Au Bénin, la pré-rentrée scolaire pour l’année scolaire 2026-2027 est prévue du lundi 7 au vendredi 11 septembre 2026, conformément au calendrier officiel. La reprise effective des cours aura lieu le lundi 14 septembre 2026 dans les enseignements maternel, primaire, secondaire général et technique. À quelques jours de cette échéance, chacun s’active pour être au rendez-vous.
Après plusieurs semaines de vacances, le retour à l’école se précise. Dans les familles, les achats s’achèvent, les uniformes sont préparés et les dernières décisions concernant les établissements sont prises. Du côté des écoles, l’organisation se met progressivement en place. Pour les élèves, cette période est aussi marquée par des sentiments partagés. Certains ont hâte de retrouver leurs camarades. D’autres abordent la reprise avec quelques appréhensions. En classe de première dans une école française, Marvyn Ouensou se dit « un peu intrigué de savoir comment l’année va se passer ». Il aurait souhaité prolonger les vacances, durant lesquelles il a notamment consacré du temps au basketball. Ses fournitures sont déjà en préparation. Après avoir obtenu son brevet français l’année dernière, il vise désormais son « Proba », qu’il présente comme son pré-bac. Il compte aussi améliorer son niveau en français. De ses enseignants, il espère surtout « qu’ils soient patients avec nous, pas trop sévères et un peu drôles ». Erika Yamadjako, élève en classe de quatrième au Collège privé d’enseignement général protestant d’Akpokpota, ressent également un peu de stress, mais se réjouit de reprendre les cours. Elle a mis à profit les vacances pour suivre des cours de renforcement. Son uniforme et ses fournitures sont déjà prêts. Elle ambitionne de figurer parmi les dix premiers de sa classe et de passer en classe supérieure avec une bonne moyenne. Les mathématiques et l’informatique figurent parmi ses principales priorités. « Je souhaiterais que les enseignants soient plus patients et compréhensibles envers les élèves », confie-t-elle. En troisième au collège catholique Père Planque de Cotonou, Davina Ahouandjinou se dit « stressée et enthousiaste ». Son objectif est clair ; celui de décrocher le Brevet d’études du premier cycle (Bepc) avec la mention très bien. Elle souhaite également progresser en histoire et en géographie. Pour y parvenir, elle demande aux enseignants de mieux expliquer les cours et de faire preuve de patience. Aux autres élèves, elle recommande « d’être plus concentrés et d’être attentifs en classe». Daniel Zankpo, qui a obtenu son Bepc cette année, s’apprête à entrer en seconde. Il a commencé à réunir ses fournitures et travaille à retrouver un rythme de sommeil adapté. Malgré quelques appréhensions, il attend avec impatience la découverte de nouvelles matières et les retrouvailles avec ses amis. Pour lui, réussir à l’école représente aussi une manière de remercier ses parents pour leurs sacrifices. « Réussir est ma seule façon de les récompenser pour leurs efforts», a-t-il affirmé.
Les parents face aux dépenses de la rentrée
Pour les parents d’élèves, la rentrée scolaire implique aussi une organisation financière. Entre les frais de scolarité, les fournitures, les uniformes et les autres besoins, la facture peut rapidement s’alourdir. Hermann Ahouassou, parent d’élèves, estime que les préparatifs avancent bien, même si tout n’est pas encore terminé. Sa principale préoccupation cette année concerne le choix de l’établissement, sa famille envisageant de changer d’école pour ses enfants. Son budget de rentrée s’élève à 400 000 francs Cfa pour ses deux enfants. Il attend d’eux « le succès et l’excellence ». À ses yeux, les parents doivent fournir les moyens nécessaires à la scolarité, mais aussi accompagner leurs enfants au quotidien. Il recommande notamment de suivre leur travail, de limiter le temps passé devant la télévision et de les encourager à lire. Un autre parent, qui a requis l’anonymat, avance-lui aussi progressivement. Une partie des fournitures est déjà achetée, mais les chaussures et certains documents scolaires restent à acquérir. « La principale difficulté reste le coût élevé des fournitures et des autres dépenses liées à la rentrée », explique-t-il. Sa famille a prévu environ 150 000 francs de Cfa pour l’ensemble des dépenses. Pour tenir son budget, il a établi une liste pour chaque enfant et classe les achats selon leur degré de priorité. Les besoins essentiels sont réglés en premier, tandis que les autres dépenses sont échelonnées. Il souhaite que ses enfants soient « sérieux, disciplinés et réguliers dans leur travail ». La réussite, selon lui, ne se limite toutefois pas aux notes. Il estime que les enfants doivent également apprendre à prendre des responsabilités. Il conseille donc aux familles d’anticiper les achats et de tenir compte de leurs