont nous galvaniser à poursuivre la lutte. Il faut le reversement qui n’est pas encore obtenu, et la satisfaction des autres revendications. Le Conseil des ministres aurait pu prendre la décision de reverser les Ame et de régler des problèmes urgents comme les gens qui sont en attente d’aller en formation, les gens qui sont traités à l’échelon 11 et autres ; au lieu de payer les Ame 12 mois sur 12, le quota horaire et tout le reste. Si on les reversait, c’était plus simple. La lutte doit être poursuivie car seule la lutte paie.
Dans ce cadre, le sit-in projetté pour le mercredi 20 mars 2024 est maintenu puiqu’il est envisagé pour exiger non seulement la satisfaction des revendications, mais aussi pour dire non à la répression, pour exiger la suspension des élections et le règlement des problèmes avant qu’on ne reparte aux élections. Les élections professionnelles d’accord, mais la satisfaction des revendications d’abord. Les travailleurs perçoivent que s’ils luttent, ils vont gagner. Le gouvernement même sait que ce que nous revendiquons, nous le revendiquons de façon juste. Nous n’inventons rien. Ce sont des revendications légitimes. L’école ne peut pas vivre sans qu’on ait d’enseignants…J’invite les travailleurs à se mobiliser pour être au sit-in de ce mercredi à 15h et à se mobiliser pour la grève du 26 mars 2024… »
Source ; Crystal News
Moudassirou Bachabi, Sg Cgtb: « Le chemin reste encore long »

« C’est de mesures salutaires. On ne peut que se réjouir que ces mesures aient été finalement prises. Je voudrais faire remarquer que ce n’est pas une initiative du gouvernement. C’est d’abord une réponse aux cris de détresse des intéressés et à l’action concertée ou pas des organisations syndicales de ce pays qui ne se sont jamais accommodées de ce statut qui est pour nous un statut monstrueux dans une administration publique. Enfin ces mesures sont tombées, je crois que le chemin reste encore long pour que la décence devienne une réalité dans les emploient qui sont offerts aux Ame mais on peut déjà prendre acte de ces avancées. »
Noël Chadaré, Sg de la Cosi-Bénin : « Il y a une bonne dose d’humanisme »

« Je dois me réjouir des mesures que le gouvernement vient d’annoncer. C’est une très bonne chose. Mon appréciation est bonne parce que ces mesures prises sont salutaires. Je décerne un satisfecit au gouvernement. Je crois que pour avoir réintégré les Ame qui avaient été suspendus pour fait de grève et pour aussi avoir décidé de payer 12 mois sur 12 mois, de prévoir des primes d’engagement, pour avoir également prévu la gratuité de la scolarité pour les enfants des Ame, l’assurance maladie, il y a une vraie couche de social, une bonne dose d’humanisme. On a humanisé enfin le travail des Ame qui est un travail très difficile. C’est une très bonne chose. Mes premières impressions, c’est que c’est des mesures qui montrent que le gouvernement a pris la mesure du sacrifice que consentent les Ame au profit de la nation. Ce sont des gens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, ils travaillent sans désemparer, ils sont les plus nombreux mais ils ne sont pas rémunérés à la hauteur de leur travail. C’est un effort qu’il faut apprécier. C’est un pas dans la bonne direction. A la façon dont on traite les Ame, ils seront regardés avec plus de respect mais je dois dire que tout en appréciant cette décision du Conseil des ministres qui montre que le gouvernement a donné un coup de barre vers le social, il ne faut que ce soit des mesures qui consacrent la fonction d’Ame encore que ce n’est pas une fonction. Il faut se dire que c’est un passage. On ne doit pas occulter le volet que c’est un travail précaire. Il ne faut pas oublier aussi que leur condition aujourd’hui est un passage vers leur intégration dans la fonction publique. Il reste des efforts à faire. Il faut que ceux qui sont dans l’attente, au moins 10 000 soient reversés pour le compte de 2024. Il ne faut pas que le gouvernement perde de vue cet aspect du reversement au profit de ces enseignants. C’est une avancée qu’il faut apprécier mais tant qu’il reste à faire, rien n’est fait, dit-on. Faudrait-il aussi que le gouvernement prenne en compte la doléance de la Cosi-Bénin sur le reversement».
Narcisse Amoussouga, responsable des Ame au Ceg Suru-Léré à Cotonou : « C’est ce que nous attendons depuis »

