Au terme d’une sélection rigoureuse, 116 évaluateurs externes en sécurité des patients intègrent le pôle national pour transformer le système de santé béninois. Érigés en « conscience » du secteur par le ministère de la Santé et soutenus par la Présidence de la République, ces experts de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) auront pour mission d’évaluer de manière objective la qualité effective des soins délivrés aux citoyens. La cérémonie de clôture de la formation de la deuxième cohorte des évaluateurs de la sécurité des patients pour le Bénin a eu lieu à Cotonou le vendredi 17 juillet 2026.
C’est l’aboutissement d’un parcours intense et d’une sélection exigeante. Initialement 180 professionnels sur la ligne de départ, ils sont finalement 116 à avoir franchi les étapes théoriques et pratiques d’une formation de cinq jours dédiée à la sécurité des patients. Officiellement investis, ces professionnels rejoignent le pôle national d’évaluateurs externes. Pour le gouvernement, qui conduit depuis plusieurs années une transformation profonde du secteur, ce déploiement marque le passage concret d’une médecine de moyens à une logique de résultats, où chaque acte médical se doit d’être sûr, de qualité et respectueux de la dignité humaine.
Pour Aristide Talon, conseiller à la santé à la Présidence de la République, la naissance de ce corps d’évaluation marque la concrétisation d’un engagement de grande envergure. « C’était l’agenda politique de grande envergure, qui était de pouvoir donner à notre pays, à nos concitoyens, une offre de soins de qualité et accessible ». Au-delà du symbole, le conseiller insiste sur la rigueur financière et l’obligation de rendre des comptes, rappelant que « toutes les structures, y compris l’État, qui vont payer pour le soin à donner, ont besoin de s’assurer que ces soins ont une qualité, pour ne pas considérer que l’argent est jeté en l’air ». Selon lui, ces professionnels représentent désormais le premier outil concret mis en place pour guider le pays vers l’excellence sanitaire.
Porteur du message du ministre de la Santé, le professeur Benjamin Hounkpatin, son représentant Jean Claude Lodjo a tenu à préciser la philosophie profonde de cette mission. Loin de toute démarche punitive, il a insisté sur la dimension constructive de leur rôle. « Votre mission ne sera jamais de rechercher des fautes. Votre mission sera de produire une évaluation crédible, objective et équitable permettant aux établissements de santé d’identifier les forces, de reconnaître leurs insuffisances et d’engager des améliorations durables ». S’adressant directement aux récipiendaires, il a résumé leur immense responsabilité en une formule forte. « Vous serez les yeux du système. Vous serez aussi sa conscience. Votre indépendance, votre intégrité et votre professionnalisme seront le fondement de la crédibilité de tout le dispositif ».
Anticiper le risque et instaurer une discipline nationale
Prenant la parole pour clôturer cette séance, le Docteur Lucien Dossou-Gbété, président de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars), a formulé le vœu de voir chaque évaluateur appliquer la bonne méthode pour hisser les structures médicales vers le haut. L’objectif est clair. « Qu’on passe des établissements qui fonctionnent sur un pied ou un pied et demi et qui marchent très mal avec des événements indésirables nombreux à des établissements de santé qui roulent à la perfection et qui permettent aux populations de regagner confiance ».Le président de l’Ars a fermement rappelé qu’il ne faut pas attendre la gravité pour agir. « Il ne faut pas attendre que survienne un événement indésirable grave pour faire des investigations. Si un malade se plaint de quelque chose, même si vous pensez que ce n’est pas important, il faut l’écouter, il faut l’investiguer ». Dorénavant, la transparence est une obligation légale stricte. Tous les rapports d’investigation, qu’ils soient mineurs ou critiques, doivent obligatoirement être transmis à l’Ars. « Nous avons la volonté de mettre un coup d’accélérateur dans l’apprentissage. Les investigations qu’on fait après accident sont des occasions pour apprendre », a-t-il insisté, rappelant que chaque rapport et chaque évaluateur se doivent d’incarner « le respect scrupuleux des principes déontologiques ».
Par ailleurs, avec le déploiement de cette deuxième cohorte, le Bénin renforce de manière décisive son arsenal de régulation sanitaire. En connectant la rigueur des évaluateurs sur le terrain et à la vigilance de l’Ars, le pays insuffle une culture de la performance et de la transparence. Le prochain grand test pour ce pôle national aura lieu dès décembre prochain, lors du congrès annuel pour la sécurité et la qualité des soins. Ce grand rendez-vous, ouvert aux chercheurs comme aux paramédicaux pour des partages d’expériences, offrira à ces nouveaux artisans de la qualité une première tribune pour consolider la confiance durable des populations envers le système de santé béninois.




















