L’exploitation illégale de l’or continue de faire des victimes dans la Commune de Natitingou. À Koussiguou, dans l’arrondissement de Perma, un nouvel accident tragique vient rappeler les lourdes conséquences de l’orpaillage clandestin et anarchique. Entre explosions, blessés graves et pertes en vies humaines, ce site aurifère s’est progressivement transformé en un lieu de drames répétés.
Dans la nuit du mercredi 05 février 2026, aux alentours de 22 heures, une explosion de dynamite s’est produite dans une mine exploitée illégalement sur la montagne de Koussiguou. D’après les informations recueillies, près d’une trentaine d’orpailleurs se trouvaient sur place au moment de l’incident, engagés dans des activités d’extraction menées sans équipements appropriés ni respect des règles de sécurité. Le bilan provisoire fait état de onze blessés, évacués en urgence à moto vers les centres de santé environnants. L’un d’eux, grièvement atteint, est décédé avant même de pouvoir être pris en charge à l’hôpital. Parmi les dix autres blessés, tous présentent des lésions des tissus mous, avec des degrés de gravité variables. Sept cas sont jugés sérieux, dont un particulièrement critique marqué par une hémorragie sévère et un état de choc. Les trois autres blessés présentent des atteintes moins graves. Grâce à la réactivité du personnel médical, neuf des victimes sont actuellement dans un état stable, tandis que des soins intensifs se poursuivent pour le cas le plus préoccupant. Informées de la situation, les autorités judiciaires et administratives ont rapidement effectué une descente sur les lieux. Le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Natitingou, accompagné du Directeur départemental de l’Énergie, de l’Eau et des Mines de l’Atacora, s’est rendu sur le site afin de procéder aux constats et d’évaluer l’ampleur du drame. Cet accident survient pourtant dans un contexte bien connu des autorités. Le site minier de Koussiguou est officiellement attribué à une entreprise chinoise, et le maire de Natitingou avait récemment sommé les occupants illégaux de quitter les lieux. Malgré ces avertissements, les activités clandestines se poursuivent, en violation de la réglementation et au mépris des dangers encourus. Sur la montagne de Koussiguou, la quête de l’or expose les exploitants à de nombreux risques : effondrements, explosions, maladies respiratoires liées à l’inhalation de poussières, entre autres. Ces dangers permanents continuent de faire des victimes et suscitent une inquiétude croissante au sein des populations locales. Ce nouveau drame met en évidence l’urgence d’une intervention rigoureuse pour mettre fin à l’exploitation illégale du site. Au-delà des pertes humaines, la situation soulève des enjeux liés au respect de l’autorité de l’État, à l’application des décisions communales et à la protection des vies humaines. À Koussiguou, l’or conserve son attrait, mais son exploitation clandestine continue de coûter des vies. Tant que ces activités illégales persisteront, la montagne restera un lieu de danger pour ceux qui, dans l’espoir d’un avenir meilleur, s’exposent quotidiennement à des risques mortels.
Géraud Adoukonou (Br Atacora-Donga)



















