La lutte anti-vectorielle est un pilier essentiel de la santé publique, visant à contrôler et éradiquer les vecteurs responsables de maladies infectieuses comme le paludisme. Germain Gil Padonou, enseignant chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, évoque leurs défis et enjeux.
La lutte anti-vectorielle, malgré les efforts soutenus à travers le monde, est confrontée à de nombreux défis. Selon Germain Gil Padonou, enseignant chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, l’évolution rapide des vecteurs, notamment les moustiques, a conduit à une résistance accrue aux insecticides, rendant les méthodes traditionnelles moins efficaces. Pour lui, les changements climatiques et environnementaux exacerbent ce problème en créant des conditions favorables à la prolifération des vecteurs, augmentant ainsi les risques d’épidémie. Le financement insuffisant et les ressources limitées constituent un autre défi majeur. « Les programmes de lutte anti-vectorielle nécessitent des investissements importants pour la recherche et le développement de nouvelles technologies », préconise-t-il. Malgré ces obstacles, de nouvelles technologies et des approches intégrées offrent des perspectives prometteuses. L’utilisation de moustiques génétiquement modifiés ou infectés par la bactérie Wolbachia, qui empêche la transmission de certains virus, représente des avancées significatives. Les approches intégrées combinant l’utilisation de moustiquaires, de pulvérisations, de gestion environnementale et de sensibilisation communautaire montrent des résultats prometteurs dans la réduction des maladies à transmission vectorielle. Pour relever ces défis, il est essentiel, propose le chercheur, de promouvoir la recherche et l’innovation, d’assurer un financement adéquat, et de développer des stratégies de contrôle adaptées aux contextes locaux. « Dans ce contexte, il faut faire du réchauffement climatique une priorité et prendre un certain nombre de décisions au plan politique et au plan communautaire », a-t-il conseillé.
E. V. (Coll)

