« Le gouvernement a fait l’effort de penser à nous les Ame. En réalité, ces revendications existaient depuis. Malgré le traitement que le gouvernement nous a infligé, le chef de l’État a pensé à améliorer cette situation. Nous ne pouvons pas dire que la décision prise, n’est pas une décision positive. C’est ce que nous attendons depuis. On a constaté qu’il y a une petite amélioration et nous devons féliciter le gouvernement. Mais notre préoccupation majeure, c’est le reversement. Même si on n’a pas encore trouvé le reversement, au moins il y a une petite amélioration qui nous soulage. Et là, on ne peut que remercier le gouvernement. »
Fiacre Amadjikpè, Ame à l’Epp Tchanhounkpamè, Groupe A : « Le point qui m’a le plus touché, c’est celui des Ame suspendus »

« Je suis Aspirant au métier d’enseignant depuis cinq ans. Le 18 mars 2024, j’ai appris une bonne nouvelle pour nous les Ame. Cela fait chaud au cœur. Je ne peux que remercier le gouvernement et tous ceux qui ont œuvré, en particulier Arnaud Agbohounka, le secrétaire général du Syniadet-Bénin, qui a contribué à cette amélioration. Depuis longtemps, nous étions seuls à mener cette lutte qui ne réussissait pas. Mais quand il s’est mis dans la danse, cela a donné ce que nous sommes en train de voir. Je salue également Apollinaire Affèwé, le secrétaire général de l’Unstb. Le point qui m’a le plus touché, c’est celui des Ame suspendus et qu’on vient de rappeler. Ils se sont sacrifiés pour nous. Ce seul point m’a donné la joie au cœur. Il faudrait qu’ils jouissent du fruit de leurs efforts, parce qu’ils ont lutté pour les douze mois sur douze. Quand les douze mois sont venus maintenant, il faudrait qu’ils en jouissent. Je remercie tout le monde. Je profite de l’occasion pour demander au gouvernement de ne pas oublier notre reversement afin que notre joie soit complète. Il ne faudrait pas que cette joie qu’il nous a donnée, soit une joie éphémère. Il faudrait qu’il pense incessamment à notre reversement».
Antoinette Houessou, Directrice à l’Epp : Tchanhounkpamè : « Je salue ces mesures »

« Je salue ces mesures que le gouvernement a prises concernant ces Aspirants au métier d’enseignant (Ame). En tant que Directrice, je confirme que ce sont des personnes (Ame), qui souffrent beaucoup. Comme le gouvernement même l’a constaté et a ajouté quelque chose à leurs besoins, je le félicite. Je demande au Seigneur de donner encore plus de force au président de la République pour qu’il puisse faire le reste comme le reversement de ces Ame. Cela peut aussi les aider dans leurs besoins quotidiens. Je remercie aussi le gouvernement pour ce qu’il leur fait ».
Dominique Zonon, Ame au Ceg Suru-Léré à Cotonou : « Tous les Ame sont dans l’attente du reversement…»

« Nous allons d’abord rendre grâce à Dieu parce que c’est grâce à lui que tout ceci a été possible. Ensuite, nous allons remercier le chef de l’Etat et tous les différents acteurs de cette batterie de mesures qui ont été prises. On dit que tant qu’il reste à faire, rien n’est encore fait. Donc, tous les Ame sont dans l’attente du reversement, c’est l’objectif final de tous les Ame. Donc, nous demandons au chef de l’Etat de bien encore revoir la situation afin de nous accorder le reversement tant espérer ».
Epiphane Azon, président des parents d’élèves du Bénin : « Nous attendons que les mesures soient effectives »

« Les enseignants, quelque soit leur titre ou grade, tant qu’ils sont soulagés dans leurs engagements, ils se donnent mieux au travail. Nous parents d’élèves, nous ne pouvons que saluer ces mesures prises par le gouvernement pour améliorer les conditions de vie et de travail des Aspirants au métier d’enseignant (Ame). Tant que les Ame sont à l’aise, le rendement s’en ressent. Nous sommes preneurs de l’ensemble desdites mesures et attendons qu’elles soient effectives et que ce ne soit pas dit et attendre longtemps avant l’exécution.Le gouvernement aurait pu les reverser car s’ils sont reversés et deviennent des Agents contractuels ou Agents de l’État, cela leur permettra d’être plus à l’aise pour mieux travailler ; mais lorsque l’avenir n’est pas connu et qu’on va travailler sans un lendemain meilleur, il est clair que le rendement va s’en ressentir. Je profite de l’occasion pour plaider pour le reversement de ces Ame qui, dans tous les cas, font partie de l’effectif des enseignants. Je ne sais pas pourquoi il faut faire une part belle aux enseignants Ace ou Ape et laisser les Ame en rade. ».
Réalisation: La Rédaction




















