Depuis 2016, le paysage sécuritaire du Bénin a connu une transformation structurelle profonde. Loin des réformes de façade, le gouvernement de Patrice Talon a fait de la sécurité des personnes et des biens, le socle de son Programme d’action du gouvernement (Pag), conscient qu’aucun développement économique n’est possible sans une stabilité durable.
L’acte fondateur de cette nouvelle ère a été la fusion, en 2018, de la gendarmerie nationale et de la Police nationale. Cette décision audacieuse a donné naissance à la Police Républicaine, une force unique chargée de la sécurité intérieure. Son objectif est d’éviter les conflits de compétences et optimiser le déploiement des unités sur toute l’étendue du territoire. Ainsi, on a un commandement unifié qui a permis une réponse plus rapide et plus cohérente face à la criminalité urbaine et rurale. Pour que la sécurité soit une réalité pour chaque citoyen, le gouvernement a investi massivement dans la proximité. Le nombre de commissariats a quadruplé en moins de dix ans. L’ambition affichée est d’atteindre un commissariat par arrondissement, rapprochant ainsi les forces de l’ordre des populations. Le parc automobile de la police a été totalement renouvelé. Des centaines de pick-up, de motos et même des moyens nautiques motorisés ont été déployés pour couvrir les zones les plus reculées et les plans d’eau. Avec des vagues de recrutements massifs (plus de 5 000 agents intégrés récemment), le ratio policier/habitant s’est considérablement amélioré.
Riposte face au terrorisme : L’Opération « Mirador »
Depuis 2021, le Bénin, autrefois épargné, fait face à une incursion croissante de groupes armés terroristes (Gat), principalement dans ses régions septentrionales frontalières du Burkina Faso, du Niger et du Nigéria. Sous l’impulsion de Patrice Talon, le pays a déployé une riposte multidimensionnelle alliant force militaire, investissement social et diplomatie sécuritaire. Le défi majeur de ces dernières années reste la menace terroriste à la frontière Nord. Ici, la stratégie de Patrice Talon est double : Le lancement de l’opération Mirador a permis de sanctuariser le territoire national grâce à une présence permanente des Forces de défense et de sécurité (Fds) dans les zones sensibles. Le gouvernement a compris que la sécurité ne se gagne pas qu’avec des fusils. Des investissements sociaux (accès à l’eau, électricité, éducation) sont injectés dans le Nord pour éviter que les populations vulnérables ne cèdent aux sirènes de l’extrémisme. En 2026, le gouvernement poursuit ses recrutements massifs avec l’appel de 750 nouveaux jeunes pour intégrer les Forces armées béninoises (Fab). Pour pallier l’immensité des parcs nationaux de la Pendjari et du W, l’armée a investi dans la surveillance aérienne et a reçu des équipements de pointe, notamment des drones de combat fournis par la Chine. Signe de la priorité accordée à ce front, le budget de la défense pour 2025 a bondi de 18 %, atteignant 118 milliards de Fcfa. Des experts des Nations Unies saluent l’approche béninoise qui ne se limite pas aux armes. Le gouvernement a compris que la pauvreté est le terreau de l’extrémisme. Pour marquer sa présence, l’Etat mène des actions ciblées dans les communes comme Matéri visent à renforcer les services sociaux de base. Par ailleurs, Bénin offre l’hospitalité aux populations fuyant le Sahel, tout en renforçant les contrôles frontaliers pour éviter l’infiltration de combattants.
Le Bénin n’est plus seul
Conscient de la dimension transfrontalière du péril, Cotonou multiplie les partenariats. En mars 2026, les chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France se sont réunis à Cotonou pour coordonner leurs actions. Les États-Unis ont également fourni plus d’un milliard de Fcfa en matériel militaire fin 2025. Malgré les tensions politiques régionales, des accords de coopération subsistent avec les pays voisins pour permettre un droit de suite limité contre les assaillants. L’année 2025 a été particulièrement sanglante. Des assauts majeurs ont coûté la vie à 28 soldats en janvier 2025, puis à 54 militaires en avril 2025, marquant l’attaque la plus meurtrière de l’histoire moderne du pays. Début mars 2026, une nouvelle attaque a été signalée près de Karimama, à la frontière avec le Niger, prouvant que la menace reste « considérable » selon les observateurs internationaux. En clair, le Bénin mène une course contre la montre pour stabiliser son territoire. Si la montée en puissance de l’armée est indéniable, le défi reste immense face à un ennemi mobile et asymétrique.
Alibori : Le Bouclier social contre l’extrémisme violent
Dans le nord du Bénin, et particulièrement dans le département de l’Alibori, le gouvernement a compris que la réponse militaire ne suffit pas. Pour couper l’herbe sous le pied des recruteurs djihadistes, une série de projets structurants a été lancée pour transformer les conditions de vie des populations locales. Le Programme « Gbéssoké » et le renforcement des filets sociaux a été lancé avec un budget massif. Ce programme vise à sortir les ménages de l’extrême pauvreté. Dans l’Alibori, cela se traduit par des transferts monétaires, des allocations directes aux familles les plus vulnérables pour assurer la scolarisation des enfants. Le microcrédit Alafia qui consiste en un accès facilité au financement pour les femmes et les jeunes entrepreneurs locaux, afin de dynamiser l’économie rurale. L’absence de l’État est souvent le premier argument des terroristes. Pour y remédier, plusieurs localités frontalières ont été raccordées au réseau électrique national ou équipées de kits solaires collectifs et la construction de châteaux d’eau et de forages multi-villages permet de sédentariser les populations et de réduire les conflits liés aux ressources hydriques. L’objectif ultime de ces investissements est de restaurer la confiance entre les populations et l’État. Un citoyen qui a accès à l’eau, à l’école et à un emploi est un citoyen qui devient un allié précieux pour le renseignement et la stabilité du territoire.
Cybercriminalité et les nouveaux fléaux
Sous Talon, la sécurité des biens passe aussi par le numérique. La traque sans merci contre les « Gaymen » (cybercriminels) via l’Ocrc (Office central de répression de la cybercriminalité) a permis de restaurer la confiance des investisseurs et de protéger l’épargne des citoyens. De même, la création de la Criet (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme) a agi comme un puissant levier de dissuasion contre le trafic de drogue et la corruption. En quelques années, le Bénin est passé d’une sécurité réactive à une sécurité préventive et proactive. Si des défis subsistent, notamment le long des frontières poreuses, la volonté politique de Patrice Talon a indéniablement renforcé le sentiment de quiétude chez les Béninois et les investisseurs étrangers.
Sergino Lokossou




















