Portée par l’association Grain de sel, les Rencontres Cinétoons et Kréativ se tiendront du 17 au 21 décembre 2025 à Lokossa avec des activités et une programmation ponctuelle à Agoué et Comè autour du thème : « Quand l’autisme éclaire nos imaginaires ». A quelques jours du lancement du festival, votre journal a ouvert ses colonnes à Joëlle d’Almeida, entrepreneure culturelle et présidente de l’association Grain de sel pour qu’elle lève le voile sur l’événement.
Le Matinal : Les Rencontres Cinétoons et Kréativ. Qu’est-ce que c’est ?
Joëlle d’Almeida : Nous promouvons essentiellement le cinéma d’animation par les Rencontres Cinétoons et Kréativ. Et en même temps que nous donnons priorité à la promotion de cette industrie, nous accompagnons la programmation avec scènes. Donc il y aura de la danse, de la musique, du théâtre et une exposition d’art plastique. D’où les Rencontres Cinétonns et Kréativ.
Quelles sont différentes articulations des Rencontres Cinétonns et Kréativ seront-elles meublées ?
Les Rencontres Cinétoons et Kréativ sont à leur toute première édition et se veut assez ouverte sur trois villes. Nous posons nos valises à Lokossa, Agoué et Comè. Cela, parce que nous sommes partis du constat que dans cette zone, il n’y a pas d’événement artistique, il n’y a pas de festival d’envergure internationale qui est mise sur pied et de façon pérenne dans cette région du Mono. L’association Grain de sel n’est pas en train de vouloir faire un événement identitaire non plus, mais nous sommes dans la démarche de promouvoir notre localité à travers ce que nous savons le mieux faire. La plupart d’entre nous étant déjà entrepreneur culturel coach pour entrepreneur Industrie culturelle et créative (Icc), nous tous heureusement originaires de la localité, avons d’abord voulu faire un événement pour promouvoir le cinéma d’animation à Agoué. Mais après réflexion nous nous sommes demandé pourquoi nous ne faisons pas un événement pour notre Commune, notre localité, puis notre département. Alors nous avons choisi le Mono pour poser nos valises. Cette première édition des Rencontres Cinétoons et Kréativ se tiendra cette année à Lokossa, mais avec une programmation ponctuelle à Comè et à Agoué. Alors Lokossa, nous posons les valises déjà le lundi soir, le mardi nous nous installons et le mercredi nous lançons le festival avec un vernissage d’exposition. Le vernissage a lien avec l’autissement parce qu’il y a six mois, nous avons été invités à un vernissage des œuvres réalisées par des enfants dits extraordinaire. Le déclic est en fait parti de là de vouloir joindre l’art plastique à notre événement parce qu’on a découvert le talent de ces génies. On a compris comment ces enfants extraordinaires pouvaient être très à l’aise avec les couleurs. On a compris comment ils ont de la créativité et on a dit qu’il faut qu’on mettre aussi de la lumière aussi là-dessus. Du coup, les Rencontres Cinétoons et Kréativ édition 2025 a pour thème : « Quand l’autisme éclaire nos imaginaires » parce que nous avons suffisamment été éclairés par ces enfants-là. Aujourd’hui, nous ne parlons que de ça. Nous ne voulons que mettre de la lumière sur ce que ces enfants font. Nous ne voulons pas exposer ces enfants, mais nous voulons exposer leurs génies, leurs créativités, leurs œuvres. Du coup, il y aura le vernissage de quelques tableaux réalisés par des enfants autistes, le vendredi, il y aura la projection de films d’animation en lien avec le thème, parce que notre cible notre cible première pour les Rencontres Cinétonns et Kréativ ce sont les enfants, ce sont les scolaires, ce sont les adolescents.
Les Rencontres Cinétoons et Kréativ seront-elles collées à Lokossa ou bien il s’agit d’une initiative itinérente ?
