Bien qu’il soit de l’Union progressiste le Renouveau (Up-R) avec le maire de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty, le conseiller municipal et président de la Commission des finances, Séraphin Sodjinou est l’un des frondeurs à la 4ème session extraordinaire du Conseil municipal de la ville capitale le vendredi 15 août 2025 au sujet de l’opportunité ou non de l’achat d’une niveleuse. Accusé de vouloir intoxiquer les populations, l’élu municipal a apporté des clarifications à l’opinion publique pour justifier sa position. Lire sa réaction.
«En tant que président de la Commission des finances, je dois rétablir les faits face aux accusations qui ont agité le Conseil communal. Notre intention n’est pas de bloquer le progrès, mais de nous assurer que chaque franc dépensé sert au mieux les intérêts de nos concitoyens. Le cœur du problème est simple : un engin lourd dont nous ne connaissons ni le coût final, ni les spécifications techniques.
L’année dernière, nous avons tous donné notre accord de principe pour l’achat d’une niveleuse, et un premier acompte de 150 millions de francs Cfa a été versé.
Cependant, les informations nous font toujours défaut. On nous a simplement répondu que nous allons acheter la même machine que Cotonou et Sèmè-Podji.
C’est là que le bon sens nous interpelle. Le sol de Porto-Novo n’est pas le même que celui de Cotonou ou Sèmè-Podji. Notre sol est ferralitique, le leur est sableux.
Un engin adapté à un sol ne l’est pas forcément à l’autre. Devons-nous dépenser une somme aussi importante pour un engin qui, de surcroît, n’est utilisé que deux fois par an et dont on ignore le délai de livraison ?
Une alternative plus concrète et plus immédiate
C’est pour cette raison que j’ai proposé une alternative pragmatique : au lieu de verser un complément pour une machine dont nous ne connaissons rien, utilisons ces 150 millions pour financer des projets d’assainissement immédiats. Nous avons une opportunité unique : le gouvernement nous autorise à réutiliser les pavés de récupération issus des travaux d’asphaltage en cours.
Ces pavés, autrefois considérés comme des déchets, peuvent être une ressource précieuse pour aménager nos rues secondaires et améliorer la vie quotidienne des habitants. Un particulier, en l’occurrence Antoine Houndagnon, a d’ailleurs déjà montré l’exemple en utilisant ces pavés pour assainir une partie du quartier d’Akonaboè sur fonds propres.
Cette proposition, pourtant pleine de bon sens, nous a valu (certains collègues et moi) des invectives, des menaces et des intimidations. On nous a même accusés de bloquer le travail du Conseil, tout en nous transmettant la communication le jeudi 07 août au soir pour études et avis au plus tard le vendredi 08 en flagrante violation des textes qui prévoient un délai de 72 heures. Je suis convaincu que le débat doit être ouvert et transparent. De plus, nous sommes en fin de mandature, et de nombreux conseils communaux cherchent à laisser une marque visible. Le moment est donc venu de privilégier des actions concrètes et immédiates, plutôt que d’acheter un engin dont le délai de livraison reste incertain. Laissons la session budgétaire de 2026, dans quelques semaines, s’ouvrir et, si le besoin se fait toujours sentir, nous pourrons voter ce complément de 150 millions à ce moment-là, avec une vision plus claire de la situation.»
Propos recueillis par J.Y.M. (Br Ouémé-Plateau)




















