Du 7 au 10 juillet 2026, les communes de Gogounou et de Pèrèrè ont accueilli des ateliers de formation et d’installation de mécanismes d’alerte précoce et de réponse rapide. Initiée par le Programme des nations unies pour le développement (Pnud) avec l’appui financier de la Norvège, cette démarche vise à outiller les acteurs locaux pour anticiper les menaces sécuritaires et préserver la cohésion sociale dans la partie septentrionale du pays.
Les zones frontalières du nord du Bénin connaissent des défis sécuritaires importants. Autrefois préservée, la sous-région fait désormais face à l’avancée de la criminalité transnationale et de l’extrémisme violent en provenance du Sahel et des pays limitrophes. Les départements de l’Alibori et du Borgou, de par leur position géographique stratégique, se retrouvent exposés à des tensions et à des incursions complexes qui fragilisent le tissu social local. Pour contrer ces vulnérabilités, l’accent est mis sur la consolidation de la sécurité communautaire grâce à l’implication directe des populations à la base. La mise en place de ces nouveaux Systèmes locaux d’alerte précoce (Slap) et des Comités communaux de paix s’inscrit dans la deuxième phase du projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le corridor atlantique. Ce programme, soutenu financièrement par la Norvège, prolonge les interventions déjà menées dans d’autres municipalités septentrionales afin d’unifier la couverture sécuritaire préventive. À Gogounou comme à Pèrèrè, le processus a mobilisé une diversité d’acteurs locaux incluant des autorités municipales, des chefs traditionnels, des responsables des forces de sécurité, ainsi que des représentants d’associations de producteurs, d’éleveurs, de femmes et de jeunes.
Des compétences accrues pour la gestion pacifique des tensions
Animés par des experts du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique, notamment du Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme, ces travaux de deux jours par commune ont permis de doter les participants d’outils techniques indispensables. Les modules théoriques et pratiques ont porté sur la détection des signaux précurseurs de crise, la compréhension des dynamiques terroristes, les techniques de médiation sociale et les procédures sécurisées de transmission des alertes communautaires.
Une feuille de route opérationnelle pour les nouveaux comités
Au-delà de l’apprentissage théorique, les sessions collectives ont abouti à un diagnostic précis des forces, faiblesses, opportunités et menaces propres à chaque arrondissement en matière de cohabitation pacifique. Les participants ont élaboré des plans d’actions à moyen terme adaptés aux réalités de leurs territoires respectifs. L’installation officielle de ces membres marque le point de départ d’une surveillance active et d’un dialogue permanent, garantissant une meilleure réactivité face aux risques de déstabilisation communautaire.
Abdourhamane Touré

















