Initié depuis quelques années par L’espace culturel Le Centre, le programme de projection des films en rapport avec l’Afrique « Wa Cinéma » était à son nouveau numéro le vendredi 06 mars 2026. Pour la circonstance, c’est l’œuvre « Djibiti 2 » de Oncle Bazar et Prince Ogoudjobi qui a été projetée au public et suivie d’une discussion avec les acteurs.
Un mois après la projection de la première partie du film « Djibiti », les amateurs du septième art ont eu droit à la seconde partie vendredi dernier dans les locaux de l’espace culturel Le Centre. Longue de 90 minutes, cette production de Oncle Bazar et Prince Ogoudjobi mettant en lumière divers faits de société avec humour a été réalisée au Nigéria et au Bénin en 2008. Selon le synopsis de « Djibiti 1 », « Oncle bazar, est un escroc qui se fait passer pour un homme d’affaires. Sa famille, sa mère en particulier, le soutient dans ses magouilles. Sa victime est un Européen, Laurent Leblanc. Pour parachever son escroquerie, il simule sa mort et disparaît à Abuja (Nigéria) chez son ami Shègoun. Il y séduit une femme d’affaires qui travaille dans la vente des produits pétroliers. Elle l’associe à ses affaires et propose de faire de lui un El hadj ». Dans « Djibiti 2 », l’affaire d’escroquerie que l’on croyait close refait surface avec d’autres rebondissements. Ce long-métrage replonge les cinéphiles dans l’affaire d’escroquerie impliquant Akim, alias Bazarou et Bazar, accusé d’avoir soutiré 300 000 euros à la femme d’affaire nigériane El Hadja Shadé. Traqué par les polices béninoise et nigériane puis par Interpol, il est arrêté au Bénin avant d’être extradé vers le Nigeria. Entre troubles judiciaires, grossesse inattendue de la plaignante et batailles d’avocats, jusqu’à la libération spectaculaire de Bazar, ce film révèle les réalités des sociétés africaines. Selon le producteur Jean-Paul Amoussou alias Oncle Bazar, le film « Djibiti » est inspiré des faits réels et vrais. Sorti en 2008, il a connu un succès international et s’est imposé comme une œuvre marquante du cinéma béninois, ce qui représente une fierté pour toute l’équipe de production. « A travers cette œuvre qui a duré dans le temps, je voudrais, d’une part, montrer la réalité de certaines familles, et d’autre part mettre en exergue que lorsqu’on vit dans le faux, on finit par faire face à ces difficultés qui sont comme des règlements de compte de la nature », a expliqué Oncle Bazar tout en ajoutant que l’amour finit toujours par triompher dans toute situation. Selon le réalisateur Prince Ogoudjobi, les conditions de tournage de l’œuvre au Nigéria étaient peu ou prou contraignantes. « J’aime les productions de qualité. Savoir que le film cristallise toutes les attentions 18 années après sa sortie est un satisfécit personnel. Je voudrais inviter la jeune génération à s’en inspirer pour faire des œuvres qui durent dans le temps », a-t-il insisté. Au dire de Berthold Hinkati, Directeur général de l’espace culturel Le Centre, le programme « Wa Cinéma » vise à raviver la flamme du cinéma africain dans la commune d’Abomey-Calavi et environs. « Pour chaque projection, nous rassemblons plus d’une centaine de personnes. Le film Djibiti n’a pas fait exception et a drainé du monde même après 18 ans. Cela prouve que notre objectif est atteint et les amateurs du cinéma prennent du goût aux réalisations », a laissé entendre Berthold Hinkati. La projection a été suivie d’une discussion avec les acteurs dont Oncle Bazar, Dotun Emmanuel, Prince Yadjo, Delphine Aboh et le réalisateur Prince Ogoudjobi. D’autres projets cinématographiques se profilent à l’horizon.
Mohamed Yasser Amoussa




















