Romuald Wadagni a présenté son projet de société « Plus loin, ensemble » au Palais des congrès de Cotonou. Il a décliné sa vision pour le secteur de la santé. Le candidat de la mouvance promet un système plus performant, accessible et innovant, fondé sur la modernisation des infrastructures, le renforcement des ressources humaines et l’intégration des nouvelles technologies.
Dans le cadre de la présidentielle d’avril 2026, Romuald Wadagni place la santé parmi les priorités de son projet. Son ambition : garantir à chaque Béninois un accès équitable à des soins de qualité, tout en consolidant les acquis enregistrés ces dernières années. Le candidat met en avant les avancées réalisées au cours de la dernière décennie, marquée selon lui par le retour à une gouvernance plus efficace du secteur. Plusieurs réalisations sont citées, notamment la construction d’infrastructures sanitaires de référence comme le Centre Hospitalier international de Calavi (Chic), l’hôpital de zone de Savè, ainsi que la réhabilitation de plus de 365 formations sanitaires à travers le pays. À cela s’ajoutent la modernisation du plateau technique avec l’acquisition de 250 ambulances, de deux Irm, de sept scanners et de plus d’un millier d’équipements médico-techniques destinés aux soins d’urgence et spécialisés. Le renforcement des ressources humaines constitue également un axe majeur. Plus de 16 000 agents de santé communautaire ont été déployés afin de rapprocher les soins des populations, tandis que le nombre de personnels soignants qualifiés a été multiplié, faisant passer la densité de 5 à 12,5 agents pour 10 000 habitants, avec environ 200 médecins formés chaque année. Sur le plan institutionnel, la création de l’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) et la réorganisation du secteur pharmaceutique sont présentées comme des avancées visant à améliorer la qualité des soins et la sécurité des patients.
Des chantiers en cours pour renforcer l’offre sanitaire
Plusieurs projets sont actuellement en cours de réalisation. Il s’agit notamment de la réhabilitation de grands centres hospitaliers, dont le Chu départemental de l’Ouémé, le Chu-Mère et Enfant Lagune (Chu-Mel), le Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), ainsi que l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi/So-Ava. Le programme prévoit également la réhabilitation de plus de 600 formations sanitaires, la construction d’une école de formation en sciences paramédicales avec un centre de simulation, ainsi que l’extension de l’hôpital de zone d’Allada. De nouveaux établissements sont aussi annoncés, notamment à Tchaourou et un hôpital psychiatrique à Allada. Par ailleurs, l’introduction de la télémédecine et la mise en place d’un Système d’information hospitalier (Sih) visent à améliorer la gestion des données et l’efficacité du système de santé.
Valoriser la pharmacopée traditionnelle
Romuald Wadagni entend également structurer une filière nationale dédiée à la pharmacopée traditionnelle. L’objectif est de valoriser les savoirs locaux, développer une chaîne de valeur complète — de la recherche à la commercialisation et créer des emplois. Cette stratégie inclut la mise en place d’un mécanisme d’accréditation des tradipraticiens, limité à la prescription de médicaments traditionnels certifiés, ainsi que le développement de partenariats internationaux pour renforcer les capacités scientifiques et industrielles.
De nouvelles réformes pour améliorer l’accès aux soins
Dans la perspective des prochaines années, plusieurs réformes sont annoncées pour améliorer durablement la qualité des soins. Parmi elles, la prise en charge systématique des urgences vitales grâce à un mécanisme de paiement différé, ainsi que la création d’un carnet de santé numérique pour chaque citoyen. Le projet prévoit aussi l’amélioration des conditions d’accueil dans les centres de santé, avec un accès garanti à l’eau, à l’électricité, à internet et à des infrastructures d’assainissement adéquates. Un nouveau centre hospitalier international moderne est également annoncé à Parakou, en complément du développement de structures sanitaires confiées en gestion au secteur privé. Enfin, Romuald Wadagni mise sur l’innovation, avec la généralisation progressive de la télémédecine et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les soins, afin d’améliorer la prise en charge des patients et l’efficacité globale du système.
Léonce Adjévi




















