(Vers de nouvelles passerelles économiques)
Le président de la République, Romuald Wadagni était aux côtés de l’homme d’affaires, Aliko Dangote, hier mercredi 30 septembre 2026 au Kenya, lors du lancement des travaux de la future raffinerie East Africa, une géante infrastructure énergétique. Une présence qui illustre une fois de plus, le rapprochement entre le chef de l’État béninois et le milliardaire nigérian, mais aussi l’intérêt de Cotonou pour les grands projets industriels africains.
Le président béninois Romuald Wadagni, son homologue kenyan William Ruto, et plusieurs autres chefs d’État africains, notamment ceux du Togo, de l’Ouganda et de l’Éthiopie, se sont retrouvés autour d’Aliko Dangote pour le lancement des travaux de sa raffinerie. Évaluée à 16 milliards de dollars, soit environ 8 960 milliards de francs Cfa, cette infrastructure est l’un des plus grands projets industriels mis en œuvre sur le continent. Avec une capacité annoncée de traitement pouvant atteindre 700 000 barils de pétrole brut par jour, elle permettra d’alimenter plusieurs marchés africains en produits pétroliers raffinés. Par ailleurs, cette infrastructure traduit une volonté de renforcer les capacités africaines de transformation des ressources énergétiques. L’homme d’affaires nigérian dispose désormais d’une riche expérience industrielle dans le secteur pétrolier. Sa raffinerie implantée au Nigéria, mise en service en 2024, affiche déjà une capacité de 650 000 barils par jour et son groupe envisage de l’étendre à 1,4 million de barils à l’horizon 2028. La présence du président béninois, Romuald Wadagni se déroule dans un contexte dans lequel le pays cherche à attirer davantage d’investissements privés. En effet, depuis l’accession du président béninois au pouvoir, les signes d’une relation privilégiée avec Aliko Dangote se multiplient. L’homme d’affaires nigérian figurait notamment parmi les premières personnalités reçues par le nouveau chef de l’État après avoir assisté à son investiture. Cette proximité intervient dans le souci de l’intérêt affiché par Wadagni pour le Nigéria, un partenaire de taille sur plusieurs plans. Le géant ouest-africain été la première destination de Wadagni, qui y a effectué sa première visite officielle en tant que chef de l’État du Bénin. Un choix qui illustre le poids stratégique du Nigéria dans les relations économiques et régionales du Bénin. Avec Dangote, le rapprochement prend toute une autre dimension. Il met directement en relation le pouvoir politique béninois avec l’un des acteurs économiques africains les plus importants et influents. La relation peut ainsi constituer un canal pour rechercher des opportunités dans l’industrie, l’énergie, les infrastructures ou encore la transformation locale. D’ailleurs, la multiplication des contacts entre les deux hommes crée un environnement favorable à de futures discussions. Pour Cotonou, l’enjeu sera justement de transformer cette proximité en résultats économiques concrets avantageux pour les différentes parties. Le Bénin peut capitaliser sur l’expérience du groupe Dangoté et sur sa capacité à mobiliser des investissements d’envergure.
Mohamed Yasser Amoussa (Coll)


















