L’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), en collaboration avec le ministère de la Santé, a organisé le mardi 24 février 2026 un atelier de bilan et de capitalisation de la phase pilote du guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances dans les formations sanitaires. La rencontre a été présidée par le directeur général de l’Anip, Aristide Adjinacou, en présence du directeur de l’État civil, Abdon Marius Mikpon’aï, et de la représentante de l’Unicef au Bénin, Julie Dubois et des participants.
Expérimentée du 20 août 2025 au 20 février 2026 dans dix formations sanitaires, cette phase pilote avait pour objectif de rapprocher le service d’état civil des lieux de naissance afin de faciliter l’enregistrement immédiat des nouveau-nés. Dans son allocution, le directeur de l’État civil, a salué une avancée majeure vers l’universalisation de l’identité juridique au Bénin. Selon lui, garantir à chaque enfant un acte de naissance dès les premiers jours constitue un impératif moral, juridique et social. Le guichet unique vise à simplifier les procédures, réduire les délais et assurer l’immédiateté de l’enregistrement des naissances. La phase pilote a permis d’enregistrer des avancées significatives : enregistrement en temps réel, réduction notable des délais d’obtention des actes et amélioration de la qualité et de la fiabilité des données collectées. Il a toutefois souligné la nécessité de poursuivre les efforts, notamment en matière de renforcement des capacités des agents, d’amélioration des infrastructures techniques et logistiques et de sensibilisation des populations.
Un basculement structurel
Dans son discours d’ouverture, le directeur général de l’Anip, Aristide Adjinacou, a insisté sur la portée stratégique de l’initiative. « Nous ne sommes pas réunis pour commenter un projet pilote, mais pour évaluer une réforme structurelle », a déclaré Aristide Adjinacou. Il a rappelé que, ces dernières années, plus de 2,3 millions de naissances ont été déclarées au Bénin, mais moins de 40% ont été effectivement enregistrées dans le système d’état civil, avec un taux inférieur à 25% en 2025. Selon lui, la difficulté était principalement organisationnelle, en raison de la rupture entre la déclaration de naissance et son enregistrement effectif. Six mois après le lancement du guichet unique, le taux d’enregistrement dépasse 75% dans les formations sanitaires pilotes. Plus de 96% des enfants enregistrés disposent également d’une reconnaissance de paternité formalisée. La présentation technique du bilan, assurée par Herbert Assogba, confirme cette progression notable. Avant la mise en place du guichet unique, entre 2021 et 2025, le taux d’enregistrement des actes de naissance était de 21,95%. Entre le 20 août 2025 et le 20 février 2026, dans le cadre de la phase pilote, ce taux est passé à 76,56%. Ces résultats traduisent, selon les responsables, le potentiel transformateur du dispositif pour renforcer la gouvernance administrative et garantir à chaque enfant béninois une identité juridique reconnue dès la naissance.
Léonce Adjévi




















