En une décennie, le Bénin a engagé une transformation notable de son réseau routier. Porté par une politique d’investissements soutenus dans les infrastructures, le pays a vu émerger de nouveaux axes modernes et la réhabilitation de nombreuses routes stratégiques. Entre 2016 et 2026, plus de 3000 kilomètres de routes ont été construits et mis en service, contribuant à améliorer la mobilité des populations et à renforcer la dynamique économique sur l’ensemble du territoire.
Il y a encore quelques années, se déplacer d’une localité à une autre au Bénin relevait souvent du parcours du combattant. Le réseau routier, fortement dégradé dans plusieurs régions, était parfois inadapté, voire inexistant dans certaines zones. Cette situation rendait les déplacements longs, difficiles et risqués. Dans la partie septentrionale du pays notamment, rallier certaines villes constituait un véritable défi. Par exemple, effectuer le trajet entre Malanville et Parakou pouvait nécessiter cinq à six heures de route, dans des conditions souvent éprouvantes. L’état dégradé des voies favorisait par ailleurs la multiplication des accidents de circulation. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon en 2016, d’importants efforts ont été engagés pour moderniser et étendre les infrastructures routières du pays. Plusieurs chantiers d’envergure ont été lancés, permettant la construction et la réhabilitation de centaines de kilomètres de routes. Aujourd’hui, les axes reliant les grandes villes du pays de Cotonou à Porto-Novo, en passant par Parakou, Djougou, Kandi, Banikoara ou encore Malanville, ont connu d’importants travaux de modernisation qui redessinent progressivement la carte routière nationale. Au total, plus de 1 737 kilomètres de routes ont été construits et livrés depuis 2016, tandis que plus de 1 132 kilomètres supplémentaires sont actuellement en cours de réalisation. Ces investissements ont sensiblement amélioré la fluidité du trafic et réduit considérablement les temps de parcours, permettant désormais de rallier des localités éloignées dans des délais beaucoup plus courts et dans de meilleures conditions de sécurité. Parmi les infrastructures réalisées figurent notamment : l’axe Wadon-Adjarra-Médédjonou-Porto-Novo, long de 18,5 kilomètres ; la route Natitingou-Boukoumbé-Korontière, d’une distance de 60 kilomètres ; l’axe Akpro-Missérété-Pobè-Obèlè-Frontière Nigéria, long de 66,4 kilomètres ; la route Pobè-Adja-Ouèrè-Ouinhi, qui s’étend sur 22,6 kilomètres ; l’axe Adounko- Porte du Non-Retour, sur 23 kilomètres ; la route N’Dali-Nikki, longue de 55,409 kilomètres ; l’axe Nikki-Kalalé, d’une distance de 47,531 kilomètres ; la route Sinendé-Guessou Sud, sur 59,1 kilomètres ; l’axe Banikoara-Kérémou-Frontière du Burkina Faso, long de 53,60 kilomètres. Ces infrastructures sont réalisées selon des standards modernes et font l’objet d’un suivi technique rigoureux. Elles contribuent non seulement à améliorer la circulation des personnes et des biens, mais aussi à stimuler la productivité et à renforcer la rentabilité des activités économiques et génératrices de revenus.
Des ambitions renforcées pour 2026
Pour l’exercice budgétaire 2026, le ministère du Cadre de vie et des transports a bénéficié d’une dotation de 455,764 milliards de francs Cfa, contre 359,881 milliards de francs Cfa en 2025, soit une progression de 26,64 %. Ce budget est destiné, entre autres, à poursuivre la modernisation du réseau routier et à développer un système de transport multimodal plus performant. Le secteur des infrastructures de transport concentre à lui seul 161,385 milliards de francs Cfa, représentant 35,41 % du budget du ministère. Le gouvernement accorde une importance particulière à la qualité des infrastructures routières, avec pour ambition de relier l’ensemble des 77 chefs-lieux de communes du Bénin par des routes revêtues. À ce sujet, le ministre du Cadre de vie et des Transports, José Tonato, chargé du Développement durable, a indiqué lors de la présentation du projet de budget 2026 devant le Parlement que le projet affiche déjà un taux de réalisation de 98 %, laissant entrevoir l’atteinte de cet objectif avant la fin du mandat en cours. Par ailleurs, plusieurs projets structurants sont annoncés pour les prochaines années. Il s’agit notamment du projet de contournement nord, dont les travaux devraient démarrer cette année, ainsi que du dédoublement des corridors routiers Est et Ouest, reliant la frontière de Hillacondji à celle de Sèmè-Kraké. Le gouvernement prévoit également le dédoublement du corridor Nord-Sud, qui reliera Cotonou à hauteur de Dassa-Zoumé, une initiative destinée à renforcer la fluidité du trafic et à soutenir davantage les échanges économiques à l’échelle nationale et sous-régionale.
Gabin Goubiyi

















