La rencontre le mardi 26 avril 2022, entre le président Patrice Talon et les leaders syndicaux, a laissé entrevoir des lendemains heureux pour les travailleurs béninois. Sauf que, avec l’impatience dont certains font montrent, dans un contexte international compliqué, les choses peuvent à tout moment capoter.
« On n’a pas attendu la guerre en Ukraine avant d’augmenter les salaires politiques ». C’est l’une des réactions syndicales un peu déplacées et carrément contre-productives qu’on a entendues après les négociations gouvernement-syndicats. Un autre leader syndical dans une confusion totale, arguait dans une comparaison maladroite, qu’en Côte d’Ivoire, on n’a pas attendu la crise russo-ukrainienne pour annoncer la revalorisation des salaires. C’est un peu de la « naïveté » politique, sinon un manque d’honnêteté. Puisque le président de la République n’a pas attendu que les syndicats descendent dans la rue, ou lancent les grèves perlées avant de les inviter la table de négociation. Certes, la surenchère fait partie de la stratégie et des méthodes de négociation. Mais dans le contexte actuel, il faut savoir raison gardée. Et ce, pour plusieurs raisons. Premier élément et pas des moindres, l’attitude du président Patrice Talon, l’empathie et la sincérité affichée lors de la rencontre, mais surtout sa détermination à voir évoluer positivement les conditions de vie des travailleurs. « J’aimerais partager avec vous ce sentiment de tristesse qui est le mien en ces temps-ci où nous pensions que l’annonce des relèvements des salaires, l’annonce des recrutements que nous allons opérer, et qui pour certains, ont démarré. Je suis un peu triste que cela arrive dans une période très difficile pour les Béninois et Béninoises, dans un contexte mondial difficile où les prix ont explosé en raison de la pandémie de la Covid-19 puis maintenant la guerre en Ukraine. Et vous savez très bien que les conséquences de cette guerre sont identiques à celles de la guerre mondiale. Aujourd’hui, les populations, où qu’elles soient, même dans les villages les plus reculés du monde, subissent les conséquences de cette guerre. Tout a explosé. Pas seulement les produits importés manufacturés, même la production locale », a-t-il notamment déclaré. Propos profonds, teintés d’amertume, et en rien populistes. Par ailleurs, tous les économistes l’admettent, partout où un gouvernement augmente les salaires en période d’inflation, cela peut provoquer une explosion des coûts de tous les produits. C’est pourquoi il faut trouver la bonne formule avant d’agir.
Wilfrid Noubadan



















