(Nourénou Atchadé désigné président pour colmater les brèches)
Alors que le landerneau politique est dominé par l’actualité préélectorale, les leaders du parti Les démocrates sont préoccupés par un autre souci : celui de réorganiser et de repositionner leur formation politique qui est éprouvé depuis quelques mois par une vague de démissions.
Le principal parti de l’opposition béninoise est à la croisée des chemins. Pris de court par la démission de son président et leader charismatique Boni Yayi et après l’échec des tentatives visant à l’amener à reconsidérer sa décision, le parti a tenu, le dimanche 22 mars 2026, un conseil national ordinaire qui devrait explorer les perspectives du parti après son échec aux Législatives et sa disqualification des Communales et de la Présidentielle du 12 avril prochain. Le thème du conseil était assez évocateur de l’ambition du parti de poser les bases de l’avenir de cette formation politique qui traverse l’un des moments les plus difficiles de son aventure politique. « Attachés aux valeurs de démocratie, de justice et de liberté, redynamisons le parti pour redonner espoir au peuple ». De façon précise, cette rencontre cruciale devrait permettre de clarifier la position du parti relativement à la prochaine élection présidentielle. Trois options sont sur la table : soutenir le candidat Romuald Wadagni, appeler à voter pour le challenger de celui-ci Paul Hounkpè ou ne soutenir aucun des deux. Au terme des discussions qui ont duré de longues heures, le parti a décidé de ne soutenir aucun candidat au scrutin du 12 avril. Une posture diversement appréciée mais qui pour beaucoup d’observateurs respecte la ligne du parti.
Nourénou Atchadé aux commandes
La question de la Présidentielle vidée, les délégués ont poursuivi les travaux et ont décidé de pourvoir au poste de président du parti après la démission de l’ex-titulaire de la fonction, Boni Yayi. Sur la question, quelques tensions sont apparues à la surface des échanges, les uns estimant qu’il fallait laisser le président intérimaire Eric Houndété assumer la fonction de président jusqu’au congrès du parti prévu pour octobre prochain. Pour les autres, la question mérite bien d’être étudiée vu qu’aucun texte du parti ne fait obstacle à cette désignation. A en croire le compte rendu fait par le secrétaire administratif du parti, Kamar Ouassangari, une majorité s’est dégagée pour soutenir le candidat Nourénou Atchadé. Ce qui n’a pas été du goût des partisans du camp Houndété qui ont quitté la salle. « En toute souveraineté, le Conseil national a poursuivi les travaux et a désigné le vice-président Nourénou Atchadé comme président du parti », a indiqué le secrétaire administratif qui a précisé que le mandat du nouveau président prendra fin en octobre.
Le défi de la réorganisation
A peine désigné le nouveau président du parti Les démocrates annonce les couleurs. « C’est maintenant que le plus dur commence. Nous devons nous organiser, nous devons nous mettre en ordre de bataille, aller dans les hameaux, dans les villages pour réveiller notre parti, pour remobiliser nos militants parce qu’en matière de militants et en matière d’organisation, nous sommes les meilleurs au Bénin », a-t-il invité. Pour lui, chaque cadre politique du parti doit se sentir concerné par ce défi. Il promet une meilleure organisation du parti. « Je vous invite au travail. Nous sommes des politiques, nous devons agir en politiques en étant très proches de notre population. Nous ferons tout ce qui est de notre pouvoir pour qu’en 20233, nous participions à toutes les élections », a-t-il promis. Un discours hautement politique qui préfigure de la volonté du nouveau président d’être légitimé à la tête du parti lors du congrès d’octobre prochain.
« Houndété n’a pas démissionné »
Réagissant au départ sur fond de colère du vice-président du parti Eric Houndété de la salle où se tenait le Conseil national, Kamar Ouassangari a indiqué qu’il n’a pas démissionné et qu’il demeure le premier vice-président du parti. « Il a assuré en quelques jours l’intérim mais dès l’élection du nouveau président, il reste toujours le premier vice-président du parti », a-t-il clarifié.
Gabin Goubiyi




















