Au regard des résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale autonome (Céna), samedi 17 janvier 2026, le parti Les démocrates (Ld), principale formation politique de l’opposition, a sérieusement dégringolé par rapport à ses performances aux législatives de 2023. Les discours des ténors de la mouvance présidentielle, invitant les électeurs à suivre le chef de l’État, afin de bénéficier plus des avantages du pouvoir central, y a beaucoup contribué.
Trois députés ont été décrochés par les Démocrates aux Législatives de 2023. Aujourd’hui, ils n’en ont aucun, trois ans après dans les 19ème et 20ème circonscriptions électorales composant le département de l’Ouémé. A première vue, ils peuvent s’en prendre au code électoral qui exige à tout parti un pourcentage de 20% par circonscription électorale, avant d’être éligible à la répartition des sièges. Mais, concernant les Législatives du 11 janvier 2026, les opposants ont pu obtenir au moins 20% dans la 19ème circonscription (Porto-Novo, Sèmè-Podji, Adjarra et Aguégués) où ils avaient décroché deux sièges en 2023. Cette fois-ci, ils ont été largement battus par les deux principales formations politiques de la mouvance (l’Union progressiste le Renouveau et le Bloc républicain) qui ont pu avoir plus de 30% chacun dans la région. Dans la 20ème circonscription électorale (Dangbo, Adjohoun, Missérété, Avrankou et Bonou), les démocrates n’ont obtenu que 10% des suffrages exprimés contre plus de 20% en 2023. Ce qui leur avait permis de lever un siège.
Ceci montre clairement que les populations de l’Ouémé ont opté pour la majorité présidentielle. Comment peut-on expliquer cette volte-face ? Durant la campagne électorale, les candidats de l’Up-R et du Br ont mis un accent particulier sur la nécessité d’accompagner la vision du chef de l’État par un vote populaire à ses partisans pour bénéficier encore plus des réalisations du pouvoir central. A Adjarra, Porto-Novo, Sèmè-Podji et autres, les oeuvres socio-communautaires du régime de la Rupture dans l’Ouémé ont été abondamment citées en exemple. En dehors de cela, l’étouffement des démocrates pendant la campagne électorale en est aussi l’une des causes de la contre-performance de l’opposition radicale dans ce département. Leurs meetings et affiches étaient très rares. Ils ont compté sur un quelconque vote-sanction des populations pour ne pas mouiller le maillot. Enfin, le doute d’obtention des 20% par circonscription électorale par les démocrates a surtout joué sur leurs résultats. Beaucoup de partisans de l’opposition ont préféré voter utile en portant leurs choix sur l’Up-R ou le Br. En clair, les chances du parti Les démocrates étaient déjà très minces avant les législatives.
J. Y. M. (Br Ouémé-Plateau)



















