La campagne présidentielle au Bénin se poursuit. À Cotonou, la présence de Diamonskelly, de son vrai nom Kelly Da Matha Sant Anna, ne passe pas inaperçue. Venue spécialement de la région parisienne, l’influenceuse a choisi de s’engager publiquement en faveur du candidat Romuald Wadagni.
Figure montante des réseaux sociaux, Diamonskelly s’est imposée grâce à ses contenus humoristiques, inspirés du quotidien et portés par un ton authentique qui séduit une large communauté. À 31 ans, elle incarne cette génération connectée, capable de faire le lien entre la diaspora et les réalités locales. Son retour au pays, en pleine période électorale, n’est pas anodin. Il traduit une volonté assumée de peser dans le débat public, au-delà du simple divertissement. Installée en Île-de-France où elle exerce comme chargée d’assistance, l’influenceuse met désormais sa notoriété au service d’un engagement politique qu’elle revendique. Son parcours, marqué par un passage en Espagne pour ses études jusqu’au baccalauréat, lui confère une ouverture internationale qui renforce son positionnement. Trilingue, elle s’adresse à une audience diversifiée, élargissant ainsi la portée de ses prises de parole. À travers son soutien à Romuald Wadagni, Diamonskelly entend mobiliser, notamment la jeunesse et les Béninois de l’extérieur, souvent perçus comme des acteurs clés mais encore sous-exploités dans les processus électoraux. Son implication illustre une tendance de fond : l’entrée progressive des influenceurs dans l’arène politique. Dans une campagne où la communication digitale joue un rôle de plus en plus déterminant, des profils comme celui de Diamonskelly redéfinissent les contours de l’engagement citoyen. Reste à savoir si cette mobilisation venue de la diaspora aura un impact réel dans les urnes. Une chose est sûre : la présidentielle de 2026 confirme que la bataille se joue aussi sur les réseaux sociaux.
Joël Samson Bossou
Le Matinal du 1er septembre 2022




