Le festival sera itinérant, mais restera dans le Mono. C’est-à-dire pour cette première édition, nous posons nos valises à Lokossa avec une programmation ponctuelle dans les autres villes. L’édition 2026 ira poser ses valises à Agoué avec des activités et programmation ponctuelle dans les deux autres villes. L’édition 2027 quant à elle sera à Comè toujours avec le village du festival basé à Comè et les activités ponctuelles dans les autres villes. Ce qui fait que notre événement sera édité de façon itinérante sur les trois premières années avec le même thème : « Quand l’autisme éclaire nos imaginaires » parce que nous aurons sur trois années essentiellement développé ce thème, surtout sensibilisé les enfants dits normaux pour que le regard désormais change envers les enfants extraordinaires. Donc les Rencontres Cinétoons et Kréativ sont itinérantes, mais de villes en villes par année. Du coup, nous ferons le lac (Lokossa-Agoué-Comè) peut-être en 2028 on verra, qui sait si des sponsors nous appelleront ailleurs pour d’autres thèmes ou bien pour développer d’autres créativités. Mais pour le moment, on est posé chez nous dans le Mono.
Des artistes confirmés seront-ils à ce festival ?
On dit une mission, des hommes et des moyens. Pour cette première édition, l’association Grain de sel que je préside fonctionne sur ces fonds propres. Nous sommes une association à but non lucratif. Nous existons depuis 2008 et il y a eu des périodes où nous n’avons pratiquement pas eu d’activités parce que nous n’avons pas eu les reins suffisamment solides financièrement pour se lancer. Si nous tenons les Rencontres Cinétonns et Kréativ pratiquement vers la fin de l’année 2025, c’est justement parce que nous avons pris du temps pour chercher un peu de moyens. Le peu de moyens dont nous disposons ne nous permet pas pour cette première édition d’inviter des créateurs de bande dessinée puisque à la base, les masterclass, les ateliers et autres qui seront animés pendant le festival par des réalisateurs de bande dessinée, des animateurs studios 2D, 3D, des portraitistes. Pour avoir donc avec nous ces techniciens du cinéma d’animation il y a des préalables, des contrats qu’il faut signer, des accords qu’il faut passer. Donc nous avons essayé de réunir le peu de moyens qu’on pouvait pour travailler d’abord nos talents béninois parce qu’il existe des talents béninois dans le cinéma d’animation. Ils sont formés par l’école française Gobelain à Sèmè City. La plupart de nos créateurs, réalisateurs dont nous allons projeter les œuvres sont tous issus de l’école Gobelain de Sèmè City. Ils sont tous formés peut-être sur le tas, ou bien à l’école, mais nous avons décidé de mettre la lumière sur ces talents, sur ces techniciens de l’industrie du cinéma d’animation qui existe au Bénin. La prochaine édition a déjà son plan sur l’international et nous espérons qu’après avoir lancé cette première édition les yeux verront, les oreilles entendrons et que les poches et les enveloppes tomberont sur nous pour que nous puissions vraiment nous projeter sur une édition vraiment ouverte sur l’internationale en 2026.
Quel est selon vous la partition de l’Etat pour que le cinéma d’animation prenne véritablement son envol ?
L’Etat béninois accompagne déjà le cinéma tout court. C’est aux acteurs de l’industrie du cinéma d’animation de s’organiser, de se fédérer pour mettre sur orbite leurs génies, leurs créativités. Parce que quand leur travail sera montré, démontré, je pense que plus rien n’arrêtera cette industrie. L’Etat même s’y mêlera. Il y aura que le résultat de leur travail qui amènera l’Etat à se dire Oui ! Il y a de la valeur ajoutée ici, nous achetons.
Un message à l’endroit des sponsors, des mécènes ?
Oui. Nous avons déjà fait le grand pas en nous jetant à l’eau, en lançant cet événement pour mettre de la lumière les techniciens, les acteurs, les artistes du cinéma d’animation. Alors, avis aux sponsors, aux mécènes aux personnes de bonne volonté : les Rencontres Cinétoons et Kréativ portées par l’association Grain de sel, une association béninoise à but non lucratif, venez à notre secours, levez-vous suivez nous sur nos réseaux sociaux, suivez-nous sur la toile. Les Rencontres Cinétoons et Kréativ éditions 2025 sont lancées et nos contacts sont ouverts. Vous pouvez nous contacter quand vous voulez, nous sommes disponibles et nous n’avons pas les mains tendues mais nous sommes disponibles pour accepter n’importe quelle main qui s’ouvre à nous.
Propos recueillis par Odi I. Aïtchédji




