moyens. « La réussite scolaire est un travail qui se fait ensemble, avec l’enfant, les parents et l’école », souligne-t-il. Dorine, parent de trois élèves, compose elle aussi avec les réalités économiques du moment. Malgré la cherté de la vie, elle estime que les préparatifs avancent. « Tout n’est pas encore prêt. Mais l’essentiel est fait », explique-t-elle. Pour ses trois enfants, plusieurs centaines de milliers de francs Cfa sont nécessaires, en prenant en compte la scolarité et les fournitures. La famille a commencé par régler les premières tranches de scolarité, la cantine du premier trimestre et les fournitures. « Cela permet de démarrer la rentrée en toute quiétude », a-t-elle souligné. Pour Dorine, l’accompagnement ne s’arrête pas aux dépenses. Elle souhaite que ses enfants soient « assidus en classe, studieux » et espère surtout leur réussite. Elle invite les parents à veiller à leur santé, à organiser les devoirs et les tâches à la maison et à instaurer de bonnes habitudes de travail. Le sommeil occupe également une place importante dans son approche. Elle recommande aux parents de veiller à ce que les enfants se couchent tôt afin de mieux récupérer. Elle insiste par ailleurs sur le soutien psychologique, qui peut aider les élèves à rester motivés et à donner le meilleur d’eux-mêmes. Dorine invite enfin les parents chrétiens à prier avec leurs enfants. Aux autres familles, elle adresse un message de courage et les encourage à rester présents à leurs côtés tout au long de l’année.
Des enseignants préoccupés par leurs conditions
Les enseignants se préparent également à retrouver leurs classes. Pour certains, cette rentrée scolaire reste cependant teintée de préoccupations professionnelles. Odilon Djossou, enseignant du secondaire et Aspirant au métier d’enseignant (Ame), évoque un climat « d’inquiétude, d’anxiété et d’incertitude ». Il cite les difficultés liées au statut des Aspirants au métier d’enseignant, aux conditions financières et à l’absence de prime de rentrée. À son avis, les conditions de travail influencent directement la qualité de l’enseignement. « L’enseignant donne le meilleur de lui-même quand lui-même, est dans de meilleures conditions de vie », estime-t-il. Il appelle également les parents à prendre une part active dans le suivi scolaire. Inscrire un enfant à l’école ne suffit pas, selon lui. Il faut aussi lui donner les moyens de travailler, suivre ses progrès et maintenir un dialogue régulier avec les enseignants.
Les établissements finalisent les derniers réglages
Dans les établissements, les derniers préparatifs se poursuivent. À Ouessè, Fambo Djagnon Charles, directeur du Collège d’enseignement général (Ceg) Ikemon, assure que son établissement est prêt à accueillir les élèves. « Nous sommes fins prêts pour recevoir les apprenants, anciens comme nouveaux », affirme-t-il. Les salles de classe ont été nettoyées et identifiées. Les emplois du temps sont également établis. L’établissement a pris des dispositions pour faciliter les inscriptions, notamment celles des élèves admis au Certificat d’études primaires (Cep) qui feront leur entrée en sixième. Le responsable invite les parents à fournir aux enfants les documents et fournitures nécessaires. Il encourage également les élèves à reprendre le chemin des classes avec sérieux. Aux enseignants, il demande rigueur et engagement, rappelant que la préparation des cours et la correction des évaluations nécessitent un investissement important.
Le maintien des élèves à l’école reste un défi
La question de la persévérance scolaire demeure une autre préoccupation, notamment en milieu rural. Dans son établissement, Fambo Djagnon Charles relève le phénomène des abandons scolaires. Les difficultés d’insertion professionnelle et certaines influences extérieures peuvent, selon lui, peuvent décourager les apprenants. Il plaide donc pour une sensibilisation régulière des jeunes. Il insiste également sur le rôle des parents dans la prévention du décrochage. Ceux-ci doivent suivre le travail scolaire, fournir les ouvrages nécessaires et maintenir un contact régulier avec l’établissement. Montanh Mahoudéka Rodoine, enseignant et secrétaire général national du Creuset national des aspirants au métier d’enseignement (Cname), défend lui aussi une collaboration plus étroite entre l’école et la famille. Les parents doivent suivre régulièrement les études de leurs enfants, leur offrir un environnement propice au travail et échanger avec les enseignants. Ils doivent également leur transmettre « des valeurs de discipline, de respect et de persévérance ». De leur côté, les élèves sont appelés à faire preuve d’assiduité, de concentration et de sérieux dès le début des cours. Comme le résume Odilon Djossou, « au bout de l’effort, il y a toujours de la réussite ».
Léonce Adjévi

















