Le samedi 21 mars 2026, au Palais des congrès de Cotonou, le président de la République, Romuald Wadagni, alors candidat, avait dévoilé les grandes lignes de son ambition républicaine à travers le projet de société intitulé « Plus loin, ensemble ». Au cœur de cette vision, la préservation de la vie humaine au sein des structures sanitaires, indépendamment des capacités financières immédiates des patients. Trois mois après son installation dans ses fonctions de président de la République, Romuald Wadagni, a matérialisé ses engagements phares dans divers secteurs, notamment dans celui de la santé.
Lors de la campagne de la Présidentielle du 12 avril 2026, Romuald Wadagni avait décrit la réalité des urgences en ces termes : « Aujourd’hui, quand vous avez une urgence vitale et que vous allez dans les hôpitaux, on exige de vous de payer d’abord. Ne serait-ce que les formalités administratives pour voir qui vous êtes, peuvent vous faire perdre la vie. » Il avait formulé l’engagement en une formule directe : « Désormais, de façon systématique, automatique, pour les urgences vitales, on vous soigne d’abord. Il n’y aura plus, au Bénin, de décès lié au fait qu’on attend de faire des formalités, on attend de payer, on attend d’amener la facture ». Devenu président de la République après sa brillante victoire, Romuald Wadagni a très tôt annoncé les couleurs et pris lors du conseil des ministres du 3 juin 2026, entre autres mesures sociales importantes, celle d’accorder « une dotation d’un (01) milliard de Francs Cfa pour accompagner les hôpitaux publics dans la constitution de stocks d’intrants nécessaires à la mise en œuvre de la prise en charge systématique des urgences vitales. » Le compte rendu conseil indiquait que « les formations sanitaires, sur toute l’étendue du territoire national, seront en mesure de prendre en charge, de manière diligente et sans conditionnalité préalable, tout patient dont le pronostic vital serait engagé ». En prenant cette courageuse mesure, le président Wadagni a montré qu’il est loin d’alimenter le catalogue des professions de foi sans lendemain. Il a du coup honoré la promesse faite aux Béninois pendant la présentation de son projet de société « Plus loin, ensemble » le 21 mars 2026. En garantissant la disponibilité constante du matériel médical indispensable et des médicaments de première nécessité, l’État assume son rôle de protecteur universel et élimine la barrière financière qui coûtait autrefois de précieuses vies aux portes des centres de santé. Pour les usagers des formations sanitaires publiques, des savanes du Nord au Littoral du Sud, cette mesure instaure une véritable égalité des chances face à la maladie et au traumatisme. Les équipes médicales disposent désormais les coudées franches et des ressources matérielles requises pour intervenir promptement, sans l’entrave des formalités administratives ou du paiement d’une caution préalable lorsque le pronostic vital est engagé.
Soigner d’abord, discuter des questions de recouvrement après
Quelques jours après l’annonce historique du gouvernement, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, et le ministre, porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, ont conjointement animé une conférence de presse aux fins d’apporter des précisions sur cette mesure du gouvernement Wadagni. Au cours de cet échange avec les professionnels des médias, le ministre, porte-parole du gouvernement, a déclaré que la mesure de prise en charge des urgences vitales dans les hôpitaux publics vise à sauver la vie des patients. « Que le souci du gain qu’on va donner pour couvrir les soins ne soit pas la priorité des agents de santé. Cette mesure est valable pour tout le monde et la mise en œuvre a déjà commencé », a-t-il affirmé. A l’entendre, le gouvernement n’a pas attendu qu’un budget soit voté à l’Assemblée nationale avant de mettre en œuvre cette mesure, car la vie humaine est importante. « Et l’enjeu, c’est justement, après, de pérenniser ce mécanisme, faire en sorte que demain, dans deux ans, dans cinq ans, dans vingt ans, les Béninois puissent continuer à en bénéficier. Nous devons tous contribuer à la sensibilisation des citoyens pour que cette mesure se pérennise dans le temps », a ajouté le porte-parole du gouvernement. Il a, par ailleurs, indiqué les mesures sociales édictées par le gouvernement du président Romuald Wadagni viennent traduire en actes des engagements électoraux pour montrer que les promesses sont des engagements, et qu’il a le devoir de les tenir pour soulager tous les Béninois. Des propos renchéris par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin qui a insisté sur le principe majeur de cette mesure : « on soigne d’abord le patient, et après, on discute des questions de recouvrement ». Sur la question de la solvabilité des soins, l’autorité ministérielle a fait savoir que dans tous les cas de figure, le gouvernement a mis le milliard en place pour s’assurer que, nonobstant le fait qu’il puisse y avoir des gens qui ne paieraient pas, que les hôpitaux ne soient pas en rupture de stock pour ne plus assurer la continuité des soins.
Une mesure effective dans les hôpitaux publics du Bénin
Les jours qui ont suivi, cette mesure est devenue effective dans les hôpitaux publics du Bénin. Au Centre hospitalier et universitaire de la mère et de l’enfant lagune de Cotonou (Chu-Mel) et au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), les équipes de médecins se sont mobilisées avec les médicaments disponibles pour une prise en charge sans délai des patients. Au Chu-Mel de Cotonou, les patients admis aux urgences bénéficient effectivement des soins sans prendre part au protocole de paiement avant les soins. « Ils m’ont prise en charge, ils ne m’ont même pas demandé un franc avant de commencer à me soigner », a confié une patiente au micro de la télévision nationale. Un autre patient a renchéri en disant : « En venant, je me posais assez de questions, mais bizarrement, ils n’ont pas cherché à savoir si j’ai payé ou avant de commencer à me traiter ». Selon Gilbert Fassinou, gynécologue-obstétricien au bloc urgences mère du Chu-Mel, les nouvelles dispositions de soins sont effectives. « Avant, quand les patients venaient, il fallait envoyer leurs parents aller prendre le dossier médical au niveau de la caisse, avant de les examiner. Nous avons supprimé ce dispositif », a-t-il confié. Ainsi, tout patient se trouvant dans des situations critiques, admis aux urgences médicales, aura le financement comme le cadet de ses soucis une fois dans les hôpitaux publics sur tout le territoire national. « À l’aide des fiches de stock, nous évaluons le niveau des stocks et la pharmacie est chargée de procéder au renouvellement des stocks de manière régulière pour qu’on évite des ruptures au niveau de ces services-là », a souligné Sourou Raymond Kintomonho, directeur général du Chu-Mel. Même réalité au Cnhu-Hkm de Cotonou, au niveau du service des urgences, où les produits pharmaceutiques nécessaires sont disponibles. « Les premières ordonnances ne sont plus adressées aux parents. Nous, on fait le nécessaire. S’il a besoin d’un certain nombre de produits, d’un certain nombre de matériels pour le stabiliser, on le fait », a fait savoir Hugues Hervé Chobli, chef clinique service des urgences du Cnhu-Hkm. Il faut notifier qu’il ne s’agit pas de gratuité, mais d’un dispositif de prise en charge immédiate pour les patients en situation de détresse vitale arrivant aux urgences. Cette mesure permet d’administrer les soins nécessaires sans exiger de paiement préalable pour les examens ou les médicaments. La facturation intervient dans un second temps, une fois l’état du patient stabilisé, si lui-même ou ses proches en ont la capacité financière. Cette initiative majeure contribue efficacement à réduire la mortalité liée au manque de moyens financiers lors des urgences vitales.
Patrice Zoundé (Coll)




















