Le Conseil communal et le secrétariat exécutif de la Commune d’Abomey ont procédé, le jeudi 11 juillet 2024, à la maison des jeunes de la localité, à une reddition de comptes des quatre dernières années de gestion à la tête de la Mairie. Un exercice qui a permis de se relancer par rapport aux défis qui restent à relever.
Très attendus par la population, le Conseil communal et le secrétariat exécutif de la Commune d’Abomey ont enfin fait leur reddition de comptes. Dans une salle clairsemée, le maire, entouré de son secrétaire exécutif et des élus communaux, a exposé dans les moindres détails, les réalisations effectuées en termes d’infrastructures sociocommunautaires dans les différents secteurs de la vie courante. De l’éducation à la santé en passant par l’aménagement, l’assainissement urbain et l’économie locale, des efforts substantiels ont été faits selon le secrétaire exécutif. «Sur cette période mise en revue, la population d’Abomey, appuyée par l’Etat central, a consenti un investissement d’environ un milliard cinq cent millions dans la réalisation de toutes ces infrastructures », a précisé Serge Mèlonou Koudjo. Pour Cyr Libasto Adjadémè, chef du quartier Doguèmè, l’exercice auquel la population a été soumise ne cadre pas avec les textes qui régissent la décentralisation. «C’est la première fois en quatre ans que ce Conseil communal vient de faire une reddition de comptes, un exercice que la loi sur la décentralisation exige qu’il soit fait au moins deux fois dans un an. Cette reddition de comptes était attendue par la population depuis plusieurs années. Ce n’est pas un sentiment de joie qui m’anime », a-t-il déclaré. Le maire d’Abomey, Antoine Djédou, le reconnait, mais avec quelques nuances. «Nous avons organisé cette cérémonie parce que les gens disent que le Conseil communal n’a jamais fait une reddition de comptes depuis quatre ans. C’est vrai que nous n’avons jamais fait une reddition de comptes de cette envergure mais chaque année, le Conseil communal fait le point de ses réalisations », s’est défendue l’autorité locale. En dépit de leur courage à présenter le bilan exhaustif des actions menées, le chef du quartier Doguèmè est resté sur sa faim. «Ce Conseil n’a pas du tout contribué au développement de la ville », s’est-il désolé. A en croire ses propos, la mobilisation des ressources propres est faible et les efforts sont en deçà des attentes. «Vous avez vu la salle est déserte parce que la population s’attendait à un bilan médiocre qui ne convainc pas», a dénoncé Cyr Libasto Adjadémè. Après une analyse minutieuse des chiffres avancés par le secrétariat exécutif, il a estimé que le Conseil communal doit revoir sa politique de développement de la ville historique pour les deux prochaines années parce que la population attend beaucoup de ce Conseil communal. Il lui recommande d’accorder plus de priorité à l’investissement en renforçant la mobilisation des ressources propres. Le secrétaire exécutif a trouvé que cette analyse est biaisée. « Nous avons constaté que d’année en année, les efforts de mobilisation des ressources propres sont en croissance. Nous souhaitons que cette croissance se poursuive », a plutôt soutenu Serge Mèlonou Koudjo. En termes de perspective, le Conseil communal pense renforcer le tourisme à travers la réhabilitation de la place Goho, vitrine de la Commune pour en faire une infrastructure complémentaire. Il a saisi l’occasion pour sensibiliser la population sur la nécessité de maintenir les infrastructures déjà dans un état d’utilisation conforme à leur destination.
Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)

















